LA HOULE – S/T

L’intro de ce premier E.P est une arrivée dans la brume, par temps calme… Les falaises de Douvres se découpent lentement. Un voyage en Ferry depuis Calais, à l’époque où le rock shoegaze vous faisait tendre le cou, fermer les yeux et jouir des amplis poussés à 10… Ce voyage, le nordiste Simon Sockeel (Eagles Gift, John Doe’s) et l’Angevin Geoffrey Papin (The Paddocks), l’ont sans doute probablement fait en Eurostar, mais pour le reste… Le spleen est le même, assorti de cette envie tenace (et assouvie donc) de mettre les voiles, de s’isoler un temps sur cette île où les briques sont plus rouges et la pluie, après quelques gorgées de Lager, plus supportable… Ils se nomment La Houle et se cramponnent fermement au bastingage de leurs fantasmes soniques : Ride et Slowdive meet Etienne Daho (pour faire court), le tout sous le regard bienveillant des anges Darc, Gainsbourg (influence criante sur The Seer), et d’un Donovan sans doute un peu sonné par la redécouverte de son Colours version fan club français de My Bloody Valentine… Voilà un disque radical dans ses partis pris, jouant cash et en toute légitimité sa carte noisy pop à l’heure où les Jesus & Mary Chain viennent à la rescousse d’une Route du Rock soucieuse de faire à nouveau le plein de spectateurs… Cet EP01, nom de code pour ce 1er essai, fait bien mieux que s’inscrire dans la catégorie revival : il agit comme un passage de relai entre ex et futurs exilés, ivre d’une même mélancolie tenace, en quête de brouillards rédempteurs et de « Souvenirs » aussi douloureux qu’essentiels : « Dans la nuit londonienne, si loin du bord, si près du but, j’emporte avec moi ces fils de toi, ces toiles abyssales, ces réseaux souterrains, ces nuits édulcorées que j’ai pris dans ta main… »

Photo bandeau : La Houle – DR

 

 

 

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