BLANCHE OU LA RÉALISATION D’UN DÉSIR

Après un parcours d’ateliers en école professionnelle puis comme chanteuse dans divers groupes, Blanche sort aujourd’hui son premier album personnel en autoproduction. Personnel mais pas solitaire, comme on va le voir.

Photo bandeau : Blanche – Kevin Smith

 

 

Pour un disque autoproduit c’est somptueux ? Tu t’es donc donné les moyens ?
J’ai fait le choix d’un financement participatif, ce qui a le double avantage de me procurer les moyens financiers d’une belle production au long cours, et de me rapprocher d’un public qui s’est investi dans l’aventure. Ce projet, je l’ai voulu réaliste et ambitieux et, outre la création artistique, j’en ai assumé les dimensions économiques et j’ai mené ma barque. Cependant, j’ai eu un réalisateur, pilote de ma barque au fil des jours pour traverser les saisons en la personne de Ben Bridgen, qui m’a accompagné et a co-créé le matériel de cette belle entreprise.

Parlons de la dimension artistique. Dans cet album, j’ai entendu des arrangement très sophistiqués comme on n’en attend pas nécessairement d’un premier album, autoproduit qui plus est. Quel beau début !
Au début, mon travail consistait, me semblait-il, à apporter des chansons finies. Et puis notre dialogue a fait évoluer le répertoire et la démarche, nous conduisant à une écriture partagée. J’ai retrouvé l’esprit de collaboration que j’avais ressenti lors des Rencontres d’Astaffort et ça fait du bien de sortir de sa bulle, même si ce n’est pas facile de confier une part de soi comme ça. Il y a quelque chose de fort, de magique, dans ces moments d’écriture au studio de Ben, dans l’interaction et sur le motif, comme on dit en peinture.

L’instrumentation est riche, violon, alto, violoncelle, contrebasse, piano, batterie…et même la harpe de Cécile Gravot pour un morceau.
Nous avions les moyens de tout nous autoriser grâce au financement qui avait dépassé mes espérances et les limites artistiques étaient larges. Ben, qui est anglais, ressent les textes en français de façon très fine, son français est impeccable, et il a voulu mettre mes mots dans des écrins orchestraux sophistiqués. D’où la belle écriture qu’il a apportée.

 

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Blanche et Ben Bridgen – DR

 

L’écriture des textes est recherchée, d’où vient ce goût des mots justes ?
J’ai beaucoup écrit. Et puis, j’ai participé aux ateliers de Claude Lemesle, qui est un maître en la matière, il m’a beaucoup apporté. Cela a pris du temps, particulièrement à l’occasion de l’écriture des chansons du disque. J’y ai travaillé très fort.

En évoquant cette réalisation que tu as portée, il me vient à l’esprit qu’au moment où tout était prêt, il fallait que tu prennes toute ta place dans ce bel écrin. N’y a-t-il pas un vertige lors de l’enregistrement des vocaux ?
Si. Après tous ces préparatifs, il faut réaliser, chanter. Et là, j’ai fait appel à un coach. J’avais déjà travaillé avec François Valade à Trempolino, et je lui ai demandé d’accompagner ce moment critique. Il a été le recours dont j’avais besoin et il a totalement partagé ce projet qui lui a plu.

Et maintenant, comment se procurer l’album et présenteras-tu ces chansons sous la forme orchestrale du disque, soit six musiciens et toi ?
On m’a reproché de ne pas avoir fait de « plan de carrière » pour ce disque, mais son existence est la concrétisation d’un désir d’abord. L’avenir va consister à trouver une distribution. D’ici là, il faut venir vers moi. Quant à la scène, je reprends mon costume de femme d’affaire, à moins que je ne trouve à déléguer à d’autres… Je vais encore élargir le cercle de mes partenaires.

musicien, passeur et acteur associatif.

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