CASTRES : CAPITALE DES MUSIQUES ACTUELLES

La ville de Castres est devenue, les 9, 10 et 11 juillet, le centre de la planète « musiques actuelles ». Près de 500 acteurs des musiques actuelles, à l’appel de la Fédélima, de Live DMA et d’Avant Mardi se sont réunis pour faire un point de situation sur les différents sujets qui les préoccupent et ils sont nombreux !

 Quand ils se rencontrent, les acteurs des musiques actuelles parlent de la place de leurs musiques face aux réalités européennes. La situation est très différentes entre les pays de l’Union dont les réalités économiques, politiques et culturelles sont diverses. Le témoignage de Oleksendr IARMOLA membre du groupe ukrainien Haydamaky, l’a démontré : comment être artiste dans un pays en tension ? L’expression de l’artiste ne peut se faire sans engagement. Pour les responsables des lieux culturels présents, la responsabilité à construire l’Europe et à développer des coopérations devient également une nécessité et de plus en plus de structures s’inscrivent dans des projets européens, malgré la complexité administrative et budgétaire. La Fédélima a présenté, à ce titre, un état des lieux des projets européens portés par les adhérents de la fédération. L’observation présentée s’inscrit dans les travaux engagés par le « Survey Committee » du live DMA qui réunit la France, les Pays Bas, le Danemark, le Belgique, l’Espagne et l’Allemagne. Les lieux transfrontaliers sont évidemment plus sensibles et plus impliqués dans des projets d’échange et de coopération, mais l’accompagnement à la mobilité artistique est partagé par de nombreux lieux et festivals. La question des actions à mettre en œuvre entre les parties prenantes, qui participent au développement des artistes, se pose. Comment faire converger développement de carrière, développement économique, stratégie de communication, programmation ? Le programme « Europe créative » s’inscrit dans une vision de marché et on constate que celui de la musique (et de la culture) est en profonde mutation. Aussi, il y a t-il d’autres formes économiques a imaginer ? Y-a-t-il une économie sociale et solidaire européenne ? Jordi Estivill qui représente un réseau Catalan en témoigne, mais déplore que cette économie, soit trop souvent, une économie légitime en temps de crise. Le RIPESS (Réseau Intercontinental de promotion de l’Economie Sociale et Solidaire) a une responsabilité importante en la matière.

Autre sujet de préoccupation, mais particulièrement franco-français, la structuration des politiques publiques, notamment face aux réformes de la décentralisation et le débat très actuel des découpages territoriaux. Les acteurs regrettent que le débat ne s’oriente que sur des découpages et n’aborde pas les enjeux de fonds liés aux compétences. Cette question croise les réflexions et les expériences portées par les SOLIMA. Il s’agit bien de réinterroger la place de l’action publique, la notion d’intérêt général et de partage des compétences pour un meilleur développement d’un territoire. A ce propos, et c’est peut-être un signe de maturité, la palabre est ouverte pour justement imaginer les interactions entre les différents réseaux, fédérations, organisations collectives d’acteurs qui foisonnent dans les musiques actuelles. Sujet particulièrement important dans un contexte économique particulièrement préoccupant.

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