LABYRINTHE A COMPTON

L.A.BYRINTHE est un polar, un polar qui se déroule à Los Angeles avec, en toile de fond, le gangsta rap et les meurtres de 2PAC et Notorious BIG. Nous sommes en 1997 et le récit met au coeur de l’intrigue Russell Poole, inspecteur chargé d’enquêter sur ces meurtres. L’auteur, Randall Sullivan, s’est basé sur les rapports de police et les déclarations de l’inspecteur pour construire un polar tendu, recréant l’ambiance de l’époque, à Compton, banlieue noire de Los Angeles avec l’un des plus forts taux de criminalité des États-Unis. Mais l’auteur va plus loin qu’une simple retranscription de rapport de police. Il a fait des recherches sur la police de Los Angeles et ses institutions, mettant en lumière son haut niveau de corruption, le racisme ambiant malgré une intégration noire précoce. Il évoque des gangs qui sévissent à Compton, les Crips et les Bloods qui se livrent une guerre sans merci. Tout cet environnement est plus ou moins lié au gangsta rap de la west coast. Soyons honnête, le style littéraire a assez peu d’intérêt. Mais le livre fait le job du polar divertissant tout en nous apprenant une flopée d’anecdotes historiques sur Los Angeles. On peut clairement dire que le divertissement est à la hauteur de la réalité sur place… sombre et implacable.


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La lecture de ce livre est à compléter avec le biopic NWA, straight out compton sorti l’an dernier sur nos écrans. Ce film retrace l’histoire du groupe NWA, Niggaz With Attitude (Dr DRE, Ice Cube, Easy-E…) à la fin des année 80 et toujours à Compton. L’histoire est donc antérieure au polar de Randall Sullivan et déjà, les violences policières, les trafics de drogues, les gangs sont omniprésents. Là encore, il s’agit d’un divertissement, puisque ce film, très bien filmé par ailleurs, glorifie ce bon vieux concept d’American Dream avec à la clef, la réussite pour ceux qui ont une morale et du talent (Dr Dre et Ice Cube) et la loose totale pour ceux qui se sont perdus en route (Easy-E). Ce film aurait put dénoncer. Mais il ne fait que flatter l’égo de deux stars ayant perdu toute notion de la réalité, deux stars bien loin de Compton à présent.

Cela n’est à priori pas le cas de Kendrick Lamar, qui s’est illustré pas plus tard que la semaine dernière aux Grammy Awards avec un titre et une mise en scène choc mettant les violences policières au coeur d’un discours engagé. Je vous le donne en mille, Kendrick Lamar est de Compton.

Chloé Nataf, chargée de développement des musiques enregistrées. Spécialisée dans la distribution, commercialisation et le numérique. Passionnée par les changements du numérique sur notre société. Adore les pêches à la ligne, les vinyles, les bondieuseries, le kitsch. A ces heures perdues, le jour elle brode, la nuit elle mixe.

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