MAUD TRUTET, L’AME SENSIBLE DE MOOD

Lumineuse et affranchie, Maud Trutet trace son chemin et compose pour MOOD une musique aux confins de l’Orient, de la transe et des musiques improvisées. Une liberté qu’on retrouve au cœur de son album « Do om »… un disque inclassable et universel, inspiré de son voyage en Inde. Ce disque sortira le 2 juin prochain.

Crédit-photo : ValK

 

Ta musique est à la fois world, électro, expérimentale et jazz… C’est quoi ce bazar ?

Plutôt que de penser en terme d’étiquette et dans quelle catégorie de musiques je travaille, je préfère laisser parler mon cœur. Je pense avant tout au matériel musical que je vais pouvoir utiliser et à ce qui me touche. C’est tout un cheminement à suivre, avec l’envie de laisser s’exprimer des timbres. Il y a une énergie entre les genres. On a donc essayé de travailler les instruments acoustiques – très présents sur le disque – de manière différente, sans les marquer comme dans une formation jazz, mais de façon à ce que chacun y imprime sa propre identité.

Tu as une tessiture incroyable et tu tentes plein de choses avec la voix, le souffle. Tu as voulu faire un travail vocal particulier pour cet album ?

Non, je ne pense pas avoir cherché à faire un album démonstratif. Je voulais être cohérente et suivre un fil conducteur en réanimant des savoirs vocaux et ancestraux qu’on a oublié. La chanson Er-Emina (NDRL : Réanimer en français miroir) utilise des effets de souffle, elle exprime bien ce que je veux dire.

Tu utilises une technique particulière pour la travailler, tu as suivi des cours ?

Je suis issue d’une famille de musiciens. J’ai débuté le chant très tôt. Commencer comme autodidacte m’a permis d’avoir une personnalité avant d’être formatée. A 18 ans, j’ai fait une fac de musicologie. J’y ai travaillé le chant lyrique comme la variété, les musiques improvisées comme la musique arabo-andalouse ou indienne. En 2013, je suis partie en Inde en voyage d’études mais aussi pour ce disque. Je voulais raccrocher mes connaissances à la source. J’y ai suivi les cours des GUNDECHA BROTHERS, des références du chant Dhrupad, le chant classique d’Inde du Nord. J’ai travaillé avec MEREDITH MONK pour qui j’ai une grande admiration. Ma voix était là, mais il fallait que j’approfondisse, que je façonne ma matière sonore.

Le français miroir se prête incroyablement bien à tes compositions musicales et aux rythmes traditionnels indiens. Comment savais-tu que tout entrerait ainsi en résonance ?

Le français miroir n’a pas de référent géographique et permet à l’auditeur de lâcher prise. Il peut ainsi s’évader et laisser son esprit pénétrer son propre imaginaire. Cela le rend plus créatif, moins passif, même dans l’écoute de la musique. Il peut ainsi aller chercher ses émotions et raconter sa propre histoire. Sinon, le livret de l’album contient la traduction de mes poèmes, pour lire et écouter en même temps.

Tes morceaux évoluent vers la transe et semblent puiser assez loin dans tes émotions. Comment te sens-tu lorsque tu les interprètes ?

Ce sont des moments magiques ! Je me sens libre et entière, comme traversée par quelque chose, une énergie incroyable, une force à diffuser de façons multiples. Je suis comme une antenne. Cet état est devenu vital et c’est pour ça que la scène m’est devenue très chère. Ces moments en public sont totalement sublimés. C’est aussi pour ces moments de grâce que je fais ce métier.

Quels sont tes projets à venir ?

Avec les musiciens, nous allons partir sur les routes pour défendre le disque. Par ici, nous serons le 15 juin au festival « Cultivons la terre et la tête » à la ferme de la Rigaudière à Orvault, un village inécrasable d’artistes au milieu de la zone commerciale. Le 23 juillet, je me produirai à l’Abbaye de Fontevraud, un cadre incroyable, avec le GARDEN TRIO, une formation de cordes. Et nous prévoyons encore beaucoup de choses à la rentrée.

 

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Vidéo live aux Trois Baudets (Paris, 75), feat. Denis Péan, 5 mai 2014

Journaliste Spécialisée dans les musiques actuelles, l'archi et l'urbanisme.

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