GUILLAUME EHINGER [STADIO] POUR VERVEINE

La Suissesse Verveine (on ne fera pas de jeu de mot pourri promis), on l’a croisée pour la première fois en live aux dernières Trans Musicales (même si l’on avait entendu parlé d’elle via le dispositif d’accompagnement d’artistes franco-suisses Opération Iceberg). On attendait sa première sortie notamment pour son univers particulier. C’est chose faite avec son EP « Antony » et son beau visuel.

Verveine

Peux-tu te présenter ?
Sous le nom de Verveine, je fais évoluer un projet de musique électronique hardware. Je n’utilise donc pas d’ordinateur sur scène et rien n’est pré-enregistré. Je construis mes sons en direct et sans filet. Je décrirai ma musique à la frontière entre l’electronica, la techno et la weirdo pop bien que ces mots peuvent évoluer vers n’importe quels autres univers sonores dans le futur. J’aime bien les machines, les contraintes techniques, le chant, les sub-bass, la mélancolie et la bière.

Comment composes-tu, avec qui, où, ton environnement ?
Je compose seule mais avec une belle ration d’images, de films, de musiques, de sons, d’observations, de discussions ou d’expériences dont je me nourris. Je ne cherche pas l’isolement pour composer. Au contraire, je préfère partager un espace, un atelier avec d’autres personnes qui ont une autre pratique artistique. Il y une année, j’ai débarqué dans un atelier à Vevey en Suisse, les résidants y sont peintres, plasticiens, sculpteurs ou illustrateurs mais tous issus plutôt du milieu de l’art contemporain. Guillaume qui a réalisé l’artwork de mon EP travaille dans cet espace. Ensemble, avec deux autres acolytes, Jacques Duboux et Mathias Forbach, nous avons fait évoluer ce lieu en organisant des expositions trois à cinq fois par année. Notre atelier est donc également devenu un espace d’art baptisé STADIO, où nous invitons des artistes régionaux ou internationaux à exposer. Tout ce que je viens de décrire est une autre activité de Verveine mais que je mets en directe corrélation avec mon travail de musicienne. L’artwork a été réalisé en ces lieux d’ailleurs.

Comment as-tu imaginé l’identité visuelle de ton projet ?
Je crois que la base même de mon projet c’est l’imagination, autant visuelle que sonore. Je le comprends comme un tout qui me permet d’élargir mes connaissances et compétences, d’où mon besoin de collaborer avec d’autres artistes. C’est plutôt excitant de construire un projet sous toutes ses facettes en se laissant aussi surprendre, puisque je donne d’abord carte blanche à l’artiste convié à travailler sur mon visuel en redirigeant le propos au besoin. En réalité, c’est le choix de l’artiste et sa réalisation qui prévaut sur le résultat. Pour l’artwork d' »Antony », c’est la pratique de Guillaume en tant qu’artiste plasticien qui domine et donne sa singularité à l’identité visuelle. En fait, j’ai l’impression que le résultat et notre intention sont plutôt éloignés de ce qu’on attend d’un visuel dédié à la musique et son circuit. Voilà qui est plaisant.

Est-ce que le travail final correspond à ce que tu recherchais ?
Oui sinon, nous serions encore en train de bosser dessus !

Comment penses-tu décliner cette identité à l’avenir ?
Nous prévoyons la réalisation d’une microédition reprenant l’artwork sous d’autres points de vue. En réalité, nous nous sommes rendus compte qu’il existait dix autres potentiels artworks dans cette installation et nous souhaitons les révéler sur papier. J’ai l’intention de proposer cette édition comme merchandising avec un code de téléchargement de l’EP à l’intérieur.

Ton actu, les trucs à venir ?
J’ai sorti l’EP, « Antony », le 9 mars. Composé de 4 titres originaux et de 3 remix réalisés par Alexander Robotnick (Italie), Stas (Hongrie) et La Vie C’est Facile (Bienne en Suisse). Plusieurs dates ont été annoncées : Zürich pour les M4Music, Paris pour deux releases party dont une au Social Club, puis encore en juin, le Plikssen Festival à Athènes !

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Guillaume Ehinger [STADIO]

Peux-tu présenter ton studio, ton champs d’action et ton « style » ?
Je ne suis pas graphiste donc je n’ai pas de studio à proprement parler. J’ai fini mes études en arts visuels à l’ECAL (École cantonale d’arts de Lausanne, Suisse) en 2012. Depuis, je partage un atelier à Vevey, sur les rives du lac Léman. Dans le même lieu, on a créé un espace d’art, STADIO, à la fin de l’année 2014. Mon travail s’articule sur les limites entre l’image et l’objet, leurs sources et leurs destinations. Le choix des médiums utilisés se fait en fonction du projet (autant par rapport au thème qu’à l’espace à disposition).

Comment as-tu rencontré Verveine ?
Venant de la même région et côtoyant le même milieu, j’ai pu suivre son travail depuis le début. Notre amitié et nos collaborations se sont vraiment développés lorsqu’elle était à la recherche d’un endroit pour travailler et que je lui ai proposé de venir à l’atelier pour quelques mois. C’est durant ces mois que STADIO est né et il va sans dire qu’elle y a pris part activement !

Comment as-tu travaillé pour lui faire des propositions d’artwork ?
Vu qu’on a partagé le même atelier, elle connait bien mon travail. Du coup, la volonté de collaborer s’est faite naturellement. On était assez excités par le fait de sortir de la deux dimensions. Réfléchir à un système pour rendre cela possible puisque, par définition, un artwork est composé d’une/plusieurs image(s) et d’autant plus que cet EP ne sort que de manière digitale. Je trouvais intéressant de faire une vue d’exposition qui n’existera qu’en images. J’ai donc fait plusieurs propositions d’installations à Verveine, et à chaque fois on en discutait et on trouvait des solutions pour en arriver au dernier visuel où tout y est intégré, même le titre de l’EP.

Est-ce facile, difficile de donner à voir de la musique ?
Pour moi, l’exercice a été assez laborieux. J’ai l’habitude de travailler dans l’espace et surtout avec les contraintes que je m’impose. Avec cet artwork, plusieurs contraintes extérieures étaient à prendre en compte. Par exemple, le fait de travailler tout en sachant que c’est pour l’identité visuelle de quelqu’un d’autre. Il y a aussi le public ciblé qui diffère passablement de mes habitudes. Je peux encore citer le fait qu’un visuel d’album est très souvent noyé parmi d’autres, il faut donc réfléchir en conséquence pour qu’il retienne l’attention. Que des choses qui me sont, de cette manière, plutôt étrangères. Par contre, j’ai vraiment aimé l’expérience. Elle m’a fait réaliser pas mal de choses en rapport à mon travail, des choses auxquelles je ne pensais pas et qui, dans le futur viendront alimenter mes réflexions et mes pièces.

Les artworks dans la musique qui te plaisent, t’influencent ?
Je pense que je suis vraiment plus touché par des identités visuelles que par des pochettes en particulier. Pour ne citer qu’eux, Fade to Mind, Teklife, Getodjz, ou encore L.A. Club Resource me plaisent.

Tes actus, tes trucs à venir ?
En ce moment je suis à 200% sur le projet de STADIO. On a une super programmation pour l’année 2015. La curation et la gestion d’un espace d’art, bien qu’on soit quatre, demande beaucoup de temps et d’implication. Autrement, j’ai plusieurs projets solo qui se mettent en place, rien de totalement défini mais ça ne saurait tarder !

La photo du visuel est signée Jacques Duboux.

La page Facebook de Verveine La site de Stadio

Aux confins des générations X et Y, j'ai orienté ma formation très tôt vers le journalisme. Pour exercer aujourd'hui le métier de chargé de communication dans le spectacle vivant & les musiques actuelles. En veille permanente, je travaille évidemment avec les outils numériques mais aussi, toujours, avec le bon vieux papier. Avec un intérêt grandissant pour le design et les nouvelles formes de communication sociale & intuitive.

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