PIOCHE : COLLECTIF ET COLLABORATIF

Pioche a ouvert ses portes il y a quinze jours à Nantes. Pensé comme un bar à jeux inspiré du concept d' »escape game« , Pioche se veut aussi un lieu de vie, et un lieu qui proposera différentes formes d’art avec parfois, une entrée « jeu ». Guillaume et Tristan nous présentent le concept « Pioche ».

Toutes photos © Hélène Renaud



Comment s’est monté ce bar, quelle était l’idée de départ ?
Guillaume : C’est Tristan qui est à l’origine du projet.
Tristan : Après avoir joué à un escape game, l’idée m’est venue de proposer ce genre de concept, mais avec deux postulats. On ressort de genre d’expérience de jeu de telle sorte qu’on a envie de la partager,  et les escape game ne proposent pas de lieu de vie. Et puis, on ne peut pas refaire deux fois le même jeu dans ces espaces. Or, on doit pouvoir refaire un jeu avec des gens différents, et proposer un concept plus ouvert. Ma mère m’a poussé à monter le truc, je venais d’obtenir ma thèse, je cherchais ce que j’allais faire. Partant un peu de ces constats, 18 mois de réflexion m’ont amené à ce projet.

Aviez-vous ciblé le quartier ?
G : On avait des contraintes. La superficie, il nous fallait au moins 200m2 pour proposer quatre à cinq salles de jeu, et puis être dans le centre-ville. Ici, on a plus de 200m2, il s’agissait avant de bureaux.
T : c’est un peu un lieu de passage, le jeu dure en général 15 minutes, alors on peut passer ici avant d’aller au resto ou au ciné, et ne pas venir pour y rester la soirée entière. On souhaitait vraiment ne pas être à plus de 15 minutes à pied de Bouffay.

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Vous êtes associés à 3, est-ce risqué de monter un bar ?
T : C’est une grosse prise de risque, mais quand on y croit, c’est moins risqué. Peu de banques prêtent de l’argent, beaucoup de commerces se cassent la figure, le climat n’est pas très favorable. Mais il n’y a pas de concurrence directe, nous sommes un peu les seuls à proposer ce concept. Il y a concurrence si l’on pense « bar », et la première concurrence, ce sont les gens qui restent chez eux. On se trouve à Talensac, ce n’est pas le quartier Bouffay. Mais je crois que le concept est en adéquation avec ce que recherchent les gens, des jeux collectif, collaboratifs, sans trop de notion de compétition ou de score, comme pour les laser games par exemple.
G : On ne défend pas la compétition, mais bien la notion de collectif, de jeu ensemble, d’équipe avec des gens forts, d’autres moins, sans compétence particulière. Ce sont des jeux collectifs, de 3 à 6 joueurs, pensés pour être accessibles à toute personne y compris en situation de handicap.

Pour en venir à la musique, y-a-t-il une musique qui se marie bien au jeu ?
G : Nous avons prévu de la diffusion dans les salles, une musique plutôt d’ambiance. Dans le lieu de vie, le bar, c’est un endroit où les gens viennent aussi boire un verre. Le bar est grand, la déco a été faite par nous même avec beaucoup de choses de récup’. On a plein d’envies pour faire vivre ce lieu, des soirées thématiques comme des lectures, des jeux d’écriture, de la poésie, et de la musique, pourquoi pas du jeu autour de la musique, comme des blind-test mais élaborés et marrants. J’ai la chance de connaître beaucoup de gens dans le milieu musical, des gens comme Thierry Bonnet par exemple. On va proposer des concerts, des sets DJ’s.

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Vous avez déjà) des choses calées ?
G : On a fait un DJ set dimanche midi, c’était super. Le marché de Talensac nous amène évidemment un public, un public très large, et cet horaire pour proposer de la musique live est excellent. Ca brasse beaucoup de monde. L’an prochain, je pense qu’on accueillera des concerts dans le cadre de Soy, et des Nuits Sequines, ce sont des copains.

Cette musique d’ambiance dont tu parles, dans quel(s) styles vas-tu piocher ?
G : On passe les groupes qu’on aime bien, du rock indé, de la chanson, Amalia Rodrigues. Pour les concerts, ce sera majoritairement du rock indé, mais on est prêts à bosser avec le Pannonica et accueillir du jazz, la Folle Journée. On reste ouverts, on aime les trucs qui passent sur Prun’ et Jet. Les choses vont se construire à partir des gens qu’on aime bien, Thierry Bonnet, Chilly Jay, Jocelyn de Prun’. Et encore une fois, le concept du dimanche midi est pour nous un truc à creuser. Peut-être laisser des platines à disposition et laisser les gens s’improviser DJ d’un midi ou d’un soir. Tout reste à faire.

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Rédactrice en chef de ce site internet, chargée d'info-ressources à Trempo. Passionnée évidemment par la musique, toutes les musiques, mais aussi par la mer et la voile, les chevaux, la cuisine et plein d'autres choses.

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