Alban Darche / Hypercub – Crocked House

Yolk n’en finit plus d‘être l’un des labels français les plus prolifiques en albums de qualité. Après le merveilleux JASS de l’an passé (à quand le second volume ??), l’étonnant trio de Jozef Dumoulin (Red Hill Orchestra) ou le duo Wood (Sébastien Boisseau, Matthieu Donarier), voici le dernier né du label nantais : Hypercub – Alban Darche Crocked House.

A priori, rien de nouveau sous le soleil : des têtes connues (Darche, Boisseau, Lavergne), une énième variation sur le thème du cube (après Le Gros Cube, L’Orphicube etc.), une production signée Yolk, des compositions aux noms évocateurs (L’enfant et le miroir, Far west song, Albanology)… Oui MAIS ! Comme le veut l’adage, il faut toujours se méfier des apparences. Crocked House, le premier album de L’Hypercub, la nouvelle formation emmenée par l’infatigable Alban Darche, est tout simplement l’un des meilleurs disques enregistrés sous son nom par le Nantais. Enregistré à Brooklyn en juin 2014, cet album présente un quintet (qui devient sextet avec la présence de Sylvain Rifflet sur 3 pistes) original et cosmopolite. Nos trois frenchies se sont acoquinés pour l’occasion avec l’américain Jon Irabagon au saxophone ténor et le belge Jozef Dumoulin au Fender Rhodes et piano.

Ce qui frappe d’emblée ici, c’est la cohésion d’ensemble. Le choix des ambiances, des tempos, la construction des morceaux, la place laissée à chacun, tout semble ici d’une grande fluidité. La section rythmique apporte d’une part une grande souplesse au groupe dans le choix des ambiances et permet toutes les audaces avec une aisance déconcertante. On se prend même parfois à rêver d’un futur disque en trio de Jozef Dumoulin, Sébastien Boisseau et Christophe Lavergne tant ils semblent s’entendre à merveille. Il suffit d’ajouter les voix des deux saxophonistes pour que les superbes compositions de Darche prennent leur envol. Son savant mélange de complexité jamais gratuite et de poésie qui ne tombe jamais dans la joliesse trouve ici de parfaits interprètes. Ça joue, ça respire, ça vit, voici un jazz en plein dans son époque qui lorgne vers l’avenir tout en étant habité par tout l’héritage des aînés. Si l’on ajoute à cela le très soigné packaging et la belle photo de pochette, nous sommes assurément face à un disque majeur de l’année jazzistique engagée !

cover hypercub

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Président de l'association La 52ème et passioné de jazz, j'assure la programmation de La 52ème depuis sa création, j'anime des rencontres jazz-litterature, je donne des conférences sur certains artistes ou courant de l'histoire du jazz, et écris pour Tohu Bohu depuis 2011. Je suis par ailleurs contributeur actif du blog de La 52ème et rédige des articles pour mettre en lumière des artistes parfois injustement méconnus.

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