LE AÏNU FEST : EPICENTRE DES MUSIQUES EN MARGE

Le Crabe, Tape or Die, Ashloch, Witchthroat Serpent, Hyperculte, Wav2… autant de noms de groupes que vous ne trouverez ni à l’affiche des grands festivals hardcore, punk, metal et consorts, ni même dans la presse mainstream des musiques extrêmes. Parce que le Aïnu Fest déniche. Parce que le Aïnu Fest programme des groupes de l’ombre, des groupes pointus provenant de plusieurs pays européens. Voilà donc 21 groupes du monde entier, qui poussent les frontières du son et qui se retrouve le WE à venir au Zinor à Montaigu, décidément devenue terre de pélerinage après le WE consacré CBGB tout début septembre. Rencontre avec Steph, prophète des musiques indépendantes.

Photo bandeau – Witchthroat Serpent © DR

Qui est à l’origine du Aïnu et pourquoi proposer un festival comme celui-là ?
Nous sommes trois personnes à l’origine du Aïnu fest, Charlotte, Guillaume et moi-même. L’idée de faire le festival nous est paru évidente car nous avions des affinités, des goût musicaux communs et une forte envie de travailler ensemble. Tout au long de l’année, nous organisions des concerts, et le Aïnu fest s’est avéré comme une conclusion évidente de la saison.

Montaigu est le bon endroit pour le faire à ton avis ?
Oui c’est le bon endroit, le Zinor propose un soutien indispensable à une réalisation de cette envergure. Si vous voulez avoir plus de détails sur la vie culturelle de Montaigu, vous pouvez aller voir ce qui ce fait en ce moment avec « Alternarchives ». Il s’agit d’un projet régional, né en 2012, de conservation, de valorisation et de transmission du patrimoine culturel immatériel.

Tu publiais l’an passé sur le site un petit mot de remerciement où tu disais aussi « Malheureusement, toujours la même histoire, le manque de monde et donc difficile de couvrir tous les frais surtout avec 15 groupes étrangers qui pour certains, venaient de très loin juste pour cette date… ». Comment tu couvres les frais ?
Au fil des années, on s’est rendu compte qu’il était important de s’adapter et de réduire les budgets d’une année sur l’autre, ne pas s’emballer. Ce qui amène un vrai travail de négociation avec les groupes et permet de ne pas avoir trop de déficit.

Cette année tu mets en avant la « culture participative et non lucrative ». C’est un engagement politique qui trouve un écho ?
Il s’agit davantage, selon moi, d’un engagement social et humain que politique. Et oui, on constate encore cette année un élan participatif de la part des bénévoles et des musiciens. Cette approche n’est donc pas isolée.

 

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Tu parles aussi d’un « réseau fort et international qui combat activement les frontières artificielles imposées par la spéculation cynique du succès et du profit ». Quel est ce réseau ? Quelles connections as-tu avec l’international ?

Ta question ne peut avoir de réponses. Ce réseau n’est pas précisément déterminé car il n’a pas de frontières. Les groupes présents au Aïnu viennent du monde entier d’où cette idée de connexion internationale. Ils acceptent d’être rémunérés juste pour couvrir leurs frais de déplacement et sont totalement conscients de ce fait.

21 groupes européens, la crème des crèmes en matière de noise/grind/drone/hardcore/punk… Qu’est ce qui selon toi est commun à ces musiques ?
Les goûts des trois organisateurs. Ce sont des musiques un peu en marge et indépendantes qui nous correspondent bien.

Tu as une posture très alternative. Penses-tu néanmoins que l’institution (je parle bien de musique, des salles, des assos subventionnées) doit exister et qu’il y a des complémentarités existantes ?
Le Aïnu Fest est organisé dans une salle subventionnée donc c’est un bon exemple de complémentarité existante.

 

Site du Aïnu Fest

Mixtape du festival

Rédactrice en chef de ce site internet, chargée d'info-ressources à Trempo. Passionnée évidemment par la musique, toutes les musiques, mais aussi par la mer et la voile, les chevaux, la cuisine et plein d'autres choses.

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