Climat a des ailes !

Auto-étiqueté « rock multiple et instrumental », climat en minuscule présente en effet une large palette d’émotions, occultant la voix pour laisser s’exprimer les instruments dans toute leur splendeur cosmique. Partant sur des bases post-rock dans la veine des Irlandais d’And So I Watch You From Afar, la musique des Manceaux s’étend, se complexifie, s’accélère, plane, retombe lourdement, se fracasse, tout ça avec un naturel déconcertant. Ce troisième disque de climat sonne comme un accomplissement, un déballage gorgé de plénitude, une digestion sereine de la plupart des genres avec du rock dedans. Le joliment nommé Iccopoc Papillon se permet en plus de bénéficier d’une production cristalline et granuleuse, tout à fait délectable, du miel pour les oreilles. Qu’il s’agisse d’une « Correspondance Anonyme » ou de « Pièces Détachées » tirant sur le post-hardcore, ou bien des relents shoegaze distillés sur « Barracuda », « Bird Color Inside », voire sur la totalité de l’album, des frissons sont administrés environ partout. On s’autorise à dépasser les bornes pour mieux les effacer, on se laisse aller aux aléas et on profite du paysage. Le mal est fait, c’est l’heure de la contemplation et du repos éternel. Il est aussi vivement conseillé de contempler et de ressentir les effets du climat changeant en concert.

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30 ans, cinglé de musique avant tout, scribouilleur depuis septembre 2011 pour le webzine Metalorgie.com et depuis octobre 2012 pour le magazine (désormais numérique) TohuBohu, mes intentions écrites visent à partager/exposer mes découvertes, informer un brin sur la richesse musicale insoupçonnée qui s'agite dans nos sous-sols.

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