THE BLONDI’S SALVATION EN CROISADE !

Les Nantais de The Blondi’s Salvation viennent de sortir leur second album « Crusades » dans lequel ils nous livrent un rock psychédélique personnel  teinté de garage, de surf, de musiques orientales et médiévales… Julien, Manuel, Etienne et Morgane se sont prêtés au jeu de l’interview.

Vous êtes identifiés comme faisant de la musique psyché. En quoi cela vous correspond ?

On n’a jamais cherché à s’inscrire dans un style en particulier et on ne se considère pas vraiment comme un groupe de psyché. C’est sûr que beaucoup de groupes des 70’s font partie de nos influences et ça doit s’entendre dans notre musique. 

Le terme  « musique psychée » est suffisamment large pour y caler a peu près n’importe quoi. Au début du mouvement, à la fin des 60’, cela avait peut-être plus de sens que maintenant, il y avait une réelle révolution culturelle et musicale (en partie liée à la drogue).

 Pour nous, cela correspond plus à une démarche de création et de composition qu’à un véritable style. On recherche plus à inventer de nouvelles manières d’écrire et de penser la musique qu’à correspondre aux sons de groupes que l’on aime. Ce qui est intéressant dans le mouvement psychédélique, c’est que des groupes ont prouvé qu‘il était possible de  casser les codes de la musique, d’en tirer quelque chose de nouveau. Après, chacun peut déformer les acquis comme il le souhaite.

On retrouve dans cet album des sonorités médiévales. Comment en êtes vous arrivés à intégrer de telles sonorités ?

En tant qu’Européen, la musique du Moyen-Age est quelque chose qu’on connait tous plus ou moins, qui est inscrit dans notre culture. Le pays et les villes dans lesquelles nous vivons ont été construites au son de musiques qu’il ne faut pas oublier. 
Etant tous intéressés par les musiques anciennes et la sincérité qu’elles impliquent, nous assumons ce genre d’influences. Nous pensons aussi qu’il est important d’écouter de la musique qui a été écrite et pensée avant l’industrialisation du secteur, c’est un autre point de vue, une autre manière de faire.
 Nous ne sommes pas réfractaires aux évolutions de la musique, au contraire, mais nous essayons de prendre le bon de chaque époque. Le fait qu’une musique soit ‘’ moderne ‘’ ne veux pas forcément dire qu’elle est intéressante.

Vous recherchez un son vintage (enregistrement à MyStudio au Blochkaus DY10) et utilisez des instruments d’époque que vous allez chercher à l’autre bout du monde. En quoi votre musique nécessite-t-elle cela ?

Si nous tenons à jouer avec du vieux matériel (instruments ou matériel audio), c’est tout simplement parce qu’il est de meilleure qualité et moins cher que les trucs récents. On passe beaucoup de temps avec Antoine d’Acouphonic Amps qui vit avec une partie du groupe. Avec lui, on s’occupe de notre matériel, on expérimente des choses. Le vieux matériel était fabriqué avec plus de passion que maintenant, c’est ce qui nous plait.

 On cherche à avoir un son avec de la personnalité et de la profondeur, c’était donc une évidence d’enregistrer dans un studio « vintage ». Beaucoup de groupes actuels accordent peu d’importance au son de leurs enregistrements tant que ça sonne « pro » et moderne. Cette manière de penser est contraire à notre démarche. Nous voulons produire des disques dont le son sera toujours cool, même dans mille ans. 
Dans les années 80, beaucoup d’erreurs ont été faites sur des groupes de rock dont le son était totalement contraire au propos du groupe. Pour éviter ça, c’est Julien qui mixe tous nos morceaux. 
On a toujours voulus être plus qu’un simple groupe de rock, cela nous permet d’intégrer tous les instruments que l’on veut. D’une manière plus large, cela nous permet d’évoluer aussi souvent que l’on veut dans la direction que l’on veut sans jamais déroger au concept du groupe. 
Le fait d’intégrer des instruments traditionnels dans notre musique nous permet de créer une distance avec une certaine frange de la pop culture qui ne nous plait pas vraiment et de nous rapprocher des musiques nobles et anciennes.
 Sur notre troisième album que nous sommes en train d’écrire, il y aura des instruments acoustiques sur presque tous les morceaux.

Le nom de votre album « Crusades » donne l’impression que vous êtes en croisade pour faire découvrir le mouvement psyché. Vous avez d’ailleurs monté une association du nom de French Reverb Church pour organiser des concerts de musique psychédélique. Vous aviez l’impression que l’offre n’était pas suffisante / le mouvement méconnu ?

Il y a indéniablement l’émergence d’un nouveau mouvement de musique qui se dit psychédélique partout dans le monde. Certains groupes ont une démarche intéressante, d’autres non, c’est comme dans tout mouvement. Avec notre association, nous essayons surtout de faire jouer des gens qui ont une vision de la musique qui nous correspond et pas juste des groupes cool qui se disent psyché.

 Nous essayons de diffuser une nouvelle vision de la musique, l’omniscience que procure internet en matière de musique permet à tous les groupes de faire des choix beaucoup plus personnels et de s’affranchir de plus en plus des contraintes extérieures. A notre époque, n’importe qui peut écouter de la musique de l’autre bout du monde et s’en influencer facilement, mais plus de possibilité signifie aussi plus de choix à opérer. Ca devient finalement plus difficile de choisir. Pas mal de groupes du mouvement psyché actuel sont en train de comprendre cela, et les mélanges sont de plus en plus cool.

 Même si le mouvement est pour le moment encore méconnu, il grandit vite et nous espérons qu’il saura s’inscrire dans la durée et dans l’histoire. Sur notre dernier disque, chaque morceau a un propos différent qui se nourrit d’influences diverses que nous avons analysées, c’est comme un compte rendu de croisades et une compilation des richesses que nous avons récoltées.

A propos de festivals importants du mouvement psyché (Austin Psych Fest, etc.), vous avez joué à la première édition du festival Levitation France à Angers, programmés aux côtés de Wall Of Death, The Black Angels, Night Beats, etc, cela devait être l’apothéose pour vous ? Qui vous a programmé ?

Effectivement, c’était super cool de jouer à ce festival et d’être un des seuls groupes français à y jouer. Pour la programmation on a tout simplement demandé au Levitation (Alex mass, Christian Bland des black angels et Rob Fitzpatrick) s’ils voulaient nous faire jouer, visiblement c’était le cas. Le Chabada n’avait jamais entendu parler de nous et au final ils se sont demandés comment ils avaient pu passer à coté de notre groupe.

Vos projets ? Une tournée de sortie d’album prévue ? Une release party à Nantes ?

Nous avons eu pas mal de propositions de concerts lors de la sortie de l’album, des associations dans la veine de The French Reverb Church nous contactent pour des concerts sur Paris/Rouen/Marseille etc. On est contents d’aller jouer dans d’autres villes devant des gens qui nous connaissent par Internet. Nous allons aussi jouer dans divers Psych Fest (Berlin/Paris..) qui sont pour le moment les plus intéressés par notre musique, nous connaissant depuis pas mal de temps via les réseaux sociaux. On va faire une Release Party à Trempolino, une première pour nous d’y jouer en dehors des murs de la salle de répé. Sinon, on tente d’organiser une tournée pour cet été à la suite d’un festival itinérant nommé Satourne qui se déroulera en France. On commence à travailler avec des agence de touring, des copains rencontrés lors d’orgas. Nous façonnons en quelque sorte les premières pierres de l’édifice en écoutant le glas du clocher.

Album en écoute : http://blondissalvation.bandcamp.com/album/crusades

http://thefrenchrevebchurch.wordpress.com/artists/the-blondis-salvation/

Coordinatrice du centre info-ressources musiques actuelles à Trempolino, programmtion des conférences, des diffusions de films ou documentaires musicaux, coordination des cartes blanches, membre du réseau tohubohu.

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