GRAFFITI : LE RÉSEAU AVANT TOUT

Tout comme sa consoeur Jet FM, Graffiti naît en 1986 dans des conditions similaires à quelques encablures. La Roche-sur-yon peut se targuer d’avoir une radio aussi militante que portée sur la découverte musicale, aussi « partenariale » qu’impliquée sur son territoire. Rencontre avec Lyonel, directeur de la radio.

Photo bandeau : Plateau Graffiti © Florent Sorin

Peux-tu revenir sur la genèse de la radio, qui la monte, dans quel contexte ?
La radio ne devait durer qu’un été. En 1986, Guy-Benoît Bourrieau, animateur au club de jeunes de Saint-André-d’Ornay, souhaite créer une radio pour occuper les jeunes. Les adolescents adhèrent au projet à tel point qu’il est hors de question pour eux que la radio s’arrête à la fin de l’été. Ils s’organisent, se relayent pour changer les bandes et pour animer les tranches horaires. Il faut se remettre dans le contexte d’il y a 30 ans. C’était extraordinaire d’entendre la voix de son camarade dans son poste de radio.

 Jet FM fête aussi ses 30 ans, vous avez d’autres points communs ?
Comme Jet FM, nous fêtons nos 30 ans mais nous partageons également de nombreux autres points communs. Nos radios sont liées à des quartiers et à des projets de quartiers. Elles ont su devenir autonomes et grandir au-delà des frontières de leurs quartiers, sans oublier d’où elles viennent. Nous partageons également une programmation musicale axée sur la découverte et les « musiques indés ». Autres points, nos deux structures sont engagées dans l’éducation aux médias et la création sonore avec la mise en place d’ateliers avec différentes structures scolaires et de loisirs.

image-graffitiPlateau Graffiti © Florent Sorin

Comment vit la radio à la Roche-sur-Yon, quels sont ses problématiques, ses atouts, avez-vous fait une étude de votre auditoire … ?
Nous n’avons pas fait d’étude de notre auditoire. Notre objectif n’est pas l’audience à tout prix. La Roche-sur-Yon est une ville de taille moyenne, tout le monde se connait. Les projets et les partenariats se montent facilement et rapidement. Quand on rencontre un problème, on fait appelle au réseau.   

Comment vois-tu le bénévolat, comment le qualifies-tu, y-a-t-il un renouvellement ?
Le bénévolat est très important à la radio, nous avons la chance d’avoir de plus en plus de bénévoles qui nous rejoignent. Aujourd’hui, Graffiti Urban Radio  regroupe plus de 60 bénévoles de tout âge qui animent l’antenne mais sont également présents sur les nombreux événements organisés par la radio. 18 nouveaux bénévoles ont rejoint la radio pour cette nouvelle saison.

Quid des partenaires, notamment les acteurs culturels, est-ce que ce paysage culturel évolue et fait évoluer vos partenariats ou manières de faire ?
Très ancrée sur le territoire yonnais depuis de nombreuses années, Graffiti a su au fil des années tisser des liens forts avec les autres structures locales, tant privées que publiques. De nombreuses organisations comptent sur la radio pour faire connaître leurs événements et activités au plus grand nombre. La radio est partenaire avec le Fuzz’Yon (Scène de Musiques Actuelles), le cinéma Le Concorde (Établissement Public de Coopération Culturelle Cinématographique Yonnais) et la salle de concert de Montaigu Le Zinor, afin de mettre en avant leur programmation. Graffiti soutien également l’espace de création contemporaine La Gâterie (association “Transversale”) en présentant les artistes et leurs expositions.

FeteDeLaMusique-21-06-2016N#rth – plateau Graffiti pour la Fête de la Musique © Alexandre Cibard

Comment vois-tu l’avenir de la radio, son développement et notamment via le numérique ?
L’une des inquiétudes de la radio reste l’aspect financier. Nous devons sans cesse trouver de nouvelles sources de financement, et nous sommes inquiets sur le maintien et le développement des subventions actuelles. Dans les années à venir, nous souhaitons pouvoir continuer à offrir des conditions optimales pour l’accueil des bénévoles, des invités et des participants à nos ateliers, continuer le travail sur la programmation musicale et proposer des rendez-vous festifs et conviviaux avec les Yonnais. Le numérique sous toutes ses formes est présent au quotidien : la communication sur les réseaux sociaux, la présence de nos podcasts sur les différentes plateformes, le développement de notre site internet et de notre application. Nous surveillons de près l’arrivée de la radio numérique terrestre (RNT) et recherchons activement une parcelle sur la Roche-sur-Yon pour y implanter notre pylône de diffusion FM qui pourrait également diffuser en numérique.

Site Graffiti

Rédactrice en chef de ce site internet, chargée d'info-ressources à Trempo. Passionnée évidemment par la musique, toutes les musiques, mais aussi par la mer et la voile, les chevaux, la cuisine et plein d'autres choses.

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