FUZZ’YON, HUMAIN APRÈS TOUT

Le 10 rue Pasteur de la ville de La Roche-sur-Yon voit régulièrement ses murs suinter depuis maintenant 30 ans. Appelé au tout début le Zimuth pour devenir, en 1988, le Fuzz’Yon, ce club de 300 places se targue de jolies affiches, a vu et voit de fervents défenseurs de la cause « musiques actuelles » aux manettes, que ce soit son ancien directeur Christophe Gassiot (qu’il soit au travers de cet article salué), ses objecteurs de conscience Messieurs Piveteau et Louvain des Little Rabbits pour ne citer qu’eux. Alors, puisqu’une salle et un projet c’est une équipe, j’ai posé sept mêmes questions à l’équipe. Et rendez-vous dans deux ans pour l’anniversaire de l’association Fuzz’Yon…

Photo bandeau : Philippe Katerine, Festival International du Film de la Roche-sur-Yon, Fuzz’Yon, 2014 – Philippe Bertheau

 

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Depuis quand au Fuzz’Yon et pourquoi  ?
Que représente la salle ?
Que t’inspire le fait que le Fuzz’Yon ait 30 ans
Tu faisais quoi et tu écoutais quoi en 1986 ?
As-tu un disque de 1986 dans ta discothèque et quel est-il ?
Ton meilleur souvenir de concert dans la salle
Les prochaines années au Fuzz’Yon ?

 

Pascal TREMBLAY (régisseur studios)

1- Depuis 2011, cela correspondait à une envie de stopper mon statut d’intermittence (musicien).
2- Gestion des studios de répétition et depuis trois ans je développe l’activité lié à la MAO, une initiation à Ableton Live ainsi qu’une aide à la production en home studio.
3- Au fil du temps, c’est devenu un lieu incontournable en Vendée. Un club chaleureux, du fait de sa petite jauge, pour découvrir.
4- J’étais bassiste dans des groupes, je jouais dans des cafés-concerts, j’écoutais principalement de la funky music et du jazz (be-bop).
5- Jerusalem d’Alpha Blondy, Tutu de Miles Davis, So de Peter Gabriel …
6- Ez3kiel
7- Une phase de transition avec en perspective un nouveau lieu.

 

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John Merrick en 1987 – DR

 

Fanny CESBRON (billetterie / relations publiques / production)


1- Depuis 7 ans. Travaillant déjà dans le secteur culturel et fréquentant beaucoup le Chabada, c’était une suite logique dans mon parcours.
2- Une salle très bien implantée dans la ville, un lieu en plein centre-ville qui offre un lien particulier avec les spectateurs. C’est une salle de proximité, très locale, et à la fois elle défend un projet artistique pluriel, d’ouverture, avec un public curieux qui nous fait confiance!
3- Du courage, de la témérité et de la passion pour amener la salle où elle en est!
4- J’apprenais à tenir un crayon (j’avais 3 ans) et j’écoutais surement ce qu’écoutait ma mère : Joan Baez, Cat Stevens, Les Pink Floyd ou The Moody Blues. Bon ok, elle avait aussi Joe Dassin et Pierre Bachelet.
5- Mon 1er 45 tours, Cock Robin Cause when your heart is weak, j’étais fan!
6- Scott H.Biram, Kid Congo, Sallie Ford, Clear Soul Forces…
7- Comme les précédentes : surprenantes, ambitieuses, passionnantes!

 

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Jesus & Moïse – concert en 1992 – DR

 

Depuis quand au Fuzz’Yon et pourquoi  ?
Que représente la salle ?
Que t’inspire le fait que le Fuzz’Yon ait 30 ans
Tu faisais quoi et tu écoutais quoi en 1986 ?
As-tu un disque de 1986 dans ta discothèque et quel est-il ?
Ton meilleur souvenir de concert dans la salle
Les prochaines années au Fuzz’Yon ?

 

Benoit DEVILLERS (chargé des actions culturelles & de l’accompagnement / programmation)


1- Depuis 2004 soit presque 12 ans. Je fréquentais déjà la salle en tant que spectateur mais aussi musicien puisque je répétais aux Halles, j’étais bénévole sur le festival Microcosm, pigiste culture pour Ouest France. J’y ai même joué plusieurs fois. Au-delà de cette histoire un peu charnelle, le Fuzz’Yon est pour moi lieu culturel important dans un département comme le nôtre où les musiques actuelles n’ont pas toujours été soutenues, c’est le moins que l’on puisse dire…
2- C’est mon premier « vrai » travail « et le fait de défendre ce pan de la culture sur un territoire où il était complètement déconsidéré, voire carrément mal-vu, fut pour moi à l’époque un acte militant, mais les choses ont un peu évolué. Je considère beaucoup la question de l’accueil de tous les publics est importante.  Les groupes que l’on accueille en résidence, le furetage pour dénicher de nouveaux groupes, le fait d’avoir à faire avec des gens d’univers totalement différents, soit hyper institutionnels, soit hyper indés, les trucs de dernière minute à régler en urgence, il y a finalement assez peu de place pour l’ennui.
3- Des litres de sueur et autres sur scène et dans la salle, des histoires artistiques, professionnelles, amicales, passionnelles nées ici, les gens passés au cours de toutes ces années (spectateurs, musiciens, techniciens, salariés, stagiaires, membres de l’asso), c’est tout un monde qui imprègne les murs de ce lieu qui a aussi connu plusieurs vies.
4- J’avais 8 ans, en CE2, fan de Daniel Balavoine, je devais sûrement écouter des trucs comme Douchka.
5- Master of Puppets de Metallica mais que j’ai acheté bien après 86. Un peu plus tard et peut-être plus glorieux, Licensed to Ill des Beastie Boys
6- Sharon Jones & The Dap Kings, Helmet, Kid Koala, le concert fou des Von Pariahs lors des Découvertes du Printemps de Bourges, Thee Oh Sees, No Means No… Côté décalé : le crooner Louis Austen, la prestation de Lee Fields raide bourré avec Sugarmen 3, la fin de soirée avec Loïc Lantoine et Fantazio… Et en 2016 The Blind Shake et Monophonics. J’en oublie forcément.
7- Une fréquentation en hausse, une prog toujours plus cool et éclectique, un accueil encore plus large de tous les publics. Il faudra être vigilant à ce que le projet de nouvelle salle garde absolument la dimension humaine, SA marque de fabrique.

 

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Datcha Mandala 2014 – Philippe Bertheau

 

Nathalie ALLEAUME (assistante administrative)


1- 2004. Je couvrais les évènements culturels et artistiques en tant que pigiste, je connaissais le Président du Fuzz’Yon. Ayant fait mes études et travaillé dans ce que l’on appelait le « développement culturel » à l’époque, il y a eu une opportunité d’embauche. J’étais là, au bon endroit, au bon moment.
2- Le projet artistique a bien évolué, notre public nous a bien suivi, la tranche d’âge s’est élargie. Les esthétiques se sont diversifiées, nos activités se sont diversifiées, professionnalisées. Le Fuzz’Yon s’est structuré par la force des choses ce qui amène à des choses sympas et d’autres moins sympas. Il est un lieu bien identifié sur le territoire, c’est assez chouette parfois d’être représentative de ce lieu.
3- J’ai parfois du mal à imaginer que nous soyons une des plus anciennes SMAC de France. Mais à y regarder de plus près, je me dis que finalement,  j’y ai participé presque pour moitié (du temps), c’est plutôt gratifiant !
4- 11 ans, j’écoutais les tubes des années 80, j’étais fan de Mylène Farmer !
5- Non là comme ça je ne vois pas.
6- Ibrahim Maalouf, Sharon Jones, Plaza Francia, et plus récemment Monophonics.
7- Dans la même lignée que cette année, avec un public que l’on fidélise de plus en plus, une proposition artistique toujours aussi riche et variée. Le réel changement interviendra si tout va bien en 2019/20 avec un nouvel équipement, et là, une page se tournera vraiment vers un Fuzz’Yon 2.

 

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Plaza Francia 2015 – Philippe Bertheau

 

Depuis quand au Fuzz’Yon et pourquoi  ?
Que représente la salle ?
Que t’inspire le fait que le Fuzz’Yon ait 30 ans
Tu faisais quoi et tu écoutais quoi en 1986 ?
As-tu un disque de 1986 dans ta discothèque et quel est-il ?
Ton meilleur souvenir de concert dans la salle
Les prochaines années au Fuzz’Yon ?

 

Mathieu ROUET (régisseur général)


1-1998, j’étais bénévole depuis 1995 et je jouait dans un groupe, le hasard est passé par là…
2- je ne connais quasiment que la salle, je fais la régie liée à la salle, autant dire que j’ai vu passer du monde.
3- Une âme, un rapport public/artiste à taille humaine, des évolutions musicales très intéressantes.
4- J’étais en primaire et j’écoutais Richard Gotainer.
5- Une K7 de Richard Gotainer.
6- Gluecifer ou Thee ohsees ou Jungle Brothers
7- Dans la lignée des 5 dernières années, en attendant un nouveau lieu…

 

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The Ex 2013 – Philippe Bertheau

 

Benoît BENAZET (directeur/ programmateur)

1- 2002- Le challenge m’intéressait, première mission de direction artistique,une occasion que je pouvais rater sous aucun prétexte.
2- Presque 15 ans de ma vie professionnelle difficile à résumer. Au quotidien,  je passe un temps fou à répondre autant que possible aux emails, préparer des dossiers, chercher des contacts… un stress permanent pour jongler entre programmation, direction et administratif.
Mais le contenu rend le travail intéressant, la qualité et la diversité des projets nous guident, notre projet possède sa propre identité, la salle représente un formidable terrain d’expression artistique et cela n’a pas de prix.
3- Sans nostalgie, ces 30 ans m’inspire le respect car il y a beaucoup de générations qui se sont succéder dans ce lieu, 30 ans de militantisme pour défendre des esthétiques et des valeurs. 30 ans c’est également l’âge de la maturité et c’est je pense ce qui se dégage de notre projet et de notre investissement au quotidien.
4- J’étais au collège et j’écoutais The Gun Club / MC5 / Radio Birdman / The Stooges / The Birthday Party
5- Sex Beat 81 du The Gun Club
6- Sharon Jones & The Dap Kings en 2005,  Thee Oh Sees en 2011, Low Roar en 2015, Emily Wells et Monophonics en 2016.
7- Le début d’une nouvelle histoire avec la préfiguration du nouveau lieu. Ces deux années sont les plus importantes pour l’avenir de notre structure car nous réfléchissons à un lieu pour les 30 prochaines années et nous avons pas le droit de nous tromper. C’est effrayant et excitant à la fois !

 

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Set & Match 2015 – Philippe Bertheau

 

Frédéric CHARRIER (chargé de communication)


1- Depuis 2008. Fidèle du Fuzz’Yon et du Rock Festival à Fontenay Le Comte, bénévole sur le Festival Microcosm et au Fuzz’Yon (collage + photographe grâce à Christophe Gassiot), puis un stage de 5 mois au Fuzz’Yon et plus particulièrement pour bosser sur Microcosm.
2- Un îlot d’irréductibles dans un département peu enclin à défendre ce genre de « culture »… J’y suis venu autant par militance que par passion pour la musique, c’est pour dire ! La salle ayant toujours joué la carte de la découverte et d’une politique tarifaire, j’aime défendre les groupes émergents mais aussi d’autres pour un public plus large. Mon poste m’amène à être en contact avec différentes personnes et l’aspect relationnel est primordial.
3- Le lieu a vu passer une multitude de personnes à différentes périodes qui ont permis au Fuzz’Yon de vivre et d’évoluer au fil du temps. La salle a su garder son âme et c’est le plus important. Le fait d’y avoir participé à mon niveau et en tout humilité me donne une sorte de fierté.
4- En 1986, j’étais au collège, j’écoutais Peter Gabriel, Balavoine, Brassens et oups… Indochine.
5- So de Peter Gabriel qui reste encore un très bel album d’un artiste majeur.
6- Dominic Sonic (1994), Zen Guerilla / Laetitia Sheriff & Shannon Wright (2002), DJ Vadim (2003), Meï Teï Shô (2007), Michelle Torr Quartet, Thee Oh Sees, Arno et en 2016 Meatbodies, The Blind Shake et pour la légende Ten Years After. Et bien d’autres…
7- On continue dans la même lancée dans cette période transitoire. On attend le nouvel équipement pour de nouveaux défis et une joyeuse dynamique ! Et surtout faisons les choses sérieusement sans se prendre trop au sérieux : ça ne reste que de la musique !

 

Site du FUZZ’YON

Rédactrice en chef de ce site internet, chargée d'info-ressources à Trempo. Passionnée évidemment par la musique, toutes les musiques, mais aussi par la mer et la voile, les chevaux, la cuisine et plein d'autres choses.

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