ON N’A PAS TOUS LES JOURS…

Voilà qu’on commence à fêter les multiples dizaines de certains structures musicales… Et ouais… Cette année, Oscar Billeterie, Le Chabada et Le Pannonica pour ne citer qu’eux souffleront leurs 20 bougies. Preuve en est que des projets durent, s’ancrent dans nos vies culturelles, abondent nos connaissances et surtout nos plaisirs. Parole à des proches du jazz : artistes, label, média, partenaires. Qu’est ce qu’il en disent du Pannonica ? Et vous, qu’en dites-vous ? Vous pourrez vous en faire une idée, lors de cette fête qui sera à la hauteur de l’attachement de beaucoup d’entre nous au club de jazz nantais ! Trois jours pour fêter l’anniversaire, pour en voir de toutes les couleurs, pour découvrir ou revoir des artistes précieux qui, pour certains, n’ont pas hésité à proposer des créations pour l’occasion. Pannonica, je t’aime !

 

1- Ton lien avec le Pannonica

François Ripoche (musicien Françis et ses peintres) : un lien ouvert lorsque je propose des choses , le groupe Francis et ses peintres s’est créé là-bas en 2008 (co produit avec l’Europa Jazz Festival).

Sébastien Bertho (association La 52è) : un club de jazz où cette musique qui me passionne vit et vit bien. Un lieu dans lequel j’aimerais venir plus souvent.

Jean-Jacques Becam (musicien Western) : en tant que musicien évoluant à la fois dans les esthétiques rock et jazz, j’ai eu l’occasion de jouer à plusieurs reprises au Panno. J’ai également collaboré à de nombreux projets d’actions culturelles via le collectif 1name4acrew : interventions en milieu carcéral, concerts pédagogiques, projets croisés avec les maisons de quartier, tournée d’actions culturelles au Maroc… En tant que spectateur, j’essaie de venir aux concerts le plus souvent.

Frédéric Roy (programmateur Penn Ar Jazz, ancien chargé de production Pannonica) : deux périodes, deux époques. La première, de 1997 à 1999 en tant que responsable du bar, la deuxième de 2005 à 2012 en tant que régisseur et assistant du directeur artistique.

Henri Landré (programmateur radio Jet FM) : j’ai un lien personnel et professionnel avec le Pannonica.

Brigitte Brault (coordinatrice Fip Nantes) : j’ai toujours écouté toutes les musiques avec une préférence pour la pop, le rock et le folk à vivre en live de préférence. A mon arrivée à Fip en 1985, je me suis ouverte à beaucoup d’autres genres musicaux et particulièrement au jazz. Je suis tombée dedans ! Le Pannonica a été une formidable opportunité de vivre de nombreuses émotions musicales en assistant à de nombreux concerts d’artistes reconnus, mais aussi de talents moins médiatiques…De ses artistes que l’on connaît peuvent naitre les moments les plus forts lorsqu’on est embarqué par le jeu , l’écoute, la complicité, l’improvisation entre les musiciens.

Vincent Priou (directeur Trempolino) : sur le plan personnel, j’aime ce club avec cette entrée qui nous emmène à New York : passer le portail, puis l’escalier sombre le long de ce mur avec les échelles métalliques, entendre la musique qui sort de la porte entrebâillée et se retrouver dans ce lieu chaleureux et intime. Mais pour moi qui suis nantais,  j’ai toujours en image, la salle Boris Vian, petit théâtre aux fauteuils de velours rouges.  Sur le plan professionnel, le Pannonica, c’est un partenaire, une équipe avec laquelle on travaille depuis l’ouverture. Francois-Xavier Ruan a été membre du CA de Trempolino, et avec François et Cyril, nous avons monté des stages, des rencontres…

 

2- Les 20 ans du Pannonica, qu’est-ce-que çà t’évoque ?

François Ripoche : que je vieillis (je jouais le jazz à Nantes bien avant que le lieu n’existe …)

Sébastien Bertho : ça m’évoque qu’il a presque mon âge et que je lui souhaite encore une longue et belle vie même dans une période où faire vivre des structures culturelles est de plus en plus difficile. L’actualité de cette musique est d’une incroyable richesse. Des fervents tenants de la tradition aux défricheurs de nouveaux territoires, le jazz se porte bien !

Jean-Jacques Becam : ça me file un coup de vieux. Je me revois encore fouler pour la 1ère fois la scène du Panno, c’était pour les 10 ans du lieu. Je jouais ce soir là en seconde partie de Marc Ducret dans « Fucking fashion », un groupe éphémère composé de Cédric Routier, Maude Trutet, Sylvain Fétis et David Charrier. À l’époque, j’étais très intimidé à l’idée de jouer sur une scène où j’avais vu des artistes jazz de renommée nationale et internationale. J’étais notamment impressionné par ce que proposaient les musiciens du label Yolk.

Frédéric Roy : le travail de plusieurs équipes successives pour faire de ce lieu un des plus remarquable club de jazz en France … au moins ! L’extension permanente des musiciens de jazz nantais et les rapprochements qui en ont découlé ; avec Yolk et 1name 4 a crew pour tête de pont mais aussi une myriade d’autres musiciens. Et le souffle continu …

Henri Landré : que j’ai enregistré la soirée des 5 ans pour Jet. Que le temps passe vite ma pauvre dame!

Brigitte Brault : 20 ans déjà et seulement ! Déjà car 20 ans de vie c’est long, mais cela passe vite…Surtout quand on est dans la découverte et dans la passion. Fip et Le Pannonica ont une connivence évidente depuis 20 ans,sur l’esthétique du jazz. Seulement car le Pannonica est un pilier de la vie culturelle nantaise et on n’imagine pas Nantes sans ce lieu.

Vincent Priou : les 20 ans nous ramène forcément en arrière, l’arrivée à quai de la « Péniche Bleue », et l’ouverture ce premier club emblématique dans les années 90. Puis le capitaine de la Péniche imagine et ouvre avec la ville Le Pannonica.

 

3- La 1ère fois au Pannonica ?

François Ripoche : le jour de l’ouverture : Steve Lacy , fantastique !

Sébastien Bertho : je ne suis pas certain que ce souvenir soit précis mais il me semble que c’était Andy Emler et Thomas de Pourquery en duo. Super concert.

Jean-Jacques Becam : je crois que c’était pour un concert avec Geoffroy Tamisier. C’était en 2001 ou 2002, je venais d’arriver à Nantes.

Frédéric Roy : c’est paradoxal et à la fois assez représentatif de l’idée que je me fais de ce lieu, un concert de Smog et Olympic Gramophone, en 1996, il me semble.

Henri Landré : pour un concert de Steve Grossman (un ex side man de Miles Davis), j’avais gagné la place sur Fip, c’était vers 1995 ?

Brigitte Brault  : d’abord il y a eu La Péniche Bleue et François-Xavier Ruan. Un club de jazz sur l’eau, une proximité avec les musiciens, les premiers rendez-vous hebdomadaires, la naissance d’un public se déplaçant pour des formations peu connues. Puis cette idée géniale de récupérer la salle Boris Vian, au dessous de la Salle Paul- Fort pour en faire un club de jazz au bas d’un escalier et de réussir à convaincre la mairie ! L’ouverture du Pannonica a était un grand moment de joie, celui d’un projet se réalisant. La complicité que Fip avait avec la Péniche Bleue n’a fait que s’amplifier.

Vincent Priou : très bonne question, sans doute à l’ouverture… qui pour quel artiste ??? Je ne sais plus.

 

4- Qu’est-ce-que tu changerais au Pannonica s’il fallait changer une seule chose ?

François Ripoche : les jours d’ouverture, je les voudrais plus nombreux.

Sébastien Bertho :  la place accordée au jazz traditionnel et aux jeunes qui jouent cette musique divinement bien. Vive le bebop !

Jean-Jacques Becam : le système de ventilation.

Frédéric Roy :  les cages qui servent de régie aux techniciens son et lumière. Ce n’est pas possible de bien travailler dans ces conditions.

Henri Landré : les chaises peut-être.

Brigitte Brault : j’ouvrirai encore plus la programmation du Pannonica à d’autres formes de jazz : jazz latino, jazz groove, jazz funk, jazz électro, jazz fusion …

Vincent Priou : que dire… chaque lieu à ses contraintes, qui en font sa richesse. J’aime cette proximité entre les artistes et les publics. Le lien avec la salle Paul Fort est sans doute à améliorer. L’escalier et le large couloir manque de chaleur… (dois je parler du parfum des toilettes ! )

 

5- Qu’est ce que tu garderais s’il fallait garder une seule chose ?

François Ripoche : le fonctionnement de la structure.

Sébastien Bertho : cette capacité à nous faire découvrir des talents quasi inconnus dans des esthétique parfois un peu folle. Ce qui n’est évidement pas antinomique avec le point n°5…

Jean-Jacques Becam :  la jauge  qui est de 200 places debout, 80-100 places assises. C’est parfait, ça donne une proximité entre les artistes et le public.

Frédéric Roy : je garderai l’ambiance les soirs de concert, la proximité avec le public, le rapport scène/salle inégalé, les escaliers, la présence du bar dans la salle, la possibilité d’organiser des concerts avec une plus grande capacité à Paul Fort.

Henri Landré : l’acoustique

Brigitte Brault : l’exigence, le mélange de découvertes et de valeurs sures.

Vincent Priou : ce grand bar intime où on arrive toujours à être servi rapidement.  La scène, même si elle peut-être un casse tête pour certaine formation (en fait tout!). La programmation qui explore la scène contemporaine de jazz.

 

6- Ton meilleur souvenir au Panno?

François Ripoche : en tant que musicien concert  en trio avec John Betch et Stephane Persiani, et les soirées Blue note groove !

 Sébastien Bertho : difficile à dire, je pense que je dirais le trio Fly, Mark Turner, Lary Grenadier, Jeff Ballard.

Jean-Jacques Becam :  en tant que spectateur, je pense au concert du trio lyonnais « Lunatic Toys » la saison dernière. Il n’y avait pas grand monde ce soir là, et je me rappelle même que des spectateurs ont quitté la salle au bout de deux morceaux. Mais les gens qui sont restés ont visiblement apprécié. Pour ma part, j’ai complétement adhéré à leur proposition artistique à la frontière de la pop, du rock et des musiques improvisées. Il y a peu de lieux en France où l’on peut voir ce genre de groupes. En tant qu’artiste, je pense à la sortie de l’album de Western trio « À l’ouest de nulle part » en 2011 avec Erik Truffaz en invité. C’était la soirée de clôture de saison et l’été pointait son nez. La salle était pleine et le public hyper réceptif. Après le concert, on a fini bien tard à danser et à trainer au bar avec une partie de l’équipe du Panno.

Frédéric Roy : un seul ? Vraiment ? Limousine et leurs instruments à l’arrière de ma Clio, la curiosité d’un spectateur fan de hip hop pour une soirée intitulée « turntable titan tour » dans laquelle on retrouvait entre autres Erik M (il n’a pas entendu de hip hop mais il a vu un super concert bruitiste), le concert du quintet de Marc Ducret, le concert de Pierre Bastien, une after de soirée SOY.

Henri Landré : Denis Colin trio en acoustique totale avec un paravent, Cooper Moore ensemble pendant Fin de Siècle New York, le premier concert d’Ambitronix et plus récemment et personnel (et professionnel) d’avoir mis ensemble sur scène Rachel Grimes, Luc Rambo & Astrïd pour les 25 ans de Jet.

Brigitte Brault : il n’y a pas un mais des meilleurs souvenirs .Je ne citerai pas le nom de musiciens de peur d’en oublier… Je dirai « Les Nuits cuivrées » pendant lesquelles les musiciens jouaient toute la nuit jusqu’au petit matin pour déambuler à travers le marché de Talensac à l’ouverture des échoppes..Des moments incroyables, des souvenirs magiques. Merci à l’équipe du Pannonica.

Vincent Priou : plusieurs souvenirs de musique… pour rester sur les relations avec Trempo, les stages avec Marc Ducret, Julien Loureau, Jean-Luc Cappozzo…, une véritable interface avec les jeunes générations de musiciens nantais (Cyril Trochu, Geoffroy Tamisier, Alban Darche, Sébastien Boisseau..). Le stage improbable avec Bernard Lubat, donc le contenu mélangeait coupe du monde et musique… La création du CRDJ, un projet régional très pertinent.

 

 

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Rédactrice en chef de ce site internet, chargée d'info-ressources à Trempo. Passionnée évidemment par la musique, toutes les musiques, mais aussi par la mer et la voile, les chevaux, la cuisine et plein d'autres choses.

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