LA COLONIE DE VACANCES – S/T

On connaissait la Colonie de Vacances en quadrilatère turbulent qui place l’auditoire au milieu d’un fracas à 360 degrés. On imaginait bien que ce copinage entre Pneu, Marvin, Papier Tigre et Electric Electric finirait par accoucher d’un objet qui ne ressemblerait pas aux autres. Et après 7 ans à tourner ensemble, le groupe franchit le cap et marque le coup en invitant quatre autres rejetons à rejoindre l’aventure.
Les auteurs et illustrateurs Double Bob, Quentin Faucompré, Marion Jdanoff et Geoffroy Pithon transforment la Colo en un octogone sur ce premier pressage qui donne autant à voir qu’à entendre. Avant même de sortir la galette de son fourreau, près de 100 pages de dessins, photos, textes, collages et plus largement de récits d’une tournée en compagnie de la Colonie de Vacances se feuillètent dans les quatre sens. Ce groupe au sein du groupe autoproclamé « Les Illustrateurs » esquisse des anecdotes de la route, dessine les ombres qui gravitent sur le public, cartographie ce qui se joue sur scène et réalise ce « projet de livre à la con : dessiner à 4 sur de la musique à 4 ». Deux couleurs par page, pas plus, entourées d’une couverture sérigraphiée qui rappelle elle aussi ce qu’est ce groupe : des gars et des filles qui regardent et jouent dans tous les sens.

Sur le 12 pouces, La Colonie de Vacances se métamorphose aussi en recomposant en quatre nouveaux groupes tirés au sort parmi les musiciens. Le résultat donne quatre pistes gravées sur des sillons parallèles, pour un vinyle qui s’écoute de manière aléatoire en fonction de l’envie du diamant sur le tourne-disque. Rien que ça. Quatre compositions construites autour d’une intro commune et qui bifurquent sans que l’on sache de quel côté on va se faire embarquer. Instrumentales ou chantées (en anglais ou allemand), plaquées de boucles de basse, de riffs entêtants, de frappes lourdes ou de nappes de claviers et marquées par des batteries frénétiques, les titres puisent dans le post-punk, le math-rock et tout ce qui ne porte pas encore de nom pour créer des pièces aussi expérimentales qu’accrocheuses. Avec ce disque-livre, deuxième titre de la Collection Limbo des Éditions Super Loto qui fait se mélanger musique et image et signé chez Murailles Music et Kythibong, La Colonie de Vacances réussit le défi de faire rentrer un groupe de live en studio et l’évite même avec cet objet qui montre qu’autant dans le fond que la forme, on est loin d’avoir tout vu dans la création musicale.

 

Photo bandeau : La Colonie de Vacances – Romain Etienne

 




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