LE COLLECTIF SPATULE

Une conversation en aparté avec Chloé Cailleton et Emilie Chevillard à l’issue du concert du 8 mars au Pannonica a permis de mieux comprendre les causes et les conséquences de ce collectif de musicien.ne.s nantais.es.

Photo bandeau : Colunia – DR

 

Le collectif est né du souhait de réunir deux formations, La Baronne Bleue et Colunia, qui étaient proches dans leur développement, autour d’une certaine idée de la musique, du jazz dans une vision extensive et des courants esthétiques divers qui irriguaient le travail des deux groupes. C’est Fabien Ewenzcyk et Florian Chaigne, chacun compositeur dans l’une des formations, qui ont formulé ce projet. Ils l’ont fait peut-être aussi parce que les deux entités avaient la caractéristique de comprendre des instruments atypiques dans le jazz : le violoncelle et la harpe qui y sont rares, voire la voix ou la flûte qui sont ici traitées de façon parfois inhabituelle. Si l’on ajoute à cela la large palette des esthétiques musicales dont sont issus les participant.e.s, on comprend le besoin de réunir les efforts des uns et des autres pour promouvoir leurs projets.

 

La Baronne Bleue – DR

 

La conséquence immédiate est d’offrir plus de moyens pour l’administration, la promotion, la diffusion, en créant une entité culturelle associative porteuse d’une licence d’entrepreneur de spectacle et de moyens qui devraient permettre à terme de salarier quelqu’un pour son fonctionnement. Par ailleurs, divers acteurs proches sont impliqués pour le graphisme, la mise en espace etc… et l’association porte leur activité pour le collectif.

Une autre conséquence est la naissance, dans l’improvisation musicale, de la grande formation qui regroupe les deux groupes : le Vanneau huppé. Les instrumentations des deux formations ne comportent pas de doublons, excepté pour les batteurs qui présentent tout de même de grandes différences de jeux et d’approche de leurs instruments, et cela facilite les possibilités de mixes. Ainsi, la réunion pour mettre les moyens en commun a engendré un « pas de côté » musical heureux. Chloé dit « si il y avait eu deux combos de jazz habituels, nous n’aurions pas poussé si loin notre collaboration« . Au final, le répertoire du Vanneau huppé est en grande partie original.

Si chaque formation poursuit sa vie propre, le 8 mars 2017 elles ont présenté le disque engendré par leur union : l’album du Vanneau huppé.

 

Le Vanneau Huppé – DR

 

L’avenir pourrait être à l’inclusion d’autres formations, peut-être certaines d’entre-elles étant d’autres projets menés par des membres du collectifs, ou des groupes proches. La question est aujourd’hui en débat. Les questions qui se posent pour cette ouverture sont diverses, allant de la volonté de rester ouverts aux influences et à la diversité, à la question des affinités humaines. Le collectif devra y répondre pour continuer son histoire.

A cette structuration, il faut ajouter que le disque du Vanneau huppé sort chez Aloya Music, un label indépendant de jazz hybride et métissé dont le guitariste Julien Vinçonneau occupe la place d’administrateur. Une autre structure directement issue de l’activité des musiciens-entrepreneurs et qui assume une nouvelle manière d’envisager le soutien aux artistes, par une commercialisation des disques des productions régionales en accord avec ses principes d’éco-citoyenneté : réflexion sur un processus de fabrication « vert », eco-site, circuit court (choix des prestataires…) et voeu de respecter le travail des artistes en élaborant un accompagnement personnalisé de leur production (stratégie adaptée et redevance « juste »).

 

Site COLLECTIF SPATULE

 

musicien, passeur et acteur associatif.

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