EUROPA JAZZ : GARDER LE CAP DE LA DÉCOUVERTE ET DES CRÉATIONS

L’Europa Jazz Festival du Mans, 37è du nom ! Voilà qui en fait le plus anciens rendez-vous musical de la région. Toujours la même intransigence, toujours la même envie de faire découvrir, de « démocratiser le jazz » au travers de concerts ou d’actions culturelles. Avant le grand changement prévu l’an prochain, cette édition que l’équipe présente comme un arbre, bénéficie d’une sève plus dense encore. Rencontre avec Armand Meignan, directeur du festival.

Photo bandeau : Théo Ceccaldi-Roberto Negro © DR

Cette 37è édition du festival est présentée comme un arbre, pourquoi cette comparaison au végétal ?
Présenté comme un arbre oui ! Mais un arbre remarquable, qui a presque 40 ans d’existence ! L’un des plus anciens festivals de jazz de l’hexagone qui a su évoluer, se renouveler, construire des projets multiples pour des publics multiples : 3000 spectateurs en 1980, près de 40 000 aujourd’hui… C’est une aventure inouïe , construite  par des  amateurs de musique bénévoles, à l’endroit où ils étaient nés, et comme un arbre, nos racines sont plantées dans ce territoire !

Tu évoques le fait que tous comme les arbres, les festivals doivent savoir faire face, plier sans rompre, résister aux maladies, que veux-tu dire précisément et quelle est la réalité de l’Europa Jazz dans ce contexte de « lutte » ?
Aujourd’hui, je ne vois que des festivals disparaitre ou perdre leur identité artistique. Pendant de nombreuses années, et en partie grâce aux  « années Lang », nous avons eu le carburant des fonds publics pour  avancer, créer, innover, construire des actions culturelles… Aujourd’hui, certains de nos partenaires publics historiques (villes, département, région..) nous « tirent » vers le bas en nous suggérant des programmations plus consensuelles , et nous demandant de réduire nos créations ou tout ce qui fait l’originalité de nos festivals…. Et maintenant, certaines villes partenaires (Nous avons 40 chaque année !) se sentent des talents de programmateurs, et font n’importe quoi qui peut leur sembler être du jazz ! Et souvent, faute d’expérience, vont payer beaucoup plus cher pour leur programme et en plus ne même pas satisfaire le public ! Programmer ce que le public souhaite  est peu souvent une bonne idée !


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Sexmob © Mike Schreiber

 

Qui sont les nouveaux jardiniers et jardinières qui cultivent le festival ? Où ont-ils façonné leur main verte ?
Au sein de l’Europajazz, c’est la nouvelle et jeune équipe arrivée il y a quelques années qui va devenir ces nouveaux jardiniers : Charlotte Rivière (Directrice adjointe,appelée à me remplacer en juin 2017) Laure Melia, Mylene Maignan , Dimitri Even… Ils ont l’énergie et l’envie pour continuer à faire vivre l’arbre de l’Europa et y faire pousser de nouvelles branches !

As-tu construit la programmation avec ces images comparatives en tête ?
La métaphore de l’Arbre ? Non ! Ma programmation est fidèle au patrimoine génétique du festival : création, groupes inédits, quelques acteurs historiques et consensuels de l’histoire du jazz, tous les styles … Mais surtout des musiciens généreux « en live » comme Bernard Lubat, Emile Parisien, Steven Berstein, Ray Anderson, Avishai Cohen, et quelques petites perles à déguster : Théo Ceccaldi, Roberto Negro, Fidel Fourneyron, Le Grand Orchestre du Tricot, etc…

Que t’inspire la scène jazz régionale en 2016 ?
Elle est assez magnifique, car après la génération Yolk (qui est toujours passionnante !) arrivent  de nouveaux collectifs, de nouvelles têtes… la scène nantaise étant particulièrement vive et créative avec 1Name4acrew, et tant d’autres musiciens dans tous les styles (manouche, blues, jazz contemporain…)…. Il faudrait programmer le double de concerts à l’Europa ou aux Rendez-vous de l’Erdre pour les faire tous découvrir au public !

 

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Avishai Cohen © Sascha Bullert

Le vinyle qui tourne sur ta platine ?
John Coltrane, Live at Birland, paru sur Impulse.  Inusable et inégalé ! Mais après difficile d’écouter autre chose…

Le Cd qui tourne dans ton lecteur CD ?
Curieusement, pas du jazz mais une chanteuse néozélandaise incroyable , une future Lucinda Williams : Aldous Harding et son disque Stop your tears.

L’édito annonce un changement en 2017. A quoi doit-on s’attendre ?
En 2017/2018, nous ouvrons un nouveau lieu, sur le site du Couvent de la visitation et de l’ancien Palais de Justice, en plein centre ville du Mans : 180 places au milieu d’un site urbain magnifique ! Mais attention ce ne sera pas un « club de jazz » ! Nous dévoilerons la totalité du projet  dans quelques mois. Pour l’instant le projet est « en construction » !

 

Affiche 37e Europajazz

Site EUROPA JAZZ

Rédactrice en chef de ce site internet, chargée d'info-ressources à Trempo. Passionnée évidemment par la musique, toutes les musiques, mais aussi par la mer et la voile, les chevaux, la cuisine et plein d'autres choses.

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