LENPARROT – AND THEN HE

L’année passée, on vous avait dit tout le bien que l’on pensait des ses EP’s inauguraux, Aquoibonism et Naufrage. Aujourd’hui, Romain Lallement aka. Lenparrot passe adroitement des courts-métrages prometteurs à un récit long format épique et en cinémascope. D’ailleurs, pour filer la métaphore cinégraphique de ce disque rempli de clins d’œil au 7ème art, cette nouvelle livraison épate par son casting de haute volée. Secondé comme précédemment par le fidèle Olivier Deniaud, Lenparrot a convoqué la crème de la crème de son impeccable carnet d’adresse : Cléa Vincent, Michelle Blades, Juliette Armanet, Fishbach, l’ensemble Phileas, les Juveniles, Chassol, Julien Gasc et Yuksek ! Excusez du peu !
Alors que ses premiers essais dévoilaient un monde intérieur en stricte intimité, And then he fait figure de porte s’ouvrant au vaste monde. En ouverture simple mais franche… Toujours loin de la terre ou du fer, Lenparrot reste dans son élément de prédilection, essentiellement aquatique, mais fait entrer de l’air dans son ADN.
Rendons à César ce qui appartient à César, c’est toujours la voix de Romain Lallement qui est le vecteur principal de l’univers de Lenparrot. Pour autant, il a troqué en partie l’exercice en vase clos, sur des machines, pour tendre vers l’organique, l’acoustique et le sensible. Le piano, vibratoire, se fait plus présent et les cordes s’envolent sur quelques titres.
Dès l’ouverture, avec Monday Land, il installe sa proverbiale androgynie, passant régulièrement d’un grain vocal de basse profond et sensuel à des volutes cérébrales et éthérées. Une grâce de granit sur Inner place ou The boy with the golden smile, titres qui tutoient les incunables synth wave / dark pop des 80 ‘s. Puis, on croise la route de Lynch sur Masculine, on rencontre une sorte de fantôme de Freddy Mercury, sobre et funèbre, sur Spidermouth. Il est parfois goguenard, comme sur My gardener, où le personnage inverti de la chanson est accusé par une mother superior de s’être fait prendre en pleine branlette sur un succédané de l’acteur Alec Baldwin (qui, comme c’est la mode, vient d’avouer avoir été sexiste avec des femmes). Mais là où Lenparrot emporte notre cœur, c’est quand il fait pénétrer du vécu dans sa fiction, comme sur Vincent, en dialogue avec son véritable père, aux commandes de l’Ensemble Phileas. L’album s’achève sur le titre éponyme And then he, où il termine son récit en répétant « And then… and then he tried… and then he… ». Comme une phrase inachevée que nous conclurons à sa place en disant que l’essai (« tried ») est diablement transformé !

 

Photo bandeau : Lenparrot – Gregg Bréhin


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