MAAULA RECORDS, LA CONFLUENCE DE MUSIQUES

MaAuLa, drôle de nom pour un label. On aurait pu imaginer une cousinade linguistique avec le maloya, mais non. Ma pour la Maine, Au pour l’Aubance, et La pour le Layon. Le décor est planté ! Une histoire de rivières, un territoire viticole, mais surtout l’affaire de copains, Thibaud, Antoine et Pierre les trois de Loire Valley Calypsos, qui, un jour de 2016 officialise le label après avoir sorti un 45t de Loire Valley en 2015 sous le nom de MaAuLa Records. Thibaud nous présente MaAuLa Records.

Photo bandeau : Loire Valley Calypsos – DR

 

MaAuLa Records est un label qui défend des musiques singulières, peux-tu en dire plus sur la ligne artistique du label ?
Dans l’idée, on défend deux lignes de conduite. Il y a les rééditions qui nous mènent à faire découvrir des styles pas forcément habituels, des groupes qui n’ont jamais été trop mis en avant ou oubliés. Et puis, il y aussi des groupes actuels pour lesquels on défend une certaine idée des musiques du monde. On essaie de montrer qu’il y a une autre façon de voir ces musiques, on va chercher des groupes qui jouent des musiques traditionnelles ou du monde alors qu’ils n’ont pas grand chose à voir avec ces musiques et sont éloignés de ces pays concernés. Les Français de Passion Coco jouent de la chicha, la musique du Pérou des années 70. Les Angevins de Loire Valley Calypso, dont je fais partie, jouent du calypso, la musique des Caraïbes des années 50, alors qu’il n’y a à priori aucune raison de le faire.

 

Quelle serait votre approche des musiques du monde ?
On essaie de proposer quelque chose qui ne soit pas traditionnel à tout prix parce qu’on n’est pas les mieux placés pour le faire, et on essaie de ne pas tomber dans la variété. On a un côté un peu vintage parce que ces musiques existent depuis longtemps. Il y a quelques contre-exemples, Oliba International par exemple, un groupe de Tours qui joue une musique de Madagascar qui s’appelle le tsapiky, un sous genre de la musique de Madagascar qui est toujours une musique très actuelle. Donc ce n’est pas toujours vintage. Il y a vraiment l’idée de l’authenticité de ces musiques sans que les interprètes ou compositeurs le soient, authentiques. Pour en revenir au tsapiky, le maître du genre vit dans le Maine et Loire, Damily.

 

 

Y-a-t-il quelque chose en commun à toutes les musiques de MaAula Records ?
Les musiques du catalogue sont très festives, dansantes, et les prochaines sorties vont dans ce sens. Mais après, on ne s’interdit rien. Ce sont des musiques que l’on adore, que l’on a découvertes via internet.

 

Quelles résonances ont ces musiques en France ? En termes de scène, en termes de labels ?
Oui, il y a de plus en plus de groupes dans ces esthétiques, et de moins en moins de complexe à jouer des musiques lointaines. Et puis, il a des labels comme Bongo Joe ou Catapulte Records, un label anglo franco suisse, labels qui proposent des relectures de ces musiques du monde.

 

Passion Coco – DR

 

Pour ce qui est rééditions, vous avez publié The Wrigglers, comment çà s’est passé ?
Le groupe est défunt, on ne pouvait plus trouver ses albums, et via un collectionneur canadien que nous avons repéré par internet, nous avons pu récupérer les fichiers de ses 78 tours des Wrigglers. On a pu éditer le disque tel quel, les originaux étaient d’excellente qualité.

 

Sur les supports, et notamment le vinyle, comment vous travaillez, combien d’exemplaires, qu’est-ce que cela génère en termes d’argent ?
Nous pressons environ 500 exemplaires de vinyles et 1000 Cds, disques distribués par L’Autre Distribution et quelques distributeurs à l’étranger. Et puis, on peut dire que le label ne génère pas d’argent, on cherche juste à trouver un équilibre financier. L’objectif n’est pas de gagner de l’argent, mais plutôt de créer un réseau, de fédérer des gens autour d’un label dans le Grand Ouest, territoire où il n’y a pas de structures oeuvrant dans ces esthétiques. Ca nous a décidé à faire les choses.

Vous avez une régularité de sorties ?
On va essayer de sortir 5 à 6 disques par an, et l’avenir nous dira si l’on peut faire plus.

 

 

Vous êtes-vous inspirés de labels existants, de leur modèles ou fonctionnements ?
Oui, on apprécie énormément Moi j’connais Records qui est devenu Bongo Joe Records, on s’en est inspiré. On les a rencontrés à l’occasion d’un concert qu’on a fait à Genève. Bongo Joe est aussi un café-disquaire. Sur les choix des groupes actuels, je pense qu’on est plus proche de Catapulte dans le sens où leurs choix sont pertinents, de très bons goûts, des visuels superbes, un truc très contemporain dans les projets, Les Pythons de la Fournaise en est le meilleur exemple. On s’inspire aussi de leur démarche.

 

Sur le territoire angevin, y-a-t-il une dynamique autour du disque, des labels, des disquaires avec qui vous collaborez ou échangez ?
Un peu oui. On croise beaucoup l’équipe de Wild Valley, on est bien souvent chez Home Wax, disquaire spécialisé vinyle à Angers, qui nous a d’ailleurs mis en lien avec L’Autre Distribution.

 

Que représentent les ventes à l’export pour vous ?
C’est difficile à dire. On vend beaucoup aux Etats-Unis via bandcamp, mais c’est une plate-forme américaine donc c’est assez logique. Sur les ventes physiques, on n’a pas forcément les retours et les chiffres, c’est un peu trop tôt. On sait que les disques se vendent plutôt pas mal au Bénélux, aux Etats-Unis et au Japon.

 

Vous avez des sorties à venir ces prochains mois ?
On va sortir un disque de Oliba International, groupe de Tours. Peut-être Coupe Colonel, un groupe rennais, et puis des rééditions dont une réédition que va alimenter notre ami collectionneur canadien.







Loire Valley Calypsos :
28/04/17 au Jokers Pub (Angers)
15/05/17 La Maroquinerie (Paris)
20/05/17 Festival Vins sur vingt (St Jean des Mauvrets)

Passion Coco :
24/03/17 La Mie Mobile (Rennes)
09/04/17 Bâches ouvertes (Ste Luce sur Loire)
06/05/17 Rencontres de Loire (La Possonnière)

Le label (stand et dj set)
06/05/17 Rencontres de Loire (La Possonière)

 

Blog MaAuLa Records


 

Rédactrice en chef de ce site internet, chargée d'info-ressources à Trempo. Passionnée évidemment par la musique, toutes les musiques, mais aussi par la mer et la voile, les chevaux, la cuisine et plein d'autres choses.

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