DES YEUX DANS LE BOUILLON !

Le collectif le Bouillon naît en 2012 à Clisson. Une vingtaine de personnes, artistes, artisans, professionnels en tout genre, associations ou tout simplement habitants du vignoble se sont retrouvés dans ce projet pour son côté fédérateur. L’idée était de se rassembler afin de pouvoir mutualiser davantage (des savoir-faire, des compétences, des outils, du matériels…) et d’être plus visible. Rencontre avec Fanny, un des piliers du collectif.

Photo bandeau – Johnny Montreuil © DR

Quel est l’objectif du collectif Le Bouillon ?
Très vite l’objectif a été de construire un lieu à Clisson où il aurait été possible d’organiser une « plate-forme » pour des partages, ainsi que des ateliers et un espace d’exposition-vente.  Le premier festival du Bouillon est parti de là. Nous avons tenu à présenter aux Clissonnais ce collectif en organisant un événement à prix libre sur deux jours, dans le centre historique, où chaque acteur pouvait montrer son travail, présenter son association… Tout notre réseau s’est activé et « L’Oeil du Bouillon » a été une réussite; alors quand les spectateurs nous ont demandé si on remettait ça, on n’a pas pu s’empêcher de faire « le Retour de l’Oeil ». Après une pause l’année dernière pour se ressourcer, on est reparti pour un troisième cette année. Petit à petit, le Bouillon a pris un virage événementiel car l’envie était là et que des solutions de lieux se sont trouvés individuellement pour certains. Nous avons désormais de nouveaux rendez-vous à Clisson en plus de l’Oeil : “Pots de vin”  le contenu et le contenant, soit un marché de vignerons naturels, de céramistes et de potiers… et la “Garenne Électrique”, de la musique électronique, des jeux, un public familial et curieux au bord de l’eau (parc de la Garenne Valentin).

La 1ère édition du festival s’appelait « L’Oeil du Bouillon », la seconde « Le Retour de l’Oeil », cette année « Le 3è Oeil », que doit on voir dans ces appellations ?
Le Bouillon est le nom de notre association, on l’a choisit pour son côté “mélange des saveurs”. Ca mijote, ça bouillonne, c’est composé de plein de choses différentes. Et plus ça cuit longtemps, meilleur c’est ! Lorsqu’il a fallu trouver le nom du festival, nous sommes tout de suite parti sur l’oeil. Tout d’abord parce qu’on appelle les “yeux” les petits ronds gras qui sont à la surface des soupes. Et puis, le Bouillon a imaginé cet événement pour montrer qui il est, la notion de visibilité est importante. Le collectif n’a jamais décidé dès le début de faire un numéro un, puis deux, puis trois, tout s’est décidé au coup par coup ; on avait envie de remettre le couvert, donc “Le Retour” s’est imposé. Alors le “Troisième Oeil”, il ne fallait pas passer à côté !

Pour reprendre l’intitulé du festival, on dit que « le troisième œil (également dit « œil intérieur » ou « œil de l’âme ») est une métaphore mystique et ésotérique d’origine orientale qui désigne, au-delà des yeux physiques, un troisième regard, celui de la connaissance de soi » . Est-ce que cette explication de wikipedia vous convient ? Si oui pourquoi?
Dès la décision prise d’organiser un troisième festival, le Bouillon ne s’est pas posé la question du nom très longtemps, ça tombait sous le sens. Et ça évoque forcément quelque chose dans l’imaginaire collectif, ça peut éveiller la curiosité… Ceci dit, sur l’affiche et dans la déco du site, nous n’avons pas souhaité développer visuellement ce côté du troisième oeil car ce ne sont pas les définitions ésotériques ou mystiques qui ont validé notre choix, surtout si le public vient pour y trouver un lien avec l’orient, il risque d’être surpris. Le jeu de mot était inévitable car depuis le début nos champs lexicaux évoluent autour de l’Oeil, du Bouillon et de la marmite !

11800144_925244800849992_3393364167415689384_n
Infecticide © DR

Outre le fait que plusieurs assos soient clissonnaises, pourquoi à Clisson ? Un lien avec le vignoble ? Le Hellfest;) ?
Clisson est le lieu de naissance du Bouillon et la plupart des acteurs sont Clissonnais. De plus, le centre historique constitue un décor magnifique. Quand on vit ici, on n’a qu’une envie : s’emparer de ce décor, investir son lieu de vie et faire découvrir sa ville autrement aux autres. Les halles sont impressionnantes par leur architecture et sont idéales pour accueillir le coeur du festival. Mais nous avons également choisi d’investir la place Notre Dame et la place du Minage, elles ont beaucoup de potentiel grâce à leur patrimoine mais sont nettement moins exploitées que les halles. Pour ce qui est du vignoble, évidemment c’est une part de notre identité, c’est très visible sur notre évènement “Pots de vin” par exemple. Entre le Hellfest et le Bouillon, nous sommes juste deux festivals qui se partagent l’ animation de Clisson, au même titre que les Italiennes par exemple, chacun à son échelle !

A part deux groupes (Johnny Montreuil et Infecticide), tous sont de la région, c’est une volonté ou plutôt pour des raisons financières ?
L’idée première est vraiment d’être une vitrine pour les artistes locaux, il est vrai que Johnny Montreuil est issu de la banlieue parisienne mais le groupe ne nous est pas totalement inconnu puisque le guitariste partage son doigté entre Johnny et Slobodan Experiment, un groupe free jazz, rock’n’roll bien connu du public nantais, et pas que ! La petite exception de la programmation, c’est Infecticide. L’équipe de programmation a craqué sur ce groupe extra-terrestre, qui correspond vraiment à ce qu’on peut écouter dans nos vies personnelles. Nous espérons que ceux qui ne connaissent pas vont apprécier la découverte.

Musicalement beaucoup de propositions de près ou de plus loin assez punk ? C’est la démarche et l’esprit qui vous convient ?
Complètement ! Le festival fonctionne uniquement sur le bénévolat, alors le but est de se faire plaisir en programmant des groupes ou des compagnies qui nous plaisent. C’est l’essence de l’événement, sinon ça ne fonctionnerait pas, notre programmation est totalement assumée.

De la musique, des arts de rue, et des jeux, le programme est concocté comment ?
Comme un joyeux mélange de tout ce que nous aimons, tout commence par un brainstorming et petit à petit on sélectionne, on affine, on ajoute, on cherche l’équilibre entre les contraintes techniques, les disponibilités des artistes et le budget bien sûr car nous sommes totalement auto-financés. Lors de la première édition, les compagnies locales présentaient leurs spectacles, les associations animaient un espace participatif en journée sur les trois places, le soir les groupes de musique prenaient la relève et tout le monde se rejoignait pour les concerts des Halles. Cette année, le Troisième Oeil  ouvre avec une soirée jeux en partenariat avec une association du collectif, les Pas Perdus, qui sont en recherche de lieu pour organiser des soirées mensuelles, c’est exactement pour ça que ce festival est né. La formule melting-pot fonctionne comme ça et ça nous plait que ça reste riche, varié et surprenant.

affiche flyer
Site du Bouillon

 

Rédactrice en chef de ce site internet, chargée d’info-ressources à Trempo. Passionnée évidemment par la musique, toutes les musiques, mais aussi par la mer et la voile, les chevaux, la cuisine et plein d’autres choses.

Soyez le premier à commenter