MASCULIN FEMININ : UN DISQUE POUR PROLONGER LE GESTE

A la base projet théâtral, « Masculin Feminin » met en scène douze habitants de deux quartiers nantais, âgés de 13 à 65 ans sous la houlette de la comédienne Vanille Fiaux. Très vite, pour graver quelque chose dans le marbre, et lui donner une autre portée, ces mêmes habitants se sont livrés à l’exercice du chant, reprenant ainsi leurs écrits, mis en musique par le brillant musicien et arrangeur Jonathan Seilman. Rencontre avec Vanille qui nous en dit plus sur les coulisses de ce projet.

Photo bandeau : Vanille Fiaux © Tamara Seilman
Photos Fittorio Théâtre (ci-dessous) © Vanille Fiaux

 

Comment est né le projet ?
Le projet  M a s c u l i n   F é m i n i n  soutenu par la ville de Nantes dans le cadre de sa politique de proximité culturelle est né de ma rencontre  avec 12 amateurs ayant participé à la création partagée Battements d’Ailes que j’ai mis en scène au Lieu Unique en mars 2015. De cette rencontre est né le désir de créer une forme théâtrale sur mesure pour eux – M a s c u l i n   F é m i n i n – comme l’aboutissement d’un chemin parcouru tous ensemble puis l’idée de cet album est venue aussi pour prolonger le geste et créer un objet qui puisse rester une trace tangible de notre aventure partagée : la musique traverse le temps, et entendre la voix des gens qu’on a connu, c’est toujours un genre de  faille temporelle.  La musique et la voix travaillent  contre l’oubli !

Qu’est ce qui t’a motivée à le porter ?
La rencontre a été humainement très riche. Nous avons partagé beaucoup de choses ensemble. Comme dans toute équipe artistique, il y a eu des moments de purs bonheur, beaucoup de rires, aussi des difficultés à surmonter… Mais on est toujours resté ensemble et tout le monde est allé au bout de ses peurs. Quand il y a autant de désir et de confiance dans une équipe, c’est porteur de nouvelles idées, l’album était une suite très simple à tout ça. Ce projet, je le porte encore, puisque nous jouerons jeudi 4 à la maison des confluences la pièce Masculin Féminin. C’est à 20h et c’est entrée libre.

Montage Masculin Féminin

Qui sont les gens qui ont participé ?
Au départ, la création a touché des habitants des quartiers Hauts pavés – St Félix, puis ça s’est étendu. C’est un projet intergénérationnel, de 13 à 65 ans. C’est d’ailleurs aussi ça qui me touche dans ce projet, on ne ressent pas de frontière d’âges.

Comment se sont déroulés les différents moments, ateliers, enregistrement, disque ?
Il y a eu un travail d’écriture de la part de chacun à partir d’une liste de thèmes que j’avais donné sous forme de titres qui sont restés pour la plupart les titres des chansons d’ailleurs. Puis, chacun a reçu une proposition de maquette enregistrée par Jonathan Seilman. Personne n’a eu la connaissance de textes et des morceaux des autres, pour que la découverte soit totale. Ils sont venus un par un enregistrer, un moment très privilégié avec tous. Le planning était serré, nous avions 2h par titre, mais ils avaient tellement bien bossé en amont que ça s’est fait sans souci avec pourtant une forte exigence. Pour des gens dont ce n’est pas le métier, il était incroyable de voir comme ils parvenaient tous à rentrer dans leurs morceaux permettant même de leur parler interprétation et intention ! Pour le reste, tout a été composé/enregistré/mixé/masterisé en l’espace de 15 jours seulement courant octobre par Jonathan.

Comment avez-vous travaillé la musique ?
J’ai demandé à Jonathan de dégager un univers pour chacun assez précis. Connaissant les énergies et les voix, j’ai orienté les univers vers ce qui me semblait proche d’eux et du texte proposé.

DSC_2316 - Version 2


Il y a des morceaux très emprunts de Gainsbourg des débuts, des année 60. Est-ce que cela est en lien avec la génération des gens qui ont interprété ces chansons ?

C’est en lien avec la personnalité des interprètes, aussi parce que le rapport au parlé chanté m’intéressait pour ne pas que cet album soit maladroit par rapport à une performance de chanteur qui n’aurait pas été adaptée. Et aussi parce qu’on a clairement une Bardot et une Birkin dans l’équipe ! Après, j’avais aussi donné d’autres pistes que celle de Gainsbourg à Jonathan qui s’est donc inspiré de tout cela pour se les approprier à sa manière et en sortir quelque chose de personnel pour chacun.

Comment s’est passé le travail sur les textes qui sont très sensibles et réels ?
Les textes sont tous écrits par les interprètes à l’exception de Dire presque Rien qui est un poème de Ghérasim Luca, un poète qui s’est tenu entre Olivier, un des participants, et moi-même pendant cette aventure. Et le texte des jeunes filles, je l’ai écrit en pensant à elles et en y glissant une phrase qu’elles disent dans le spectacle et de leur cru ! Jonathan a parfois dû retoucher certaines choses pour des questions de structures même de la chanson dont il était le seul à maitriser la forme, mais sinon chacun a vraiment été libre de ses mots.

Quelle sera la suite de ce disque ?
Certaines chansons sont intégrées à la dernière version du spectacle qui se joue demain 4 février, pour donner un peu de défi au groupe ! Le rêve serait de monter un groupe éphémère avec des musiciens pros motivés pour créer une performance live ! Ce n’est pas impossible je crois !

 

Spectacle le jeudi 4 février – Maison des Confluences (4, place du Muguet Nantais, Nantes, quartier Clos Torreau) – 20h – gratuit

 

Bandcamp FITORIO THÉATRE

Rédactrice en chef de ce site internet, chargée d'info-ressources à Trempo. Passionnée évidemment par la musique, toutes les musiques, mais aussi par la mer et la voile, les chevaux, la cuisine et plein d'autres choses.

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