Plein feu sur les collectifs

Dès ce soir démarre une série de carambolages à Nantes et ce jusqu’à samedi inclus. Un traffic musical hors-norme qui met en avant des collectifs de musiciens venant de Lyon, Lille, Tours, Rouen, Paris et Nantes. Collision collective, appellation pour ce rendez-vous qui se décline dans les cinq villes précitées, mettra en avant des groupes de ces collectifs au travers de concerts au Pannonica, à la Dynamo ou encore aux Ateliers de Bitche. Pour compléter ces propositions artistiques, des conférences au Pôle Etudiant, au Conservatoire et à Trempolino, verront musiciens, associations et qui veut discuter et débattre de cette notion de collectif, mettant ainsi en exergue des nouvelles manières de faire pour contrer les difficultés du secteur musical. Rencontre avec Xavier, Jérémy, David et Manu du 1name4acrew, les pilotes nantais.

 

Vous co-produisez ce festival ou évènement avec le Pannonica, pourquoi ?
Comme pour les 5 rendez vous de « Collision collective » en France, chaque collectif s’est associé à une salle de diffusion, et c’était naturel pour nous de co-produire ce festival avec NANTES JAZZ ACTION (association qui gère le Pannonica). Car c’est une des rares Smac orientée jazz et musiques improvisées de France. Nous entretenons de bonnes relations avec toute l’équipe. Le Pannonica est, depuis plusieurs années, un partenaire qui soutient nos projets et qui les diffusent (Création 1band 2.0 co-produite par Nantes Jazz Action, projet d’actions culturelles etc.).

Comment les 5 collectifs des 5 villes se sont-ils rencontrés ? Et comment est née l’idée de porter ensemble ce festival ?
Le point de départ est la tournée Jazz migration de Sidony Box en 2011, au cours de laquelle on a pu rencontrer notamment les amis de Coax et du Grolektif. Nous avons lancé ensuite des échanges Inter-collectifs. A force de se voir et de discuter, tout ça nous a conduit à une réunion à Paris au cours de laquelle nous avons échangé sur les fonctionnements et problématiques de chacun de nos collectifs. Nous avons pu par exemple profiter de l’expérience de Muzzix, collectif lillois qui existe depuis quelques temps et qui a déjà un parcours important. Nous n’avons rien décidé à cette réunion, mais l’idée d’un festival émergeait au travers des discussions. Ce n’est qu’une année plus tard qu’on a lancé l’idée de Collision Collective, nous avions besoin de temps pour mûrir ce projet, et vous imaginez bien qu’une discussion à plusieurs collectifs peux prendre du temps ! Une chose importante à noter, c’est que bien que Collision Collective se soit axé sur 5 collectifs ; il ne représente en rien la totalité des collectifs en France qui sont très nombreux et souvent très actifs. On a dû cloisonner l’événement à 5 collectifs par souci d’organisation et afin d’avoir le meilleur focus possible.

Quels seraient les points communs et les différences entre les 5 collectifs présentés ce WE ?
Chaque collectif est différent de par son histoire et les individualités qui les composent. Notre collectif s’est créé autour de 9 musiciens et d’une dessinatrice. Ce n’est pas le cas partout. De plus, nous ne sommes ni un label ni une salle de diffusion, le Grolektif à Lyon est lui très lié au Périscope (salle de diffusion) dont il est l’un des membres fondateur. Nous nous retrouvons par contre autour de nombreux points communs et valeurs communes, nous voulons défendre une nouvelle musique, affranchie des frontières esthétiques, nous revendiquons de nouveaux moyens de diffusion et de distribution en marge de l’industrie musicale.

Vous dites défendre « une nouvelle musique, affranchie des frontières esthétiques ». Peux-tu nous en dire plus ?
Le collectif 1name4acrew et les autres collectifs qui se sont regroupés pour créer « Collision Collective » ne sont pas uniquement des regroupements d’artistes autour du jazz et des musiques improvisées. Nos esthétiques brassent plus large, musicalement parlant. Nous sommes le reflets de nos générations et de ce que nous écoutons.

Crois-tu que la notion de collectif soit plus importante dans les musiques improvisées/jazz ?
Oui et non. De plus en plus de musiciens se regroupent en collectifs : c’est une forme d’organisation qui n’est pas nouvelle mais qui devient de plus en plus importante dans la musique ces dernières années. Ce mouvement s’est accéléré avec la mutation de la filière musicale, et c’est le cas dans toutes les esthétiques musicales et pas uniquement dans le jazz et les musiques improvisées. En outre d’autres pratiques artistiques se regroupent en collectifs. On peut citer le Chakipu (dessin) et Bellavieza (Photo), à Nantes, ou encore à Rouen les Vibrants défricheurs qui sont associés à un collectif de plasticiens. Mais en effet, de par la spécificité des « projets » et des rencontres dans les musiques improvisées, on a tendance à trouver un peu plus de collectifs dans ces esthétiques musicales.

Comment avez-vous choisi les groupes (issus chacun des différents collectifs) programmés ?
Chaque collectif qui organise son « round » de collision collective est libre de ses choix et de sa programmation. L’idée sur l’ensemble des collisions collectives était de faire jouer un maximum de groupes différents. A Nantes, après avoir définit quelques critères avec Nantes Jazz Action (Le Pannonica), chaque collectif nous a  proposé un ou des projets.

Collision collective se décline dans les 5 villes des 5 collectifs. Les propositions sont-elles identiques ?
Chaque proposition est différente dans le contenu mais dans la forme nous avons tous fait une sorte de festival sur 2 à 5 jours avec des concerts mais aussi des rencontres et des débats. A Nantes, nous avons beaucoup de partenaires : la Ville de Nantes, Nantes Jazz Action, Trempolino, Le Conservatoire, le Dynamo, le Pôle, l’université, Culture Bar-Bars, Citizen Jazz. Ils nous offrent un soutien financier ou logistique. Ce n’est pas le cas dans toutes les autres villes, problème de financement, de salle.

Qu’attendez-vous concrètement de ce projet ?
C’est pour nous une étape importante. Cela fait plusieurs années que nous faisons des échanges avec différents collectifs, c’est l’occasion de formaliser tout ça. L’idée était de mettre un « coup de projecteur » sur nos collectifs. C’est aussi une revendication sur la place des musiciens dans la vie publique mais aussi plus précisément dans la filière musicale, et ainsi permettre au public de découvrir des propositions musicales mais aussi une nouvelle forme d’organisation dans la création, le partage et l’échange.

 

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Aller sur le site de Collision Collective

Rédactrice en chef de ce site internet, chargée d'info-ressources à Trempo. Passionnée évidemment par la musique, toutes les musiques, mais aussi par la mer et la voile, les chevaux, la cuisine et plein d'autres choses.

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