DUB CAMP 2017, SOLEIL ET CULTURE SOUND-SYSTEM

Le Dub Camp festival a ouvert ses portes les 13, 14, 15 et 16 juillet derniers sur un nouveau site exceptionnel au bord du Lac du Vioreau à Joué-sur-Erdre. Il y a quelque mois, l’association Get Up ! nous avait dévoilé une programmation très riche pour le plus grand plaisir des futurs festivaliers. Get up ! organise des événements autour de la culture reggae et dub sur Nantes depuis plusieurs années avec les fameuses Nantes Dub Club, les Get up and Skank, et le Dub Camp, autant d’évènements qui ont permis à des centaines d’artistes de se produire à Nantes et dans la région.

Photo bandeau : Dub Camp 2017 – David Gallard

 

Pour cette quatrième édition, les festivités se sont déroulées sur un site exceptionnel à 40 min de Nantes pouvant accueillir plus de 20 000 festivaliers sur quatre jours. Le Dub Camp Festival, de par ses ambitions, est devenu le plus gros festival de sound system dub en France. Chez nos voisins européens, il y a également le Rototom Sunsplash près de Barcelone, et le UNOD en Angleterre qui sont aussi de gros festival dub reggae. Cette année le Dub Camp a accueillit de grands noms de la musique jamaïcaine comme Horace Andy, Johnny Osbourne, Max Romeo et sa fille, King Jammy, ainsi que des figures du dub anglais comme Jah Shaka, Channel One, et des sounds et artistes français et européens comme King Shiloh, Legal Shot sound system, Zion Gate Hi-Fi, Jah Ambassador, Habesha, Dandelion. C’est par cette diversité que le festival détient une envergure internationale, et la rencontre de tous ces artistes étrangers en fait un évènement unique. Nous avons pu également voir Kebra Ethiopia d’Afrique du Sud, Daba Makourejah du Sénégal, Lima Sound du Pérou et Warriors of Dub venant d’Argentine, autant d’artistes différents montrant l’universalité de la culture reggae.

 

Jour 1 – jeudi 13 juillet : ouverture du festival

Vers midi, les premiers campeurs s’installent dans le champ sous les sonorités du Zion Gate Hi-Fi – sound system Nantais depuis 20 ans- depuis le chapiteau du camping « le Rootsman corner », ouvert pendant les quatre jours du festival. Toute l’après-midi, les festivaliers ont pu profiter d’une sélection de vinyles, roots, classics, ska et rub a dub. Parmi le crew, Ras Abubakar accompagné de ses opérateurs et du toaster Prince ont mis en jambe les campeurs avec leur belle sono jaune et rouge. On a eu aussi le plaisir d’écouter Kebra Ethiopia pour une session à leurs côtés.
Sur le camping, nous rencontrons des collègues de Radio Zinzine, radio libre d’Aix en Provence, accompagnés de Jamie de Lima sound, des campeurs venus du Jura, des Espagnols, des gens venus de loin. Bonne ambiance générale sur le camping, installation et rencontre entre voisins de tentes.
Vers 16h, ENR (ensemble national de reggae) un brass band live, passe dans le camping et annonce le début de l’ouverture du site du festival. Le camping étant à 5 min à pied du site, pas de problème pour louper le début. Une fois sur le site, nous découvrons l’ensemble des scènes, 3 chapiteaux : le « Dub club arena », la « Outernational arena » et la « Sound meeting arena » 3 lieux aux quatre coins du site qui vont accueillir bon nombre d’artistes.

Pour ce qui est du site, 4 bars étaient disposés sur le site proposant bières, jus bio et autres boissons, une chaîne de food trucks très diversifiés dans les saveurs (cuisine éthiopienne, italienne, burger, boucherie, galettes, glaces), des points d’eau et toilettes, un poste de secours et une autre chaîne d’exposants artisanaux (tissus, créations), ainsi que la présence de disquaires spécialisés dans le reggae/dub (Control Tower, Dub Livity Shop, Only roots records). Un quatrième chapiteau était également posé pour accueillir des conférences pendant les quatre jours.

Le premier soir du festival a été marqué par la présence de King Jammy, célèbre producteur et compositeur jamaïcain à qui nous devons la vague digitale du reggae jusqu’au dancehall d’aujourd’hui. Les premières productions de King Jammy datent du début des années 70, marquées notamment par des morceaux mythiques de l’âge d’or du reggae digital – c’était un plaisir de le voir jouer en live. Pour accueillir le King, le crew rennais Legal Shot sound system a posé sa puissante sono et joue également dans un style rub a dub digital moderne. Nous avons pu assister à un beau passage de main et une révérence de Legal shot vers King jammy « the student and the teacher ». Nous avons aussi eu le plaisir de voir Max Roméo et sa fille Xana, ou bien plusieurs autres artistes dont les Anglais Dubkasm et les Brestois Stand High Patrol sous le chapiteau « Outernational ». Pour finir en beauté sous le chapiteau « Sound meeting », trois crew – Channel one sound system, Kiraden sound system et Entebbe sound system – se sont partagés la scène avec chacun deux murs de son. Tous ont joué jusqu’au bout de la nuit, avec un dernier morceau de Channel One qui a clôturé la danse vers 3 h 15. Le public encore en haleine, s’est mit à improviser des rythmes sur les barres du chapiteau jusqu’à la fermeture du site.
Une ouverture de festival bien réussi !

King Shiloh dans la Dub club Arena – Amélia Fernandez

 

Jour 2 – vendredi 14 juillet : conscious dubwise

Le lendemain réveillé par le soleil déjà bien haut, les campeurs se dirigent vers les douches communes et prennent un café dans l’herbe. De leurs côtés, les bénévoles du Dub Camp s’activent pour accueillir ce petit monde car une nouvelle journée de dub se prépare et de nouveaux arrivants posent leurs affaires. Le camping est déjà plein. Zion gate ouvre son chapiteau et anime la « Rootsman corner » avec le crew nantais Truth and right jusqu’à 17 h. Pas mal de festivaliers skankent déjà. Au programme du jour, encore beaucoup d’artistes, la difficulté étant de choisir, la programmation est trop bonne. Cette journée est placée sous le signe du dub conscient et méditatif avec les steppers digitaux des Welders HI-FI et les productions de Ras Kush et son label Black redemption tout droit venus des États-Unis. Ras Kush a joué de très bonne dubplates bien mystiques sur la toute nouvelle sono des RDH Hi-Fi (jeune crew nantais) qui fournit un son bien équilibré et des basses rondes. La session des RDH sur leur sono avec Far East au mélodica a bien fait bouger les jambes, avec des morceaux conscients et la virtuosité de Far East, très bonne session !

Sur la « Sound meeting arena » rencontre avec Shalamanda sound system venue d’Autriche, Jah youth et Jah Ambassador, pour des sélections militantes. Jah ambassador a été une belle découverte, avec une sélection vinyle de qualité et des dubwises bien dansantes. Pendant ce temps là, OBF enflammait la danse avec les chanteurs Shanti D et Charlie P. N’oublions pas non plus la venue de Sista Habesha, Valentina B et Sista Awa, trio féminin d’Italie avec Habesha à la control tower également productrice de dubplates bien dansantes ! Nous avons aussi pu voir Indy Boca avec leurs productions maison et du live instrument qui donne une touche particulière à leur son.


Vue du site – Valentin Poudret

 

Jour 3 – samedi 15 juillet : european dub family

Cette troisième journée du festival a attiré un grand nombre de personnes. Le soir, les 3 principaux chapiteaux étaient pleins. Programmation très européenne et française avec le grand retour des Hollandais King Shiloh, qui sont venus avec leur Sir round sound un nouveau system de sono disposé en cercle et diffusant du son à 360°. La qualité du son de leur sono avec cette installation inédite a séduit le public, car la diffusion du son tourné vers l’extérieur du chapiteau nous permis d’entendre parfaitement la musique en étant éloigné de la scène.

Pour la première fois au Dub Camp, Jideh High Elements artiste réunionnais producteur et compositeur, nous a livré un dub mix live sur la sono de King Shiloh, tous les éléments étaient réunis pour écouter sa musique unique et militante sur fond de grosses basses. Côté « Outernational arena » les Français Dawa HIFI ont posé leur sound system accompagné de Art X et ont accueilli Kanka, Weeding Dub, Ras divarius, Miniman, Don Fe et Prince Jamo tout au long de la soirée. Dur de choisir qui aller voir pour les passionnés, d’autant plus que sur la scène de rencontre de sounds, il y avait aussi du lourd : Salomon Héritage sound system, Dandelion Sound (Allemagne) et Chalice sound system. A retenir l’étonnante sono en bois sculpté des Dandelion et leurs puissantes basses, ainsi que les sélections toujours pointues de Chalice et de Salomon Héritage qui sont habitués à faire bouger les massives. Tout ce petit monde a enchaîné les tunes et les dubplates jusqu’à 3 h du matin. King Shiloh accompagné de la chanteuse Black Omolo et de Lyrical Benjie nous ont donné également une bonne prestation jusqu’à la last tune. Beaucoup auraient aimé que cela dure encore pendant des heures…

 

Jour 4 – dimanche 16 juillet – Fin du festival avec Jah Shaka

Cette dernière journée a été placée sous le signe de la roots culture, le site était ouvert plus tôt que d’habitude pour finir plus tôt également. Ce changement d’horaire permet aussi aux festivaliers de prendre le temps, surtout pour ceux arrivés depuis jeudi, ayant eu beaucoup d’émotions et de musique. Certains dégustent un bon rougail saucisse ou des plats végétariens préparés avec amour par les bénévoles cuisine de Get Up ! ou d’autres dégustent un cornet de frites avec du vin. D’autres assistent à une conférence sur « Comment fonctionne un sound system ? » avec des activistes du milieu sound system français. Des sessions acoustiques commencent avec Daba Makourejah et le Jim murple memorial. Il y avait également ENR qui jouait, autant de petits concerts live acoustic dans une ambiance plutôt roots familiale très reposante après ces jours intenses. Après les sessions acoustiques, retour aux sounds avec des vétérans roots and culture tous venus de Jamaïque ; Gladdy wax, Jah Shaka et la fameuse session spéciale Studio One avec des chanteurs historiques comme Johnny Osbourne, Horace Andy, Winston Francis, Joseph Cotton et le dernier chanteur produit chez Studio One : Alpheus. L’occasion de découvrir ou de redécouvrir en live ces artistes mythiques sur la sono des Suisses Skanking Society sound system.

Du côté « Outernational Arena », c’est le Mystikal sound system qui pose avec Induhman, Soom T, Warriors of dub et Lima sound, scène internationale de dub actuel avec des inspirations très diverses : dub steppers, digital, dub anglais, dubmix. Sur la « Rootsman Corner », c’est toujours Zion Gate Hifi qui mène la danse avec leurs invités. Et à la « Sound Meeting » c’est Jah Shaka qui joue un long set tout l’après midi jusqu’à 20 h. Shaka joue autant des classiques de Bob Marley que des dubplates actuelles qu’il affectionne pour faire bouger le public, le tout sur le sound system de Salomon Heritage. Un bon moment passé avec Shaka qui est un habitué des longues sessions et également ravi d’avoir pu voir Lima sound qui ne vient pas souvent en France et dont les sélections sont bien rythmées ! Cette journée s’est terminée avec les Zion Gate Hi-Fi, les résidents de ces 4 jours de roots et de dub culture à la « Rootsman corner ».

 

Vue du site – Valentin Poudret

 

Outre les scènes, le Dub Camp c’était aussi quatre jours de conférences avec différents artistes et intervenants sur la culture jamaïcaine et son histoire, sur les enjeux de la culture sound system actuelle, sur l’écologie et la démarche éco-responsable du Dub Camp, un stand de discussion avec Alternatiba, des stands de sensibilisation, un skatepark sur le camping, des animations, des jeux de plein air, ainsi que du Qi-Gong et des massages, une zone de baignade dans le lac, bref, tout pour se sentir bien durant ces 4 quatre jours.

Cette quatrième édition à Joué sur Erdre semble réussie. Tous ces éléments, accompagnés d’un soleil radieux, ont permis aux festivaliers de profiter à fond du site et de la musique dans une ambiance chaleureuse. Grâce aux organisateurs, aux artistes et aux 850 bénévoles actifs depuis des mois et pendant le festival, environ 26 000 festivaliers ont pu participer au Dub Camp 2017. Encore une bien belle édition, merci à l’équipe de Get up ! pour ce festival ! So ready for Dub Camp 2018 ?

 

Site du DUB CAMP

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