Dominique A – Eleor

Epuré et sensoriel. C’est ce qui vient à l’esprit à l’écoute d’Eléor. Pour ce dixième album, Dominique A a souhaité quelque chose de simple malgré la présence d’un orchestre sur une bonne partie de l’album. Cette sobriété correspond bien à l’ambiance océanique qui se dégage d’Eléor. Par océanique, il ne faut pas s’attendre à ouïr des binious et des cornemuses… mais des balades à la beauté douce et glaciale – qui vont du Canada au Groenland (avec le très beau Cap Farvel) – des interludes étrangement obsédants (Un sentier, la nuit) et des mélodies au soleil espagnol trouble et tremblant (sur Semana Santa). A l’image de la mer, changeante et fascinante.

On ne va pas se mentir, Eléor n’est pas une révolution et se pose en droite ligne des albums de Dominique A. Mais justement, cela reste du Dominique A : c’est juste, exigent et taillé au cordeau. L’artiste a ce rare talent de savoir dessiner des situations et recréer des décors. Pas d’artifices mais l’essentiel : une voix frissonnante, une structure impeccable, des textes simples, lumineux et beaux. Chaque mot tombe là où il faut, et chaque note résonne parfaitement. Apaisant et rassurant, Eléor a la promesse des grands classiques et présage d’être réécouté encore et encore pour longtemps.

pochette dominique A

Site de Dominique A

 

Journaliste Spécialisée dans les musiques actuelles, l'archi et l'urbanisme.

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