LE FERRAILLEUR : UN MORAL D’ACIER

En 2007, une bande de potes passionnés de musique rock et métal ouvrait un café-concert. Ce dernier, en quelques années, va devenir un lieu incontournable du Hangar à Bananes, un bar mythique pour les groupes de rock/métal et les mélomanes nantais, ligériens et bien au-delà. Retour avec Maxime sur l’aventure Ferrailleur qui cette année fête ses dix ans.

Photo bandeau : Loudblast – La Faute à Rélie

 

Comment s’est monté le Ferrailleur ? 
Alors la genèse du Ferrailleur… j’ai rencontré Thomas, qui est le gérant actuel, en 2000 dans un festival. Il avait à l’époque un studio sur la côte, et il m’a parlé d’un projet de monter une asso avec des potes. J’ai donc intégré l’association, Articulture, et on a organisé pendant plusieurs années des concerts au « Forum » à Nantes. Mais déjà à l’époque, on avait les mêmes axes de travail qu’aujourd’hui, à savoir faire jouer des groupes locaux dans des cafés-concerts uniquement. Thomas qui bossait en parallèle au Floride a rencontré Sylvain, un des barmans de la boite. Ils se sont rendu compte qu’il y avait moyen d’intégrer un box au Hangar à Bananes. Ils ont monté un dossier qui a été retenu par la mairie et le promoteur du hangar. De mon côté, je bossais sur la programmation d’un théâtre et d’un festival, je n’ai donc pas intégré dès 2007 le projet. De ce fait, leur projet s’est lancé comme ça : Thomas à la technique, Sylvain à la programmation et Christophe, leur nouvel associé s’occupait du bar. Et en novembre 2008, Thomas m’a appelé pour me proposer de gérer la programmation du Ferrailleur car Sylvain avait dû quitter l’aventure pour un choix de carrière.

 

 



My Answer avec Mass Hysteria le 24/05 – La Faute à Rélie 

 

Comment vous avez choisi votre box ? Vous êtes en location ou les murs vous appartiennent ? Comment vous avez géré l’aménagement? 
On est en location et les box nous ont été attribués. Après la salle en soit, c’était un cube donc c’était à nous de l’aménager, on a du emprunté. Mais clairement une des forces du Ferrailleur, dès le départ c’est d’avoir quelqu’un comme Thomas qui est technicien dans l’équipe car il y a su quel matos prendre directement pour se différencier. On a choisi de mettre le paquet sur le côté technique pour donner envie aux groupes de bien vouloir jouer chez nous. Le fait qu’on se défonce sur l’accueil des groupes a permis de créer notre notoriété.

 

« …on était obligé de bosser en complément pour pouvoir vivre. »

 

Comment se sont passées les premières années économiquement ? Et quel est le bilan au bout de ces 10 années d’aventure ?
Aujourd’hui le bilan est clairement positif on a réussi à s’en sortir financièrement. Mais c’était compliqué pour nous, on était obligé de bosser en complément pour pouvoir vivre. Si on a réussi a s’en sortir, je pense que c’est du au fait que Thomas me fasse passer à plein temps car il ne pouvait pas gérer le bar, la logistique et la technique seul. J’ai donc pu me consacrer à fond sur la communication et la programmation. J’ai proposé qu’on fasse trois/quatre concerts par semaine avec une « affiche » par mois, on a aussi élargit notre esthétique musicale pour pouvoir trouver un nouveau public. En plus, on a fait le choix de ne pas de demander de subvention et je ne sais pas si on en aurait.

 

 


 The Four Horsemen – La Faute à Rélie 

 

Aujourd’hui vous n’êtes plus un lieu réservé aux musiques extrêmes ?
On reste exclusivement sur de la musique amplifiée dans tous les cas. Après on peut mettre du Jazz, du blues, car on a des affinités avec certains groupes. Dans les 190 dates qu’on fait par an, on doit avoir un concert de blues, un concert de chanson et deux concerts de reggae.

 

« Notre but est de toujours accueillir le maximum de groupes locaux. »

 

Sur la durée, un lieu qui est quand même privé, il tient comment ?
Sur la quantité, il faut de la qualité, des propositions différentes. Notre idée c’est de ne pas faire que de la tête d’affiche, on en fait un peu et c’est chouette car ça fait un écart sur la programmation du mois. Mais notre but c’est de toujours accueillir le maximum de groupes locaux. Dès qu’un groupe du coin, qui a de l’envie nous sollicite pour faire un clip où une résidence on le fait. Car cela donne du boulot aux techniciens. Mais clairement si on est encore là aujourd’hui c’est grâce au public qui a su rester fidèle mais aussi aux artistes qui veulent toujours autant venir jouer chez nous, c’est peut être dû à la qualité de nos services.

Si on parle un peu du public, vous avez vu une évolution ? Un changement de génération ?
On observe un début de turn over, dans le sens où on avait un gros public d’habitués au départ. Car quand le Ferrailleur s’est ouvert on était tellement métal que les métalleux se sont emparés de la salle et en ont fait leur cantine. On voyait toujours les mêmes têtes. Mais la génération de ceux qui avaient 15 ans quand on a ouvert vient maintenant donc ouais il y a un début de turn over.

 

« …on a même un Londonien qui vient 3 /4 fois par an. »

 

Quel est ton meilleur souvenir de ces 10 ans ?
La question est compliquée, on a au moins 50 souvenirs de fous mais pas pour les mêmes raisons à chaque fois. Certes il y des concerts, des ambiances de malades qui restent gravés comme par exemple le groupe de Stoner américain, Red Fang c’est un super souvenir car c’était dingue. Mais le truc que j’apprécie le plus c’est de pouvoir faire venir des groupes que j’écoute depuis toujours. C’est super kiffant. On est toujours autant excité quand on voit tel groupe venir jouer au Ferrailleur. Il y a de gens qui vont faire des heures de route pour pouvoir venir voir jouer leur groupe, on a même un Londonien qui vient 3 /4 fois par an il me demande toujours à l’avance si le concert qu’il veut voir à toujours lieu, il arrive le soir par avion et repart le lendemain matin aussi vite qu’il est arrivé.

 

 


Red Fang – Insane Motion

 

« …si dans 15 ans, je repasse devant et que c’est marqué « Le Ferrailleur fête ses 25 ans » ça serait magnifique clairement. »

 

Et dans 10 ans le Ferrailleur ?
On ne sait pas mais tu vois on a jamais cru que cela allait tenir 10 ans. On a réussi donc pourquoi pas 10 ans de plus. Après je pense ça va être dur de le léguer car c’est un peu notre bébé. Mais si dans 15 ans, je repasse devant et que c’est marqué « Le Ferrailleur fête ses 25 ans » ça serait magnifique clairement.

Etudiant en info-com à UCO de Nantes, passionné par la musique et notamment la musique de type lourde rock et métal. Aime aussi les festivals, le sport et les soirées entre pote.

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