MIËT : VIVEMENT LE CP !

Sans autre ambition que celle de jouer un maximum, et peu importe où, Miët avance à grands pas. Celle qui s’accompagne de pédales et de sa basse conçoit un univers musical entre post-rock, indus, noise marquée par la tension, saisit, tant sur scène que sur disque, par sa présence, sa force, son intention comme le font Shannon Wright ou PJ Harvey. Elle sera à Stereolux ce soir et ce samedi au Smöll Festival à Clisson. Rencontre avec une fille humble et pleine d’humour. 

Toutes photos : Miët © Harry Hadler

Comment est né ce projet Miët ? Quel est ton parcours ?
Miët est né il y a trois ans, alors que j’étais bassiste dans un autre groupe qui avait du mal à décoller. Je n’avais encore participé qu’à des enregistrement « à la maison » et j’avais vraiment envie de m’essayer au live. En parallèle, j’ai donc commencé à bricoler des morceaux dans mon coin, et une amie qui connaissait mon projet m’a proposé une date pour la fête de la musique. De deux morceaux et demi, j’ai vite du passer à un set un peu plus complet.

Pourquoi ce nom d’ailleurs ?
J’avais envie de jouer sous un autre nom que le mien et j’aimais bien le personnage de Miette dans La Cité des Enfants Perdus de Jeunet et Caro. Après, j’ai préféré l’écrire Miët, Miette étant le titre de la biographie de Loana il me semble, je ne voudrais pas lui faire de la concurrence.

Pourquoi en solo ? Tu pourrais jouer avec d’autres musiciens ? Qui ou qu’est ce qui t’as inspiré cette forme solo basse/boucleurs ?
Quand j’ai commencé à travailler sur Miët, le boucleur m’aidait surtout à composer les morceaux mais de fil en aiguille c’est devenu un instrument à part entière. Au final, je me suis retrouvée seule un peu par hasard mais c’est devenu un défi et j’y ai pris goût. Je n’exclus pas de jouer avec d’autres musiciens, mais en ce qui concerne Miët, je trouve ça plus intéressant de continuer en solo pour l’instant. Pour ce qui est de l’inspiration, la plupart des gens me disait que la formule voix/basse/boucleur ne fonctionnerait pas, alors j’ai continué !

 

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Deux chouettes concerts cette semaine, Stereolux et le Smöll Festival, qu’est ce que cela signifie pour toi qui joues beaucoup en café-concert ?
J’aime beaucoup jouer en café-concert, la proximité avec les gens, la possibilité d’échanger quelques mots après le concert, et même parfois pendant. Souvent pendant. Mais c’est toujours intéressant d’avoir l’occasion de jouer dans de nouveaux lieux, devant un public différent, je me sens très chanceuse de pouvoir faire cette expérience là. Après que ce soit Stereolux, le Smöll ou en café-concert, pour moi l’important c’est de jouer et d’essayer d’y mettre toujours la même énergie, quelque soit l’endroit.

Comment tu considères ta vie de musicienne, l’évolution de ton projet ?
Plus je fais de musique, surtout des concerts, plus je veux en faire. Ça prend de plus en plus de place dans ma vie et je me vois mal arrêter là. J’ai encore beaucoup de choses à expérimenter, que ce soit avec Miët ou dans d’autres projets. En terme de parcours musical je suis encore à la maternelle, et j’ai hâte de rentrer au CP !

Un disque à sortir à la rentrée, enregistrée au studio Corner Box par Olivier Ménard, peux-tu nous en dire plus sur cette expérience de studio et sur le disque à venir ?
C’est la première fois que j’enregistre dans un studio qui n’est pas dans le salon de quelqu’un. C’était une belle expérience pour moi et j’ai hâte de continuer à expérimenter sur de prochains enregistrements. C’est intéressant d’avoir l’apport d’Olivier dans la recherche de sons parce que, comme pour les concerts, les seuls instruments utilisés sont la basse et la voix, et c’est assez technique d’obtenir un résultat varié quand on ne part que de deux sources.  Ce sera un EP 5 titres qui sortira en format CD sur « La Belle Sauvage Records », le label qu’on a monté avec Denis, membre du groupe Jaune Dark. Eux-même vont d’ailleurs sortir un EP sur le label. L’occasion de belles soirées à la rentrée pour fêter tout ça.

 

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Qu’est ce que représente pour toi un disque ?
Pour moi, l’écoute d’un disque est une expérience totalement différente à celle de voir un groupe sur scène. Dans mon cas, je ne trouvais pas que les morceaux tels que je les joue en concert étaient adaptés à un enregistrement. Je suis donc parti sur des arrangements très différents, des choses que je ne pouvais pas forcément faire en live. Je me suis fait plaisir, parce qu’après trois ans à faire des concerts avec Miët, les gens peuvent enfin repartir avec quelque chose à écouter. Il était temps…

Tu écoutes quoi ces temps-ci ?
Je tourne tout le temps en boucle sur les mêmes disques fétiches : Lift Your Skinny Fists Like Antennas to Heaven (j’ai quand même dû vérifier pour le titre exact…) de Godspeed You! Black Emperor, The Shape of Punk to Come de Refused, The Piper at the Gates of Dawn de Pink Floyd, la BO de Fight Club par les Dust Brothers… pour ne citer qu’eux. Mais récemment je suis tombée sur le dernier disque de L’Oeillère, un monsieur qui martyrise sa guitare classique, et c’est très chouette.

Bandcamp MIËT

Rédactrice en chef de ce site internet, chargée d'info-ressources à Trempo. Passionnée évidemment par la musique, toutes les musiques, mais aussi par la mer et la voile, les chevaux, la cuisine et plein d'autres choses.

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