LE BANQUET, FESTIN D’IMAGES ET DE SCULPTURES AUX CONFINS DU 9e ART

Maison Fumetti accueille une exposition alléchante, un menu visuel très spécial dressé sous forme d’un grand buffet. Assortiment d’œuvres aux frontières de la BD, le Banquet sert au public des pièces narratives choisies spécialement pour l’occasion. Céramiques, graffitis, peintures et dessins contemporains ornent délicatement l’espace et tissent des histoires invisibles à la manière d’une délicieuse séquence.

Visuel bandeau : Le Banquet – Pich



 

On n’était pas loin. Arrivés à l’entrée de La Manu, comme on la nomme entre Nantais, un panneau annonce : Maison Fumetti. La traversée du petit jardin est assez bucolique, passage ombragé par un porche, on retrouve les copains juste devant l’entrée, blabla ça va bien tout ça. Bien gentil mais il y a une expo à découvrir et un nouveau lieu à pénétrer. A peine la porte poussée, difficile de se frayer un chemin : c’est blindé. Normal le bar installé pour le vernissage est juste à gauche de l’entrée.
On me propose de prendre un verre, l’attente et la curiosité de découvrir les oeuvres me font renoncer et puis, c’est pas le tout mais il y a une expo à zieuter. Je file vers les escaliers en balbutiant des excuse-moi, désolée, pardon… pas facile d’avancer : c’est plein à croquer.

Arrivée à l’étage les premières pièces apparaissent : surprenantes, les sculptures de Gaelle Le Guillou interpellent. Ce sont des corps en céramique ornées de têtes bizarres, personnages inventés, glorifiés à la manière de fétiches hallucinants. Un travail remarquable qui attise la soif artistique de mon appétence. J’aperçois alors Léa Henri, côté face de la pièce curatrice de l’exposition, en pleine interview avec Jet Fm, je la retrouverai plus tard…

 

 

En passant par la mezzanine, deux tableaux attirent le regard, dessins noir et blanc qui rappellent une oeuvre publiée dans le Vulome 3 des Slips de Papa mais je ne la remets pas encore. Budwarrior se chargera de me remémorer l’artiste : Anais Prouzet, jeune plasticienne talentueuse qui travaille le dessin de façon très détaillée. Ses tableaux proposent des mises en scène complexes où des petites filles au même visage évoluent dans un décors troublant.

Il reste deux trois marches à gravir pour déguster le reste de l’exposition. Une peinture de Kazy. K créée sur place pour l’occasion fait office de séparation murale. Juste derrière, parmi différentes oeuvres, les petites assiettes de porcelaine que j’étais impatiente de découvrir sont suspendues au mur pour mieux capter l’attention.  Telles des trophées de chasse elles représentent à première vue des paysages bucoliques qui de plus près dévoilent des scènes de massacre : cannibalisme et autre pendaison,  délectable ! Ce travail est signé Pich, artiste atypique qui détourne les codes de l’image pour corrompre le dessin classique de scènes ultra-violentes. Il y a aussi de jolis cadres de la même trempe.

Un soupçon plus loin, parmi les autres pièces exposées, un tableau représente un portait de « oui oui » mis en enveloppe par les mains anonymes d’un électeur. Petit rappel ironique de l’actualité de ce printemps 2017. La création est de Simon Dronet.

 

 

Quant au reste de l’exposition, je laisse un peu de surprise aux plus curieux d’entre vous qui se risqueront à venir parcourir les pièces montées pour l’occasion de ce fameux Banquet, parcours ragoutant à la croisée des arts.          

Pour ce festin d’apparat, 10 artistes nantais ont concocté un corpus d’oeuvres pour le moins originales. Les cuisiniers sont : Benjamin Bachelier, Johann Bertrand d’Hy, Antoine Corbineau, Simon Dronet, Kazy.K, Gaëlle Le Guillou, Marta Orzel, Pich, Anaïs Prouzet et Danny Steve

Aux commandes de cette joyeuse brigade : SGLV aka Léa Henry et Tanguis Jossic, commissaires et scénographes de l’exposition.

 

Le Banquet
une exposition aux frontières de la bande dessinée
Du 5 avril au 27 mai à Maison Fumetti, 6, cour Jules Durand, 44000 Nantes

Visite guidée le 20 mai à 15h
https://www.facebook.com/events/1328523320573431/

Site MAISON FUMETTI

 

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