AKATRE POUR BENJAMIN CLEMENTINE

Un visuel qui pose question, presque un tableau de maître. L’artwork de « At Least For Now » (Barclay/Universal), le nouvel album de l’auteur-compositeur britannique Benjamin Clementine est signé Akatre, un trio de designers parisiens. Ils nous décrivent ce très beau travail de création.

Benjamin Clementine

« IN THIS PICTURE IN SPACE, YOU SEE A BOY IN A LONG COAT, HOLDING WHAT LOOKS LIKE A HALF DONE APPLE. NOW IF I TOLD YOU THAT THERE IS A SECOND APPLE IN THE OTHER HAND OF THE BOY WILL YOU BELIEVE ME? OR WILL YOU JUST STICK WITH THE NOTION THAT SEEING IS BELIEVING? WELL I BELIEVE THAT SOMETIMES YOU’VE JUST GOT TO HEAR IT, AND FEEL IT TO BELIEVE IT. AND SO THE SECOND APPLE IS WHAT YOU NOW HOLD IN YOUR HANDS. IT’S MY WORLD AND IT’S ALL I WILL DEPEND ON AT LEAST FOR NOW. BEFORE I START THINKING ABOUT LIFE AFTER DEATH, HEAVEN AND THE REST, I HAVE GOT TO RELY ON MY APPLE, MY WORLD, THE WORLD, NO MATTER HOW HARD IT MIGHT BE AT TIMES. FORTUNATELY, I AM GLAD YOU ARE NOW HERE TO EXPERIENCE IT WITH ME. ABOUT THE COLOURS, I ASSUMED YOU MIGHT KNOW HALF THE STORY AT LEAST FOR NOW, SO TO CUT IT SHORT, THE BLUE WALL SIGNIFIES PARIS, FRANCE AND THE RED COLOURED DOOR SIGNIFIES ENGLAND. »
Texte de Benjamin Clementine dans le livret de 20 pages de l’album.

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Akatre

Pouvez-vous présenter votre studio ?
Nous sommes un studio de création, composé de trois personnes, qui s’appelle Akatre. Nous travaillons pour des expositions personnelles, mais également à la conception de livres, d’objets imprimés et d’identités visuelles pour le milieu du culturel et de l’art contemporain. Nous réalisons parallèlement à cela, des photographies ou des clips pour le monde de la musique, de la presse, ou du luxe. Nous avons l’habitude de réaliser toutes les formes que l’on utilise, de la typographie employée aux installations artistiques mises en place.

Comment avez-vous rencontré Benjamin Clementine ?
Bizarrement, nous avions aperçu Benjamin à trois reprises, sans jamais avoir l’occasion de discuter avec lui, ni de faire les présentations. Même si on aimait déjà beaucoup sa musique, on est toujours un peu discrets et pas très forts dans les nouvelles rencontres. Le projet de la couverture d’album a donc pris forme, à partir du moment où Barclay nous a contactés, car ils connaissaient notre travail.

Comment avez-vous oeuvré pour lui faire des propositions d’artwork ?
Quand on travaille sur un projet, on aime tout réaliser nous même. Concevoir une mise en scène, prendre la photo, dessiner les typographies qui seront utilisées. Nous avions une idée assez précise du résultat et de l’image que l’on souhaitait avoir. Nous avions donné des intentions à Barclay, que le label avait validées. Il fallait juste trouver le moyen d’amener tout le monde sur cette finalité, aussi bien la personne qui pose, que les personnes qui donnent leur avis. Nous avons été ravis de cette collaboration, ce fût un réel plaisir de travailler avec un artiste que l’on apprécie.

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Est-ce facile, difficile de donner à voir de la musique ?
C’est un exercice qui est jubilatoire et que l’on adore faire. Mais attention, ce n’est pas parce nous sommes dans la musique, que le marketing ne dicte pas ses règles, bien au contraire. Mais c’est toujours une « petite victoire » quand une image plaît même aux personnes les moins réceptives. La cover d’un album est souvent la dernière étape d’un long travail qui s’est étalé sur de nombreux mois, avec beaucoup d’intervenants, de prises de décisions, de compromis, et d’argent dépensé. Donc la dernière marche est importante. C’est alors une belle satisfaction quand les artistes nous disent qu’ils sont contents du résultat et qu’ils sont même émus de voir enfin l’image concrète du projet qu’ils portent depuis un moment.

Les artworks dans la musique qui vous plaisent ?
On aime les choses simples, majoritairement sans titre.

Votre actualité ?
Nous terminons en ce moment, des projets d’édition (un livre d’art et un magazine). Nous allons être exposés aux « Windows On Talent » des Galeries Lafayette pendant le mois de février. Sinon, notre exposition au musée des Arts Décoratifs se termine le 1er février 2015. Le démontage de notre sculpture de 2,5 tonnes de bois risque d’être un vrai challenge. Et puis, il faut que nous avancions notre projet musical, réalisé lors de nos différentes expositions, pour l’éditer et le terminer. L’idéal serait de le faire auprès d’un label qui accepterait de nous suivre dans cette aventure qui nous tient particulièrement à cœur. On continue toujours notre avancée entre musique et image, des photos à venir et pourquoi pas un nouveau clip, si 2015 nous le permet.

La page Facebook de BENJAMIN CLEMENTINE Le site d’AKATRE

Aux confins des générations X et Y, j'ai orienté ma formation très tôt vers le journalisme. Pour exercer aujourd'hui le métier de chargé de communication dans le spectacle vivant & les musiques actuelles. En veille permanente, je travaille évidemment avec les outils numériques mais aussi, toujours, avec le bon vieux papier. Avec un intérêt grandissant pour le design et les nouvelles formes de communication sociale & intuitive.

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