LE DUO À DEUX DOIGTS POUR LENPARROT

Comment donner à voir la musique ? Décryptage du artwork en noir et blanc (et dark ?) de Lenparrot réalisé par le duo nantais À deux doigts formé par Anne Chamberland et Grégoire Canut.

Romain Lallement, aka Lenparrot

Peux-tu te présenter (j’entends par là, tes différents groupes) ?
Je suis le chanteur de Rhum for Pauline et claviériste pour Pegase sur scène.

Peux-tu nous présenter ton nouveau projet Lenparrot ?
Pour diverses raisons, il m’est arrivé un blocage en écriture au sein de Rhum for Pauline. Ça a duré plus de deux ans, ce fut une période assez douloureuse. En y revenant l’été dernier, c’était une écriture beaucoup plus fragile, introspective. Cela a remis beaucoup d’habitudes en question. Petit à petit, la nécessité de faire quelque chose tout seul est apparue.

Comment composes-tu, avec qui, où, ton environnement ?
Seul, justement  ! La plupart du temps, ce sont des bribes de mélodies, de textes, que je ressasse dans la journée. Ça peut prendre des semaines. Jusqu’au moment où je me mets au piano et à l’ordinateur – afin de les mettre en place. Beaucoup de titres font appel à des souvenirs, des réminiscences d’endroits ou de moments précis. C’est souvent l’envie de raconter une épopée en deux minutes. Ensuite, nous retravaillons les sons avec Olivier (Deniaud, ex-Hutchinson) afin de les adapter pour la scène. Et quand il est question de sortir un titre, c’est Nicolas Bataille (Maethelvin) qui s’occupe de la production, du peaufinage.

Comment as-tu imaginé l’identité visuelle de ton projet ?
Elle est finalement venue d’elle-même. Lenparrot étant un projet extrêmement minimaliste, je souhaitais qu’une esthétique dépouillée se prolonge visuellement. C’est en tombant sur le Kostar qu’À Deux Doigts avaient illustré que le désir de travailler avec eux est né.

Est-ce que le travail final correspond à ce que tu recherchais ?
C’est au-delà de mes espérances, pour être franc. Nous nous comprenons parfaitement sur les directions à prendre – où emmener nos idées.

Comment penses-tu décliner cette identité à l’avenir ?
J’ai envie d’emmener cette collaboration avec Anne & Grégoire sur le plus de supports possibles. Si un disque sort, nous songions à travailler sur une pochette sérigraphiée – d’autres affiches, un vêtement s’il est un jour question de merchandising. Mon rêve serait de les confronter à de l’animation pour un clip ou un court-métrage.

Ton actu, les trucs à venir ?
J’ai un EP de terminé. Reste à savoir chez qui le sortir, en ce moment je frappe à la porte des labels auxquels je tiens – savoir s’ils sont intéressés.
Et nous ouvrons pour Seekae – des Australiens signés sur le label de Jagwar Ma à Stereolux (Nantes) le 23 octobre (infos et résa) !

Anne Chamberland et Grégoire Canut d’À deux doigts

Pouvez-vous présenter votre studio, vos champs d’action et votre « style » ?
À deux doigts est un duo de dessinateurs plasticiens, formé en 2011. Nous avons débuté cette collaboration par la sérigraphie, que nous voulions expérimenter afin d’imprimer nos propres créations sur textile ou papier. En 2013, nous sommes lauréats des Arts visuels de la ville de Nantes et depuis nous nous concentrons majoritairement sur le dessin, en tant qu’oeuvre originale, grand ou petit format. Notre champ d’action s’étend du fanzine, de l’exposition collective ou personnelle, à la collaboration avec des artistes ou des marques. Nous sommes également amenés à travailler avec des associations ou des institutions. Notre intention est de créer une seule et même entité sans distinction de celui qui porte le trait. Ce qui importe c’est la conception commune et partagée de l’univers narratif, univers qui questionne de manière récurrente la matière humaine dans une atmosphère onirique, souvent cruelle, où l’enfance est au cœur du récit.

Comment avez-vous rencontré Romain ?
Romain nous a contacté, ou plutôt couru après dans la rue, à la suite de la publication du Kostar d’avril/mai 2014 que nous avons habillé.

Comment avez-vous travaillé pour lui faire des propositions d’artwork ?
Notre démarche est assez classique, nous avons eu une discussion avec Romain afin de savoir s’il avait déjà des idées, des envies pour son artwork. Par la suite nous avons fait une première ébauche, assez poussée, de l’illustration. Il a tout de suite adoré, hormis la tête dont nous n’étions pas satisfaits non plus, et le noir sur les yeux qui n’était pas assez “fuyant”. Nous avons donc redessiné son portrait et modifié la fuite des yeux. En ce qui concerne l’absence de typographie, c’est un choix qui a évolué avec les propositions. Romain souhaitait un artwork le plus épuré possible, nous avons donc pris le parti de n’indiquer ni son nom, ni le titre de la chanson.

Est-ce facile, difficile de donner à voir de la musique ?
C’est en soi assez compliqué, mais si le projet musical a un univers marqué ça devient un vrai plaisir. Nous essayons de créer de la cohérence entre ce qu’on écoute et ce qu’on peut voir, pour que l’auditeur entre totalement dans l’univers.

Les artworks dans la musique qui vous ont influencés ?
Fever Ray ; King Krule ; les artworks créés par Peter Saville, que ce soit pour Joy Division ou New Order ; Frustration ; Fuzati pour son album « Last Days » ; Moderat pour leurs albums « Moderat » et « II » ; Dorian Pimpernel pour « Alombon » ; Woodkid pour son EP « Iron »…

Vos actus, les trucs à venir ?
– du 8 au 29 octobre 2014 – Exposition “Vice & Râle” à la MJC Antipode de Rennes
– du 15 janvier au 15 février 2015 – Exposition des Lauréats des arts visuels à L’Atelier, rue de Chateaubriand à Nantes
– une collaboration avec Calepino pour laquelle nous avons créé une édition limitée qui se présente sous la forme d’une boîte qui contient un set de carnets et des surprises.

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Le Soundcloud de LENPARROT Le site du duo À DEUX DOIGTS

Aux confins des générations X et Y, j'ai orienté ma formation très tôt vers le journalisme. Pour exercer aujourd'hui le métier de chargé de communication dans le spectacle vivant & les musiques actuelles. En veille permanente, je travaille évidemment avec les outils numériques mais aussi, toujours, avec le bon vieux papier. Avec un intérêt grandissant pour le design et les nouvelles formes de communication sociale & intuitive.

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