ALMONTE : TRIO SURVITAMINÉ

Comme dans beaucoup d’histoires de groupes, les premières expériences musicales naissent avec les copains de lycée. Almonte est né au lycée Aristide Briand de Saint-Nazaire il y a quelques mois. Lucie Guilloux et Tristan Gouret, respectivement à la batterie et à la guitare, menés par une envie survoltée de jouer du rock/électro/pop, monte le groupe sans autre prétention que de se faire plaisir. Rejoints depuis peu par Hans-Paul Landriève à la basse et aux claviers, ces jeunes gens à peine majeurs enchaînent les concerts dans des bars, participent à des tremplins et viennent d’enregistrer une maquette. Rencontre avec Lucie pour évoquer leur plaisir, leurs envies et ambitions… à 18 ans.

Crédit-photo : Maxime Gouret

 

Almonte, pourquoi ? En référence à la ville espagnole ?

Non, pas du tout. C’est pour la sonorité du mot. Derrière Almonte, il y a plusieurs mots anglais qui se mélangent comme « almost », « mount » et d’autres encore. On les a mélangés pour trouver un mot qui nous convienne sans rien vouloir dire. On a rajouté le « e » à la fin pour sonner français. Le nom a vraiment été réfléchi.

 

C’est quoi l’histoire du groupe ?

On s’est rencontré avec Tristan au lycée en seconde où on fait beaucoup de musique, c’est plus qu’une option. Je suis aussi inscrite au Conservatoire, Tristan y sera l’année prochaine. Tous les deux, on a une pratique très régulière de la musique, on s’entend très bien. L’idée du groupe est venue très vite, de manière assez naturelle. Hans Paul nous a rejoints il y a quelques mois, on avait envie de plus de basse dans notre son. C’est une vraie rencontre amicale.

 

Vous êtes très jeunes, 18 ans à peine, quelles sont vos références ?

On a beaucoup d’influences qui vont de Breton aux Black Keys en passant par Half Moon Run, Daughter, des groupes qui mêlent rock et électro. On a été bercés dans le rock, mais Tristan a beaucoup écouté Rodrigo y Gabriela quand il était petit, et ça s’entend dans son jeu de guitare aussi. De mon côté, j’ai vécu en Guadeloupe et j’ai beaucoup écouté de musique caribéenne. On se surprend parfois à s’écouter et voir qu’on digère ce que l’on a vécu ou ce que l’on vit.

 

Avez-vous la culture du support physique ? Ou est-ce-que vous écoutez uniquement sur le net ?

On est un peu des papys de la musique car Tristan achète énormément de disques. Bon moi j’ai un compte Deezer Unlimited, mais je suis malgré tout attachée à l’objet. Idem pour les livres, on est très fan de littérature, on achète des livres. La dématérialisation de l’art en général nous fait assez flipper. On est assez militants par rapport à cette idée de l’art avec l’objet. Si l’on est amenés à produire des morceaux, ce ne sera pas uniquement sur le net.

 

Au-delà de cette militance pour l’art, vous êtes militants dans vos textes ?

Je ne pense pas. On raconte des parenthèses de vie, plus ou moins personnelles, dans lesquelles je pense que beaucoup de gens se retrouvent. C’est Tristan qui écrit, et il recherche aussi les sons que vont provoquer les mots. Mais on n’a pas d’engagement particulier dans les paroles. On est passionnés dans plusieurs domaines, essentiellement la musique et la littérature. On est jeunes, on croit beaucoup en la vie et ce que l’on peut faire, on aime bouffer la vie, et on se fait plaisir avant tout.

 

Vous auriez pu jouer du hip hop ?

Non, ce n’est pas notre truc, on a été bercés par le rock. On ne fait partie des gens qui écoutent du Rihanna ou des tubes du genre en format mp3 dans le bus. Mais on a des amis qui sont comme ça. Alors, ce qui est marrant, c’est qu’à nos concerts, ces mêmes amis sautent beaucoup. C’est le côté ambiance et l’énergie live qui plaisent.

 

La scène justement, c’est un défouloir pour vous ?

C’est hyper physique, c’est sensoriel, très puissant, très agréable. On est transportés tous ensemble même devant quatre personnes dans un bar. Les techniciens son que l’on rencontrent aux concerts nous demandent ce que nos parents nous donnent à manger, parce qu’on est plein d’énergie.

 

Vous improvisez sur scène ?

Oui, le plaisir vient de là aussi, essayer de ne pas faire toujours la même chose. Et ce qui est chouette, c’est que le lieu, le public va conditionner tout cela. Pour ma part, je touche un peu au jazz en batterie au Conservatoire de St-Nazaire, et l’improvisation fait partie du programme. Tristan va rentrer en guitare jazz l’année prochaine.

 

Vous avez enregistré récemment une maquette. L’expérience de studio, c’est quelque chose qui vous plaît ?

Oui, disons qu’avec le lycée, on a peu plusieurs occasions de travailler en studio, au studio On air de Guérande, au VIP à St-Nazaire, au Terminus 3 à St-Herblain. On a eu envie de faire cette maquette pour nous, pour avoir une trace de ce que l’on fait, et aussi pour pouvoir démarcher des concerts.

 

Quelles ambitions vous avez avec le groupe ?

Se faire plaisir comme je l’ai déjà dit. On a envie de jouer, jouer, jouer. Faire des tremplins, des scènes. L’ambition est de jouer, que ça marche. Après, c’est plus compliqué que cela, c’est risqué, mais il y a des risques que l’on est prêt à prendre dans la mesure où on a aussi un parachute. Mon parachute est petit, c’est l’animation avec un BAFA en poche. On ne fera pas çà au risque de louper notre orientation. Si on peut prendre un an après le bac pour essayer, ce sera super. On serait trop frustrés de ne pas essayer. Mais on verra bien, on est motivés en tous cas, on se sent tellement bien après un concert. Et puis, on est organisé, on a tous un « agenda musique » avec plein de couleurs sur nos portables avec les moments de répé, de concert, d’enregistrement. On tourne un clip la semaine prochaine. On prend ça très au sérieux.

 

Y-a-t-il des groupes qui représentent quelque chose pour vous ?

Breton est un groupe auquel on est vraiment attachés. Ils sont partis de rien, ont tout construit tous seuls, du DIY, et ils ont le plaisir de jouer ensemble. On admire ça. On aime bien l’idée de faire les choses tous seuls et de ne devoir les choses qu’à nous même. Après, on est aussi basés plus ou moins à Nantes, et faire partie de cette scène est très valorisant. Il y a un label nantais qui est intéressant. On va beaucoup aux concerts pour s’inspirer des groupes qui jouent, pour voir ce qui est carré, ce qui est libre. On va régulièrement à Stereolux avec nos parents, ils sont dans les gradins, nous on est dans la fosse. C’est quelque chose qui est partagé, familial. J’ai fait découvrir des choses à ma mère, comme Artic Monkeys qu’elle est allée voir ans les Arènes de Nîmes la semaine dernière. Ca nous permet des échanges cools avec nos parents, c’est important pour nous d’avoir ce lien-là avec eux.

 

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Rédactrice en chef de ce site internet, chargée d'info-ressources à Trempo. Passionnée évidemment par la musique, toutes les musiques, mais aussi par la mer et la voile, les chevaux, la cuisine et plein d'autres choses.

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