INÜIT : UNE TRIBU ÉLECTRO

Inüit s’est monté en juillet 2013. A peine deux ans d’existence pour des musiciens pourtant avertis qui faisaient sonner leur premières notes plutôt dans des couleurs funk. Place désormais à une hybridation techno pop tribale jouée à six dont la seule ambition est d’être jouée sur scène par ces mêmes six personnes. Inüit sera sur la scène du Printemps des régions ce mardi 27 avril aux côtés de Al Von Stramm, LenParrot et Eagles Gift. Rencontre avec Alexis et Simon joyeux drilles pour qui musique rime avec plaisir.

Crédit- photo bandeau : Erwan Ruaud

Comment le groupe s’est il monté et quel est l’objectif ?
Simon : Nous sommes des amis d’enfance hormis Clémence, et nous jouons tous les  5 (les gars) depuis plus de cinq ans alors qu’INÜIT n’a qu’un an et demi. Certains viennent de l’Ecole de Musique de Rezé, la Balinière, Rémi sort du Conservatoire, Alexis est autodidacte, nos parcours musicaux sont différents, mais notre envie est commune : jouer, jouer, jouer en live.

Comment vous êtes-vous arrêté sur cet univers musical compte-tenu des provenances musicales différentes ?
Simon : nous sommes six. Dans la composition, y a pas de leader qui dirige ou oriente les arrangements. Tous le monde y participe. Mais il y a clairement des références communes comme la pop de Radiohead, l’électronique de Four Tet.
Alexis : je crois que ce qui nous réunit c’est bien l’idée d’avoir une musique simple à entendre mais complexe dans sa construction. On a tendance à réfléchir les arrangements, on adore çà. C’est bien pour çà qu’il n’y a pas de leader.

Elle s’y retrouve Clémence dans tout çà ?
S : c’est pas simple de trouver sa place dans ce fourmillement. Mais elle a clairement une place dans l’écriture des textes, et nous sommes, nous les gars attentifs à ce qu’elle ressent et ce qu’elle veut dire.
A : nous qui venons de l’instrumental, c’est quelque chose de nouveau. La très grande influence du groupe est en ce moment Brandt Brauer Frick, trio allemand qui fait de la techno minimale avec des instruments acoustiques, ils ont monté un projet Brandt Bauer Frick Ensemble en invitant des pupitres cordes et cuivres. On est restés pantois devant çà, et çà nous a donné l’idée de monter le projet de la vidéo au Lieu Unique « Brousse » (ndlr : à retrouver en fin d’article). La musique répétitive qu’incarne parfaitement Steve Reich est aussi une de nos influences majeures. On y ajoute un côté dansant et un côté plus chanson.

PHOTO INÜIT - crédit Aldwin Gras-Boutteville

 

De quoi est-il question dans les textes de Clémence ?
A : C’est très abstrait, imagé, il est fortement question de ses états d’âme en utilisant beaucoup de métaphores.

Et quand on est un homme, c’est simple à comprendre et mettre en musique les sentiments d’une fille ?
S : c’est pas simple mais assez trippant. Fille ou pas, mettre en musique les textes de l’autre reste quelque chose de difficile.

Le nom Inuît est-il lié au peuple autochtone du Groenland ou d’Amérique du Nord, de la langue inuit ?
A : à la toute base, on voulait un nom simple, facile à retenir, on a brainstormer beaucoup chez Pablo qui vit dans une yourte, c’est venu de lui, on a aimé la sonorité, le fait que le nom soit court, l’ensemble de phonèmes, sans penser à ce que cela voulait dire. Et puis, après on a réfléchi au sens, et on s’est dit que ce n’était pas complètement un hasard, qu’il y avait un lien avec les inuits, civilisation tribale qui échange avec d’autres petits groupes. On est un peu comme çà, on est tout le temps ensemble, on est une tribu, on n’existe pas les uns sans les autres. Nantes serait un peu notre banquise 😉

PHOTO INÜIT 2 - crédit Chama Chereau

Cette vidéo « Brousse » vous montre au Lieu Unique avec huit musiciens additionnels. Comment avez-vous pu tourner ces images là-bas et qui sont les musiciens qui vous entourent ?
S : notre sondier Erwan travaille au Lieu Unique, on a pu y avoir accès via lui, et les huit musiciens sont des élèves du Conservatoire qui sont des copains. C’est une expérience lourde en terme de logistique, mais le rendu est super chouette. A : c’est un des morceaux phares du groupe avec une écriture techno dans les tensions harmoniques. Entre les différentes cordes, on a fait des intervalles super serrées, et rythmiquement c’est machinique.

Vous êtes relativement jeunes, 20/25 ans, avez-vous trouvé des inspirations dans des musiques écoutées via des aînés ?
A : pour moi, ma culture musicale est un pur produit de la génération internet. Pour certains d’entre nous, il y a des vestiges « parents » qui ont écouté Siouxsie & the Banshees et Brassens, John Zorn, Fred Frith, Naked City. Et puis internet, parce qu’on s’est fait des sessions You Tube et qu’en allant dans les bas fonds de You Tube et qu’on y découvre des trucs incroyables.
S : j’ai pas d’argent, donc je n’achète pas de disque, alors que je suis un amoureux de l’objet. Alors, je fais ma culture aussi sur internet.
Qu’est ce que vous attendez de Bourges ?
S : on appréhende bien le festival, on y va détendus, et sans enregistrement;) On avait enregistré des choses mais qui ne nous satisfaisaient pas. On attend de la visibilité et des propositions de concerts.
A : on n’a pas d’enregistrement mais on a un set live qui tient la route je pense. Le groupe se structure doucement, on n’a pas de label mais on a entamé des enregistrements. Mais en vrai, on n’a pas d’attente particulière, on a juste envie de dire qu’on existe.

PHOTO INÜIT 1 - crédit Chama Chereau

Vous avez des coups de coeur sur les autres groupes de la région qui vont à Bourges cette année ?
A : Len Parrot ! Ca me fait penser à Fyfe, le less is more de la pop actuelle, faire un truc super beau avec rien. Et puis Bantam Lyons, j’aime beaucoup leur ep.

Jumo nous dit dans une interview sur le site Tohu Bohu que vous avez des morceaux puissants. Ca vous fait quoi ?
A : j’ai pas écouté, j’ai trop honte.
S : moi j’ai bien kiffé le concert à Stereolux, j’ai hâte de le revoir car j’étais pas complètement dans les concerts puisqu’on jouait. Il est dans la lignée Fakear, Thylacine, mais je préfère Jumo. Je suis pas hyper fan de la chill, il a un côté 20Syl qui me plaît.

Et après Bourges ?
S : on va s’activer pour finir les enregistrements, cliper un truc, enregistrer une vidéo de live. Et puis, on a trois dates sur Nantes d’ici juillet. On a travaillé beaucoup ces derniers temps au VIP de St-Nazaire et au Terminus 3. Et on les remercie vivement !

 

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Rédactrice en chef de ce site internet, chargée d'info-ressources à Trempo. Passionnée évidemment par la musique, toutes les musiques, mais aussi par la mer et la voile, les chevaux, la cuisine et plein d'autres choses.

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