Global Movement: Hip Hop Universel

A l’occasion du festival Hip Opsession, suite de la rencontre avec Raf et Joss du Bamba Crew qui sont également les animateurs de l’émission Global Movement, une émission de hip hop international sur Radio Prun’.

 

Est-ce que vous pouvez expliquer le concept Global Movement?
Joss : Tout s’est passé en même temps… On a créé Bamba Crew et on a également décidé de reprendre l’émission Global Movement à l’antenne. C’est une émission qui existait auparavant en mensuelle et que j’avais mis en stand by depuis deux ans… Et cette année, on est passé en hebdomadaire. L’émission a lieu tous les lundi de 22h à 23h. C’est cool de reprendre en format hebdomadaire. Et on parle de hip hop international.

Quand vous parlez de hip hop international, vous voulez dire quoi ?
Raf : En fait, on exclut les Etats-Unis et la France en hip hop. Si on se mettait à faire le hip hop des States, on n’aurait pas fini et puis il y a déjà des tas d’émissions qui font ça. On exclue le rap français, car on est français tout simplement et c’est peut-être moins notre came. En Europe, les plus gros producteurs, c’est la France, l’Angleterre, et l’Allemagne… sauf qu’en Allemagne, c’est très fermé, il n’y a que les Allemands qui écoutent du rap allemand !
J : En Afrique, ils écoutent beaucoup de rap français plutôt commercial, mais c’est dû aux anciennes colonies et au fait que beaucoup de personnes parlent encore français.
R : On veut montrer qu’il y a du hip hop partout dans le monde, que c’est universel et qu’il y en a dans tous les pays.
J : Il y a carrément des choses intéressantes dans ces pays et il y a des pays qui réinventent plus le game du hip hop que chez nous.
R : Il y a des mélanges avec la musique folklorique des pays, et mine de rien avec l’accès à internet, ils ont accès à toute la musique et réinventent les codes des genres musicaux dans le monde. Les Sud-africains par exemple, ont réinventé la musique électro. Ce n’est pas du tout ça qu’on écoute ici, mais ils le mélangent avec du hip hop, et ça marche à fond là-bas.
J : On ne peut pas passer de rap suédois si ça chante en anglais, ce n’est pas intéressant sinon.
R : Il y a quand même les langues qui rentrent en ligne de compte dans Global Movement. Elles modifient complètement les sonorités. Quand tu entends chanter en arabe, c’est un peu dur au départ car tu n’as pas l’habitude, un peu comme en allemand, mais ton oreille s’habitue et y a des choses qui passent finalement super bien.

Et ce n’est pas gênant pour vous de ne pas comprendre ce qui se dit ?
J : Disons qu’on fait un vrai travail de fouilleur et de chercheur et que Google Trad est notre meilleur ami. On essaie au moins de comprendre la pertinence des textes et connaitre le fond, histoire de ne pas passer du rap nazi par exemple. On ne peut pas connaitre toutes les langues, c’est un peu frustrant évidemment,  si on s’était spécialisé en rap espagnol, pourquoi pas, mais on ne connaitra jamais le slovaque, le chinois… On sera toujours frustré, on ne connaitra jamais toutes les langues, donc autant en apprendre aucunes. (rires)
R : On commence à prendre contact avec des artistes pour justement avoir plus d’infos, car c’est souvent compliqué d’avoir des infos justes. On a eu récemment un artiste syrien et un Palestinien. Je pense qu’on va développer les contacts dans les pays directement.
J : Tout le monde parle anglais, on peut donc au moins communiquer avec eux et avoir des infos. De là à faire des phoners avec eux en anglais, on n’est pas assez à l’aise en anglais pour s’y mettre… Mais ça fait partie des axes de développements de Global Movement… Pourquoi pas embaucher une traductrice pour avoir les artistes en direct.
R : En tout cas, on est en contact avec de plus en plus d’artistes, comme des Brésiliens, qui ont partagé l’émission à fond. Tout ces artistes ont leurs titres en téléchargement gratuit sur bandcamp et sont toujours super contents de savoir qu’une émission à l’autre bout de la planète passe leurs sons.

Tout cela vous force à faire pas mal de recherches, comment vous faites ces recherches ?
R : C’est pas mal de boulot mine de rien. Surtout quand on a un boulot à côté. Moi je bosse dans le privé, Joss est directeur de Radio Prun’. En travaillant à côté, ça prend pas mal de temps, donc on fouille sur le net, on est toujours sur les réseaux à faire des grosses recherches. Petit à petit, il y a des potes qui nous envoient du son et on voyage de site en site pour découvrir de nouveaux artistes. C’est super intéressant, mais également super absorbant autant en termes de temps qu’en termes d’énergie.
J : Mais c’est très complémentaire avec notre activité de DJ.
R : On découvre beaucoup de labels et beaucoup d’artistes très variés en hip hop international mais également en bass music. Souvent, on est quand même dans la limite des sons, c’est hip hop, mais toujours très électro, ce n’est pas forcément du hip hop classique.
J : L’idée c’est vraiment de faire découvrir de nouvelles choses, et je crois qu’en France il n’y a pas vraiment d’émission de ce genre en hip hop international.

Avez-vous envisagé des événements Global Movement ?
J : On est en train de reprendre entièrement le concept avec Raf. Avant c’était une mensuelle, maintenant c’est une hebdomadaire, donc on est ouvert à tout, on reprends un peu tout depuis le début. Mais là, on réfléchit à une rubrique beatmaking afin de ne pas rester que sur du rap avec des lyrics même si c’est ce qu’on préfère. On a déjà des tas de propositions là-dessus, notamment de beatmakers chiliens.
Il y a plein d’évolutions possibles, faire des soirées, la communication… J’ai fait une interview de Joe le soldat à Ouagadougou, on l’a diffusée il y a peu de temps dans l’émission. Je sais qu’il vient à la fin de l’année, parallèlement il participe à un film sur la scène d’Afrique de l’ouest, ça pourrait faire une belle soirée avec un concert et une diffusion de film… Enfin tout va dépendre un peu des opportunités et du temps qu’on aura…  On préfère rester tranquille et prendre le temps de bien faire les choses aussi.

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Chloé Nataf, chargée de développement des musiques enregistrées. Spécialisée dans la distribution, commercialisation et le numérique. Passionnée par les changements du numérique sur notre société. Adore les pêches à la ligne, les vinyles, les bondieuseries, le kitsch. A ces heures perdues, le jour elle brode, la nuit elle mixe.

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