KIM GORDON : LA FIN D’UNE HISTOIRE

Kim Gordon commence par la fin, la fin d’une histoire, celle vécue avec Thurston Moore durant 27 ans, homme avec lequel elle ne parle plus sur les derniers concerts de Sonic Youth, dont ce fameux dernier à Sao Paulo en novembre 2011. Comme pour régler ses comptes, Kim fait le récit de ce concert qu’elle vit mal. Ces premières pages abritent la rancoeur, la tristesse et la colère d’une femme. La séparation qui mettra de fait terme au groupe Sonic Youth l’a probablement motivée à l’écriture de cette autobiographie. Kim Gordon y raconte sa vie, tout simplement. De son frère Keller et le rapport protecteur qu’elle entretient avec lui dans la maladie, à son enfance et la Californie, en passant par son arrivée à New York, sa découverte de la mode et de la fringue, des galeries d’art, leur fille Coco, le récit tragique de son 11 septembre, et de la musique bien entendu, elle énumère des instants de vie ponctués de rencontres, de doutes, de bonheur. Une large part de l’ouvrage en réfère bien évidemment à la musique. Outre des anecdotes parfois surprenantes sur Sonic Youth, elle raconte comment elle approche Neil Young et lui offre même un dîner concocté dans le tour bus alors que Sonic Youth fait la 1ère partie du Canadien, exprime son aversion pour Billy Corgan des Smashing Pumpinks, relate son expérience angoissée de productrice pour le 1er album de Hole et sa méfiance à l’égard de Courtney Love, parle avec émotion de sa profonde amitié et complicité avec Kurt Cobain. Elle entame ensuite une revue commentée des albums de Sonic Youth où l’on apprend par exemple que c’est l’album « Bad Moon Rising » qui fera véritablement connaître le groupe, que « Dirty » donnera une aisance financière aux musiciens, leur permettant pour certains d’accéder à la propriété, que « Murray street » reste un de ses disques préférés. Ces albums marquent des étapes de sa vie, elle nomme quelques chapitres de la 2è moitié du livre avec ces titres d’albums. Un large passage est consacré à Coco, sa fille, abordant ainsi son rôle de mère pas si simple quand on joue dans un groupe qui tourne beaucoup et qu’on chapote une marque de vêtements. Et puis, les dernières pages seront consacrées à Thurston, ses tricheries, mensonges, sa double vie, la fin de l’histoire et les dernières chances que Kim lui a laissées à plusieurs reprises. Au-delà de ce qui est raconté au sujet du groupe, et qui passionnera les fans ultimes de Sonic Youth, de la vision d’un pays, de la ville de New York, du milieu artistique de cette même métropole, « Girl in a band » dévoile une femme rudement simple, relativement angoissée, extrêmement sensible, déçue par un amour. Son écriture demeure simple, spontanée, emprunte d’émotion et d’un certain aplomb. « Plus je vieillis, plus le monde me paraît petit » dit-elle. Désormais installée à Los Angeles, Kim Gordon, en dehors de son nouveau projet musical Body Head, vit au rythme de l’art plastique : elle peint, monte des expos. Elle est, comme elle l’écrit sur la dernière ligne, « devenue quelqu’un d’autre ».

Ce livre est en consultation et empruntable en Centre Info de Trempolino ici

 

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Rédactrice en chef de ce site internet, chargée d'info-ressources à Trempo. Passionnée évidemment par la musique, toutes les musiques, mais aussi par la mer et la voile, les chevaux, la cuisine et plein d'autres choses.

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