Déjà le 3è Printemps !

La musique coréenne a une visibilité assez minime en France. Et c’est à Nantes que Mee-Ra et E-Joung-Ju ont décidé de s’installer, et quelques cinq années plus tard proposer un festival pluridisciplinaire sur l’art coréen, l’occasion de mettre en avant cette culture plutôt latine et finalement proche de la France comme le souligne ci-dessous Mee-Ra. Rencontre avec une femme déterminée, ambassadrice d’une culture et d’un pays pour qui le printemps reste la plus belle saison.

 

Quelle est l’histoire du Printemps Coréen ?
En arrivant sur Nantes en 2008 et ne connaissant pas du tout la région, nous nous sommes aperçues, Jeoung-Ju Lee, directrice artistique du festival et moi-même que la culture coréenne était très peu diffusée dans la région nantaise. Arrivant de Séoul, nous avons fréquenté à un quartier de Rezé, Trentemoult où nous avons commencé à faire des soirées coréennes dans une maison de quartier, puis dans un restaurant. Nous nous sommes dit par la suite : « pourquoi ne pas créer un festival ? » Le Printemps Coréen a vu le jour en 2013 dans le but de faire découvrir aux ligériens, les arts et les cultures de Corée du Sud, ce pays et cette culture encore mal connue.

Y-a-t-il une symbolique dans le fait qu’il s’agisse de « printemps » ?
Oui, la symbolique vient du sens même du printemps, synonyme de naissance, de renouveau. Et puis parce que c’est une des plus belles saisons en Corée, avec la floraison des cerisiers.

Vous défendez le fait par le biais du festival de contribuer à l’amitié entre la France et la Corée, ces deux pays ont-ils des points communs et si oui lesquels ?
Situé dans une péninsule, le paysage coréen connaît la confluence du continent et de l’océan. Le tempérament du peuple coréen est plutôt latin comme celui des Français. Ils sont sensibles et émotionnels. Ils aiment bien les histoires.  Par ailleurs, la France et la Corée ont toutes deux une industrie et une production du cinéma indépendante de celle des Etats-Unis.

 

Jin Seo
Jin Seo

 

Comment décrivez-vous la musique en Corée (sa place, son importance, ses esthétiques…) ?
En Corée, on entend la musique un peu partout. Dans la rue, dans les restaurants, dans les toilettes publiques, dans les ascenseurs. Les Coréens aiment bien chanter et écouter des musiques de tout genre. Musique classique, jazz, musique populaire, musique traditionnelle, musique expérimentale et indépendante. Même si chaque genre s’est développé séparément pendant longtemps, les artistes actuels commencent à collaborer avec différentes styles et essaient de sensibiliser un public plus large.

Il y a beaucoup de disciplines artistiques présentes (danse, musique, vidéo, cinéma…), est-ce que ces croisements sont forts aussi en Corée ?
Il y a des tentatives mais il y a aussi des limites. Plutôt que des croisements entre les arts, il y a une tendance d’ouvrir la pratique artistique au public, ce qui n’était pas le cas jusqu’à aujourd’hui. Les activités artistiques étaient possibles que dans le cadre scolaire ou avec de l’enseignement privé. Mais aujourd’hui l’Etat et les municipalités commencent  à prendre conscience que l’accès à la formation artistique ouvert à tous est importante. Pour les Coréens, la France est un pays modèle pour cette pratique populaire de sensibilisation à création artistique dès l’enfance.

Comment êtes-vous arrivés à mettre en place des partenariats avec des lieux culturels nantais identifiés ? Est-ce que la Corée les a motivée et si oui pour quelles raisons et à quel(s) niveau(x) ?
Afin d’avoir un large panel des arts coréens, nous avons choisis jusqu’à maintenant de proposer des arts traditionnels et actuels, voire de les faire se rencontrer. Et certains lieux tel que Stereolux sont maintenant en réelle interaction avec les Coréens car chacun apporte quelque chose à l’autre. Par le biais du Printemps Coréen, Stereolux peut par exemple avoir accès à des artistes spécialisés dans la composition et l’art numérique et plus facilement communiquer avec eux aussi. Par ailleurs, Noridan, le collectif coréen qui est co-organisateur avec nous et notre précieuse antenne à Séoul, est intéressé par la démarche de Stereolux car aucune structure ne fonctionne de cette façon-là en Corée. Si bien que les échanges se font sur 2 niveaux : le premier est artistique et le second est sur la fonction et le rôle du lieu. Cette année par exemple, le group Tacit va faire 2 workshops avec des Nantais qui  participeront au spectacle du 26 mai à Stereolux. Ce qui signifie qu’en plus, nous favorisons les échanges entre artistes coréens et artistes nantais.

 

Tacit
Tacit

 

Un printemps français en Corée aurait du sens ?
Un Printemps Français pourrait tout à fait être intéressant en Corée même si la culture française est plus diffusée et connue en Corée. Elle est en tout cas souvent fantasmée à cause des magazines de mode. Mais les Coréens qui voyagent en France s’aperçoivent vite de la réalité. Ceci étant, certaines facettes de la culture française sont tout à fait méconnues des Coréens, telles que les cultures régionales.

Les deux beaux exemples de collaboration artistique entre les deux pays, sont la création Moon Gogo qui réunit E’Joung-Ju et Federico Pellegrini, et Jin Seo/ Erwan Hamon/François Robin. Comment sont-elles nées ?
Pour Moon Gogo, c’est suite au concert de 2014 à Stereolux avec Kéda- duo E’Joung-Ju et Mathias Delplanque. C’est Pierre Oréfice des Machines de l’Ile qui a beaucoup aimé et trouvé que le jeu du geomungo avait des sonorités blues. Il a proposé à Jeoung-Ju de rencontrer Federico pour être invités à l’Automne Indien par la suite.

Quel est le spectacle à ne pas louper selon vous ?
Le Théâtre Graslin avec une création avec l’ensemble de musique de chambre Da Camera et la chanteuse de pansori (récit joué et chanté coréen). Et le spectacle au Nouveau Pavillon avec l’ensemble de Samulnori Jin-Seo (percussions coréennes) et deux musiciens jouant de la musique bretonne, Erwan Hamon à la bombarde et François Robin à la veuze.

 

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Rédactrice en chef de ce site internet, chargée d'info-ressources à Trempo. Passionnée évidemment par la musique, toutes les musiques, mais aussi par la mer et la voile, les chevaux, la cuisine et plein d'autres choses.

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