« June » en toute saison

Dix ans déjà depuis la sortie de « June ». Ni ride, ni poussière pour cet album de Mansfield Tya qui, bien au contraire, ne cesse de rajeunir tant le style affirmé le caractérisant apportait et apporte toujours une touche de fraicheur musicale. Exit la guitare comme invité d’honneur : à la place, des claviers et violons déchirants menés par la brillante Carla Pallone, qui arrache ainsi à bien des groupes le monopole de cet instrument popularisé à la sauce rock. Chez Mansfield Tya, le violon est assis à la table de la folk mélancolique et du trip hop. Il fait bonne chère des textes poétiques qui le nourrissent d’ambiances tendues, nerveuses, décalées, mais infiniment touchantes. « Je file tes faiblesses avec un fil de tendresse », sur « Tes faiblesses », livre l’essence subtile du premier album du duo féminin : l’histoire des sentiments qui se cherchent sans forcément se trouver, sur un ton de mélodrame que le violon habille de tragédie. L’auditeur suit le voyage à fleur de peau de ces tendresses en perdition dans un univers verbal dont la simplicité renforce l’inspiration surréaliste et poétiquement gothique. La conteuse est Julia Lanoë, chanteuse dont le flow faussement tranquille, renvoie à une belle étrangeté. De « Et demain déjà » à « Pour oublier je dors », sa voix claire nous entraîne dans sa fragilité pour mieux asséner sa déclamation implacable, à la manière d’un slamer tragédien.

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Fan de zic, de ciné et de tout ce qui peut se découvrir et s'apprendre, il aime blablater, partager et s'éclater. Rêve d'inventer des gâteaux qui font maigrir ou, à défaut, un sport qui ne fatigue pas. Est très fier d'avoir réussi à avaler, presque sans grimacer, un flamby recouvert de mayonnaise...mais ne conseille cette expérience gustativo-risquée à personne.

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