Fuzz’Yon : à l’aube des 30 ans…

Le Fuzz’Yon, salle de musiques actuelles, située à la Roche sur Yon fêtera ses 30 ans en octobre prochain. 1986 ! Voilà qui en fait une si ce n’est la plus ancienne salle de musiques actuelles de France. En attendant de fêter cet anniversaire que nous ne manquerons pas de relater ici même, focus sur une programmation de rentrée dense et classieuse. Rencontre avec Benoît, directeur et programmateur.

Photo bandeau : Alpha Wann © Kevin Jordan

Le Fuzz’Yon en 2016 ?
Le Fuzz’Yon en 2016 va très bien merci. La salle va fêter ses 30 ans en octobre et nous sommes très proches de voir aboutir le projet d’un nouvel équipement qui est nécessaire à notre développement. La salle actuelle est très vétuste et pose de nombreux problèmes au quotidien. Mais malgré tout, elle est très appréciée pour son format et la proximité entre les artistes et le public. Nous avons développé beaucoup de projets ces derniers mois et nous sommes fiers des propositions d’activités proposées que ce soit en diffusion, actions culturelles ou accompagnement artistique. Nous sommes 9 salariés, notre budget avoisine les 700000 € et nous avons une formidable équipe de bénévoles qui accompagne le Fuzz’Yon toute l’année.

D’ici fin mai 2016, il y a 26 concerts. Peux-tu nous parler globalement des choix que tu as fait en termes de groupes, d’esthétique, de provenance ?
Sincèrement, avec Ben qui est aussi en charge des projets d’action culturelle et qui m’aide sur les supports ou 1ères parties, nous programmons un peu au feeling dans un premier temps avec des artistes qui nous touchent, que nous aimons. Une fois cette base de programmation fixée, j’essaye de faire attention à l’équilibre des styles en cherchant à équilibrer les propositions. Mais ce qui guide avant tout notre démarche, c’est de proposer une programmation de qualité.


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Dewolff © Satellite June


Quelles sont un peu les tendances dans les propositions de tourneur qui te sont faites ?

En fait, nous bossons avec quasi jamais les mêmes tourneurs. Il est donc bien difficile de répondre à cette question. Ce qui est certain, c’est que le rap français revient en force et que l’électro squatte une majorité des offres actuelles. Il y a également beaucoup de jeunes groupes rock indé français et internationaux qui arrivent, car il y a un regain d’intérêt pour des styles comme le garage etc.

Quelles sont tes problématiques cette saison en tant que programmateur ? Sont-elles différentes de l’an passé ?
Non, elles sont toujours les mêmes depuis 2 ou 3 ans. Principalement, je dois composer avec des cachets artistiques toujours plus importants et des moyens financiers toujours plus limités. Ce qui a pour conséquence de diminuer notre offre sur une année, tout simplement. Autre difficulté, nous sommes dans une région où il y a beaucoup de lieux et de festivals proches de chez nous et qui ont des moyens plus conséquents dans des villes aussi plus grandes. Il faut donc jongler avec les options en permanence, mais cela fait partie du jeu et nous nous en accommodons parfaitement. Et finalement, il y a peu de frustration dans la programmation. La conséquence est simple, on essaye d’être en avance pour combler notre manque de moyens, je pense tout de suite à des artistes comme Ty Segall ou Thee Oh Sees que nous avons eu avant les autres salles, et ça, c’est une forme de fierté. Après, nous ne cherchons pas non plus à avoir la dernière sensation du moment.

Le public du Fuzz’Yon a-t-il un profil particulier ?
Le public du Fuzz’Yon est avant tout amateur de rock indé, de soul, de funk ou de hip hop. C’est un public fidèle qui aime de plus en plus la découverte. C’est bien le fruit de plusieurs années de travail, et nous commençons, depuis 1 ou 2 ans, à récolter les fruits de ces prises de risques.


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A place to bury strangers © Hires


Au-delà des concerts, il y a des formats assez nouveaux et notamment la diffusion des documentaires sur Janis Joplin ou encore Nina Simone. C’est quelque chose que vous voulez développer ? Qui répond à des attentes du public ?

Nous avons démarré en juin 2015 ce concept qui s’appelle « Supersonic ». En fait, nous avons des liens très forts avec le cinéma Le Concorde depuis quelques mois et son directeur est un féru de musique. Au fil de nos rencontres, nous avons souhaité proposer une dizaine de rendez-vous sur l’année où le Fuzz’Yon et le Concorde co-programment des films ou documentaires avec si possible un lien avec la programmation du Fuzz’Yon. Un exemple pour illustrer, nous avons en février prochain une date de Naomi Shelton au Fuzz’Yon le 19 et la veille il y aura la diffusion de What Happened Miss Simone ? avec comme invité Kalcha qui interviendra à l’issu de la projection.

Ton coup de coeur de cette programmation ?
Shilpa Ray et Emily Wells qui partageront le même plateau le samedi 26 mars.

Le groupe ou artiste dont tu rêves au Fuzz’Yon ?
Sans la moindre hésitation, Fugazi mais bon c’est sans doute trop tard hein. Actuellement, je suis vraiment fan de Courtney Barnett.



Hypnotic Brass Ensemble © JMS

Site du FUZZ’YON

Rédactrice en chef de ce site internet, chargée d'info-ressources à Trempo. Passionnée évidemment par la musique, toutes les musiques, mais aussi par la mer et la voile, les chevaux, la cuisine et plein d'autres choses.

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