Chaud-Froid sur le Marché du disque

Le 3 février dernier, le SNEP publiait les chiffres 2014 de la musique enregistrée… Après l’auto-congratulation des chiffres 2013 – pour la première fois positif depuis 2002 –, 2014 confirme un marché morose, qui est loin d’avoir trouvé son équilibre avec les revenus générés par le numérique…

La vente de supports dégringole
Entre 2013 et 2014, les ventes de supports ont baissé de 11,5% , ce chiffre représente encore 71% du marché total de la musique enregistrée.
Le fameux retour du vinyle continue sa course vers le sommet, puisque le vinyle est le seul support en croissance, avec 42% de croissance par rapport à 2013, correspondant à 672 000 exemplaires vendus. Ce support représente 2,7% du marché physique.

L’espoir du streaming
Malgré une chute du marché global de 5,3% , les producteurs sont contents : les revenus du streaming sont en très forte progression puisque 12 milliards de titres ont été écoutés en 2014, soit une progression de 40%. Le streaming représente à lui-seul 16% des revenus totaux du marché. Pour la première fois, les revenus du streaming dépassent les revenus du téléchargement légal.

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Les producteurs sont contents aussi car ils estiment que le modèle économique du streaming trouve sa place petit à petit dans le marché global. Ce qu’ils ne disent pas, c’est que la moitié des revenus générés par le streaming, le sont via des abonnements téléphoniques. Si vous êtes chez Orange, votre abonnement à Deezer est inclus dans votre forfait or, cette offre s’arrête l’été prochain, et c’est plus de 800 000 abonnés que Deezer va perdre. Deezer va-t’il réussir à récupérer des abonnés sans le soutien d’Orange ? De plus, peut-on compter sur un modèle économique qui peine a être rentable pour les plateformes de streaming ? Spotify n’est par exemple toujours pas rentable et ce malgré ses 15 millions d’abonnés… Rappelons également que sur une écoute en streaming sur Spotify, un groupe ne gagne qu’un maigre 0,003 centimes…

Un succès pour la production francophone
« Les 10 albums les plus vendus en 2014 concernent des artistes produits localement et chantant en français » (Brigitte, Fauve, Indila, Kendji Girac…). C’est un record historique. Les producteurs du SNEP s’en félicitent. Ces derniers sont dans une démarche intensive de développement puisqu’ils ont signés 119 nouveaux artistes en 2014, soit 31% de plus qu’en 2013. C’est plutôt encourageant puisque durant les années noires de la crise du disque, les producteurs rendaient plus de contrat qu’ils n’en signaient. Ils commencent donc à développer des groupes, avec, dans une certaine mesure, moins de moyens…

Un support inévitable ?
Parallèlement aux chiffres du SNEP, le magazine Tranzistor consacre son dernier numéro au disque via son dossier Disque Over? Il y est question de fabrication, de disquaires, de médiathèques, de micro-labels… Un dossier intéressant qui permet de mettre en lumière, la nécessité pour tout un microcosme musical (composant une grande partie de la diversité musicale en France), de sortir un disque, tout simplement. Même à 500 exemplaires. Même à 300. Même à 100. Par fierté. Pour se faire plaisir. Pour vendre à la fin des concerts. Pour garder une trace.

Pour lire l’intégralité du dossier c’est par ici.

Chloé Nataf, chargée de développement des musiques enregistrées. Spécialisée dans la distribution, commercialisation et le numérique. Passionnée par les changements du numérique sur notre société. Adore les pêches à la ligne, les vinyles, les bondieuseries, le kitsch. A ces heures perdues, le jour elle brode, la nuit elle mixe.

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