MANSFIELD TYA : BEAUTE SONORE ET SENSIBLE

Un son comme une claque. Non pas qu’il étonne, non… Il résonne ! Dans le corps, sur la peau, il traverse nos membranes et touche la corde sensible au plus profond des artères. Les mélodies se déplacent sur la cartographie des émotions telles des toupies déséquilibrées sous le coup de la houle. On passe de rocs de pierre brute et sévère avec « Sodome & Gomorrhe » vers une mystérieuse complainte d’élan amoureux avec « Les Contemplations ». Puis, les cordes reviennent, embaument l’espace et adoucissent le rythme, câlinent les rêves d’un ailleurs à inventer. « Corpo Inferno », quatrième album studio de Mansfield.TYA, est composé de soubresauts quasiment permanents, paradoxe dont l’équilibre est harmonieusement construit. On virevolte entre la candeur joliment teintée de ces voix fraîches – Julia Lanoë et Carla Pallone – et la franchise crue du vocabulaire, des thèmes énoncés. « Le dictionnaire Larousse » est un morceau doté d’une poésie piquante et politiquement incorrecte, et par là-même plaisante. Les répertoires stylistiques oscillent – eux aussi ! – entre un quasi-rock lancinant (avec « La fin des temps » au beat lourd, « La nuit tombe » à la respiration haletante) et de l’électro ambient, architecturale avec « Fréquences ». Une petite halte qui s’insère comme un souffle au deux tiers de Corpo Inferno, « Loup noir » invite Shannon Wright pour un instant de vibrations frissonnantes. On passe de l’électro rock rageur(« BB ») à de la hardtek bienvenue (« Palais noir »). Tout un jeu de sons s’entremêlent au fur et à mesure de l’album, accentués par une trame poétique rare. Ça vibre, ça chauffe et ça émeut. Mansfield.TYA offre une œuvre de génie, dix ans après leur premier album June. Elles donnent ici une salve musicale plus qu’originale, douce et dure à la fois, alambiquée et franche pour un moment de nette jouissance auditive.

En concert :
– 15/10 à Stereolux (Nantes)
– 7/11 au 6PAR4 (Laval)
– 19/11 au Fuzz’Yon (La Roche sur Yon)
– 20/11 au VIP (Saint-Nazaire)
25/02/2016 à l’Excelsior (Allonnnes)

Photo bandeau – Mansfield TYA © Erwan Ficou / Théo Mercier

 

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Site MANSFIELD TYA

Rédactrice, amatrice de musiques électroniques et d'arts interactifs, je me passionne pour les pratiques culturelles émergentes de la société contemporaine.

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