FESTIVAL L’ERE DE RIEN

On pourra tout d’abord avancer que ce festival porte bien son nom. On pourra ensuite confirmer que cette 3è édition vient assoir le festival et lui donner une petite notoriété en local. On pourra enfin affirmer que la joyeuse bande de Melos Nova animée par une passion pour la musique et la découverte de jeunes groupes propose une bien belle affiche de 8 groupes dont BRNS ces 25 et 26 avril sur les bords de l’Erdre à Rezé. Rencontre avec monsieur programmation, Ludovic Rétif.

L’Ere de rien : qui, pourquoi, comment ?
L’Ere de Rien c’est un festival qu’on organise avec l’asso Melos Nova dont je suis président. Nous sommes 9 membres actifs, tous bénévoles et amoureux de musique indé. L’idée était dès le départ de monter un festival qui change un peu de l’ordinaire et dans une culture du Dot It Yourself. Nous en sommes aujourd’hui à la troisième édition et espérons bien continuer l’aventure. L’idée est de proposer une programmation relativement pointue et de mettre en valeur la scène émergente locale et internationale, le tout dans un cadre sympa, à taille humaine et avec une scénographie soignée.

Pourquoi à Rezé ?
La moitié des membres de l’association sont rezéens d’origine. C’est une ville qui nous a vu grandir pour certains et à laquelle nous sommes attachés. Quand j’étais étudiant à la fac, je me suis vite rendu compte que la plupart des gens qui n’étaient pas originaires de l’agglo nantaise ignoraient totalement l’existence de cette ville qui est pourtant la 4ème ville la plus importante du département, à seulement 4kms du centre ville de la Cité des Ducs. On souhaitait un peu sortir de Nantes, montrer qu’il se passe des choses ailleurs tout en restant exigeants dans notre démarche. Et puis Rezé est une ville riche d’un point de vue humain mais aussi culturel, une ville de quartiers. On avait réellement envie d’y inscrire notre festival.

Avez-vous un soutien de la Ville ? Avez-vous des soutiens tout court ?
La Ville nous soutient depuis la première édition en 2012 via une aide matérielle et financière, et nous souhaitons renforcer cette collaboration. Nous sommes également soutenus par le Conseil Général, le Conseil Régional mais aussi par plusieurs partenaires privés. A cela s’ajoute la collaboration d’autres associations avec qui nous nouons des liens comme l’Homme Debout à Saint Herblain, le CSC Jaunais Blordière à Rezé ou encore la Compagnie des Indres. Globalement, nous nous autofinançons à 60%, les 40% restants correspondants aux subventions et partenariats dont nous bénéficions.

Comment vois-tu l’Ere de rien par rapport aux propositions plutôt nantaises comme celles de Yamoy, Les Chats Perchants par exemple ?
On aime beaucoup ce que fait Yamoy on est tous les ans au Soy Festival et c’est aussi grâce à ce genre d’assos qu’on a eu envie de se lancer. Du point de vue de la programmation je pense qu’on est relativement proche de ces assos. Néanmoins, pour le moment, notre activité de diffusion de concerts se limite au festival L’Ere de Rien. Pour ce qui est des différences, je pense que L’Ere de Rien est peut être un peu plus accessible que d’autres évènements défendant la même ligne artistique. Tout simplement parce que c’est gratuit, qu’on est en plein air, à Rezé et que ça nous permet de capter un autre public.

Comment élabores-tu la programmation ?
C’est beaucoup de temps passé à chercher, lire, écouter, et c’est un réel plaisir. C’est extrêmement prenant de définir une programmation. Il y a un véritable rapport affectif pour ma part car la plupart du temps les groupes qu’on programme sont des groupes dont j’admire véritablement le travail. On contacte les tourneurs ou même parfois les artistes en direct, et on croise les doigts pour que les négociations se passent pour le mieux. C’est un peu les montagnes russes, un jour on est radieux car on vient d’avoir la confirmation d’un artistes qu’on attendait, et le lendemain on reçoit un refus. Mais globalement il faut y aller au culot, le côté gratuit, DIY et singulier du festival est plutôt bien perçu par les artistes et cela facilite parfois les choses. On apporte aussi une grande importance à la cohérence de notre programmation. Cette année par exemple, on a une première soirée plutôt axé rock/psyché/heavy et une seconde soirée plutôt indie/pop. Il faut que les choses coulent de façon quasi-naturelle.

Comment peut-on, selon toi, programmer uniquement de la découverte et avoir un minimum de public selon toi ?
Les Transmusicales le prouvent depuis de nombreuses années, il y a de la place pour les festivals de découverte. Nous bénéficions de la gratuité qui nous offre une certaine liberté dans nos choix. Sur les deux premières éditions de l’Ere de Rien, on a accueilli des groupes comme Hyphen Hyphen ou Half Moon Run qui marchent très bien aujourd’hui. A titre personnel, ça ne m’a jamais vraiment intéressé d’aller sur des gros festivals avec pass à 150€ pour voir des dinosaures du rock, je suis plus à chercher toujours de la nouveauté, c’est ce qui est beau dans la musique je trouve.

Quels seraient tes coups de coeur à l’affiche cette année ?
Comme j’ai programmé la totalité des groupes, je dirais en mode langue de bois : tous ! Après, j’attends vraiment Fyfe, Blaenavon et Jonathan Boulet avec impatience.

Ton coup de coeur hors festival, disque, livre, film ?
En ce moment, je me refais l’intégrale d’Eliott Smith. Sinon, dans les découvertes, il y a un super groupe de Chicago qui s’appelle Twin Peaks qui devrait faire parler de lui dans les prochains mois. Mais si je dois citer un coup de coeur musical sur ces trois dernières années, ce serait King Krule, pour moi c’est vraiment l’un des futurs grands de la scène alternative anglaise, et l’accent cockney est tellement classe.

 

AFFICHE-A2-ERE DE RIEN

Voir le site du Festival L’Ere de Rien

Rédactrice en chef de ce site internet, chargée d'info-ressources à Trempo. Passionnée évidemment par la musique, toutes les musiques, mais aussi par la mer et la voile, les chevaux, la cuisine et plein d'autres choses.

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