I’M 7TEEN – Ep 2016

On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans. On s’égare parfois à vouloir trop en faire, on se disperse sans achever, Rimbaud le savait bien. L’idéal c’est d’avoir 17 ans, comme un programme de jouvence, avec l’expérience des années. Revendiquer ses 17 ans pour cet état de la fin de l’adolescence entre tourments et énergie, poésie et action mais sans le manque de constance qui est trop souvent la marque de l’adolescence ; assumer les années passées qui apportent la capacité à équilibrer. I’m 7teen tient la recette de ce mélange de liberté et de précision. Le groupe sort son premier EP ; il faut se réjouir !

Levons tout de suite l’ambigüité, la musique d’I’m 7teen n’est pas un pastiche de celle de garçons qui auraient eu 17 ans dans les années 90. C’est par des allusions délicates que l’on retrouve, ou que l’on peut imaginer retrouver, des échos d’une certaine manière, anglaise par exemple, de faire les refrains beaux et dansants dans ces années-là. Sur le morceau One more time, le refrain a l’énergie, la mélodie et cette petite chose en plus qui n’aurait pas dépareillé sur Parklife de Blur. Sur Shiny shiny day, on remonte encore dans le temps avec des guitares à rendre heureux tous les fans des Undertones. I’m 7teen tient là des morceaux entêtants. Mais comme la fin de l’adolescence est une période complexe, I’m 7teen cultive aussi un peu ce spleen que l’adolescence entretient. C’est le cas d’Alive, morceau qui navigue dans des eaux sombres et dont les notes de clavier, répétitives, sont la démonstration parfaite que la musique est cosa mentale ; Violence attrape lui aussi cette même énergie mélancolique dans un long morceau de près de 8 minutes par lequel I’m 7teen clôt ce disque.

I’m 7teen a ce talent des grands (ceux qui nous viennent à l’esprit sont ici Damon Albarn, Jarvis Cocker, Nick Cave) pour cet art de manier le contraste et de parvenir à l’équilibre. Si certains morceaux donnent envie de danser, la mélancolie n’est jamais loin ; une certaine retenue, une distance précieuse tiennent les morceaux. A l’inverse, les morceaux plus sombres ne surenchérissent pas dans la noirceur. Qu’ils ne grandissent pas trop vite !

I’m 7teen sera en concert le 15 janvier au Ferrailleur. Toutes les infos ici.

cover im7teen

Le titre One more time lors de leur live à Stereolux le 13 novembre dernier.

Le teaser de leur release party au Ferrailleur le 15 janvier.

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