LE FILTRE À SONS, LES ARTS AMALGAMÉS

Jeune collectif de 8 artistes qui a vu le jour en 2014, Le Filtre à sons mélange intrinsèquement les arts et en fait sa marque de fabrique. Cette nouvelle soirée ce dimanche 16 avril aux Ateliers de Bitche vient le confirmer, l’occasion est donnée de mettre en lumière l’association via l’un de ses piliers, Estelle.

Visuel bandeau : Olivier Boucher

 

 

Pourquoi créer un collectif ?
Filtre à sons est un collectif d’artistes avec une large dominante de musiciens, un collectif né du constat qu’il y avait assez peu de propositions artistiques sur Nantes dans lesquelles on se retrouvait. Le collectif intègre aussi des peintres, des graphistes, un poète, un écrivain, il y a donc une très forte volonté de mélanger un peu tout cela. On s’est vite dit qu’on pouvait monter des soirées par nous même plutôt que d’attendre des choses qui ne venaient pas. On s’est aussi dit qu’il était plus facile de trouver des lieux avec une structure associative plutôt que par les groupes individuels, çà donne une certaine légitimité.

 

Qui sont les musiciens qui composent le groupe ?
Hyaena Reading, groupe franco-italien dont je fais partie, Alt, Phoenix Secret Society et Eka Faune. Ce sont des groupes plutôt rock, post-rock, kraut, post-punk, wave.

 

Finalement, le collectif s’ouvre et invite d’autres projets ?
Oui tout à fait, au début, le collectif était tourné vers nous même et on s’est rendu compte qu’on pouvait aussi faire jouer d’autres groupes. On a contacté pas mal de groupes au début pour ouvrir les programmations. Maintenant, ce sont les groupes qui nous contactent, on a gagné une certaine lisibilité qui dépasse les frontières, des groupes américains, italiens. On a toujours en tête de proposer des projets originaux ?

 



Hyaena Reading – DR

 

Justement quelle serait l’originalité recherchée ?
Je dirais qu’on est toujours et depuis le début axé sur les musiques rock expérimentales et indépendantes avec des styles de prédilection comme le math-rock, la cold-wave, le post-punk psychédélique, le drone. Pour faire court, on n’est pas trop sur le champ du rock pop ou du rock assez classique. Et puis, encore une fois, on y intègre les auters arts à commencer par les arts plastiques.

 

Y-a-t-il une démarche aussi expérimentale dans les arts plastiques ?
Oui. Guy Seika et Nicolas Perron sont sur des démarches particulières. Gaëlle Cressent qui présentera un travail ce 16 avril travaille sur le territoire sonore, elle teste des matériaux, liquides ou solides, qui interagissent avec un son diffusé à basse fréquence. Bud Warrior, artiste qui va intégrer le collectif, a aussi cette démarche. Au-delà de ces artistes qui tentent des choses, on cherche à intégrer des performers, c’est une approche qui nous intéresse, ce truc un peu live, pas trop figé que l’on retrouve un peu dans les expos.

 

Vous avez un public particulier avec votre couleur « expérimentale » ?
Non, je ne crois pas, on touche plein de gens différents, du fait aussi qu’on organise des choses dans des lieux différents. On se rend compte qu’on touche plutôt des gens entre 30 et 50 ans, plutôt mélomanes, et puis aussi des étudiants des Beaux-Arts aussi. Mais c’est relativement large. Et puis, notre politique de prix libre permet de toucher beaucoup de monde.

 


Eka Faune – DR

 

 

Votre démarche assez alternative vous interdit-elle de demander de l’argent public ?
Non, on y a pensé. Mais on n’est pas encore suffisamment structuré d’un point de vue administratif. Nous sommes tous bénévoles, l’asso nous prend beaucoup de temps. Mais dans nos projets à moyen terme, il y a l’idée de faire un festival sur deux ou trois jours. Dans cette optique, on fera certainement des demandes.

 

En faisant jouer des groupes étrangers, vous parvenez à créer des réseaux, des échanges ?
Oui un peu. Avec Hyaena Reading, on a beaucoup joué en Italie, on connaît des lieux là-bas et des groupes. Il y a une dynamique qui se construit progressivement. On travaille beaucoup avec un tourneur parisien qui s’appelle Pied de Biche et qui nous propose régulièrement des projets étrangers.

 

La problématique des lieux à Nantes te parle un peu ?
C’est une vraie problématique. Les lieux bien équipés sont financièrement problématiques pour les petites assos. Les bars ont bien souvent la contrainte de fin de concert à 22h ce qui réduit les possibilités de plateau ou de pluridisciplinarité parce que le lieu est trop petit. Reste des lieux comme les Ateliers de Bitche qui permettent la pluridisciplinarité, et qui ne coûtent pas trop cher. Alors, de fait, nous organisons dans peu de lieux, le Brocéliande, la Rumeur, le Café du Cinéma et Les Ateliers de Bitche.

 


Alt – DR

 

Cette soirée du 16 avril en annonce une autre ? Vous programmez longtemps à l’avance ?
Non, on fait un peu au coup par coup. C’est vraiment au feeling, en fonction de nos finances qui sont fluctuantes, en fonction des disponibilités des lieux. En même temps, çà correspond bien à notre façon de fonctionner et à notre réalité de fonctionnement bénévole.

 

Vous aviez publié une compile présentant les artistes du collectif. Etes-vous dans une logique d’intégrer de nouveaux artistes  et donc d’avoir un volume 2 de cette compile ?
Oui, complètement. Un nouveau groupe arrive dans le collectif, Le Crapaud et la Morue, un groupe nantais qu’on apprécie beaucoup. Il y en aura d’autres. On espère pouvoir proposer un volume 2 à la fin de l’année.

 



 

Site du FILTRE À SONS

Rédactrice en chef de ce site internet, chargée d'info-ressources à Trempo. Passionnée évidemment par la musique, toutes les musiques, mais aussi par la mer et la voile, les chevaux, la cuisine et plein d'autres choses.

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