KO KO MO – TECHNICOLOR LIFE

Le titre Technicolor life, les volutes psychédéliques du coffret, la photo intérieure de la biographie tendance 70’s posent le décor, une première écoute confirme l’impression : Ko Ko Mo est né quarante ans trop tard . Et pourtant, les deux compères sont bien dans leur temps, mais on ne pourra pas douter de leurs influences. Ko Ko Mo, un duo explosif, au blues-rock inventif, avec Warren Mutton à la guitare et au chant et Kevin Grosmolard à la batterie et au chant en second, nous offre un CD 10 titres aux allures d’un concert (pourtant enregistré à la maison) : l’énergie débordante et généreuse, l’engagement dans l’interprétation, le son un peu brut qu’Al Groves, ingénieur du son venu de Liverpool, a génialement conservé « dans son jus », évitant un lissage qui aurait fait perdre l’âme des morceaux. Voilà donc une galette à écouter avec du volume. Warren, guitariste déjà pourvu d’une belle virtuosité, aux chemises à fleurs et aux rouflaquettes à la Lemmy Kilmister, revendique clairement ses influences rock des 70’s, tant pour le genre musical que pour la créativité qu’il autorise, maîtrisant une large palette d’effets de son instrument (comment ne pas penser à Speed King de Deep Purple en écoutant Killing the Kid). Côté blues, la source naît plutôt des ancêtres tel Skip James dont ils font une magnifique reprise Hard time killing’floor blues en faisant le choix d’une version plus planante sans lui ôter sa substantifique moelle. Warren, à la voix pointue jusqu’au suraigu, à l’instar de ce vieux bluesman de Skip James, dégage une puissance émotionnelle déchirante à vous brasser le cerveau intestinal. Ses compositions en anglais aux thèmes assez dépouillés, interpellent les questionnements de son temps, aussi ses états d’âme de jeune citoyen ancré dans son monde. Et cette alchimie de références et d’inventivité explose sous la férule (ou plutôt les baguettes) de K20, debout sur ses pédales, développant une puissance de jeu phénoménale, rajoutant sa touche très rock, mais fidèle aux variations de son guitariste ce qui en fait un batteur très juste. Al Groves au mixage a su rester fidèle à l’esprit originel et original de Ko Ko Mo, chevaux sauvages, au galop impétueux, à la foulée téméraire. Courrez les écouter.

Photo bandeau : Ko Ko Mo – Jean-Marie Jagu

En concert
– 6/05 Festival Art Rythme Etik – Saffré (44)
– 12/05 Pan Piper – Paris (75)
– 13/05 Le Forum – Vauréal (95)
– 25/05 – Le Ferrailleur – Nantes (44)
– 4/06 Festival Pay ta Tong – La Ferrière (85) 



 

 

Site KO KO MO

Mélomane par nature (comme tout le monde), passionné par toutes les musiques (ou presque) avec une prédilection pour le blues et la chanson lourde de mots. Convaincu que la culture (populaire) sauvera le monde.

Soyez le premier à commenter