Rimo – Des cris sur les murs

C’est étonnant de constater avec quel groove et quelle pêche Rimo pose un regard mélancolique sur les traces du temps qui passe. Si l’on se contentait d’une écoute distraite de ce nouvel album, on y entendrait un son rond, souvent acoustique et plein de trouvailles sonores. Pourtant, dès qu’on tend l’oreille, les textes laissent sourdre une mélancolie discrète, sobre, mais où les blessures du temps qui passe – et tourne les pages – laissent des traces. Il n’y a pas que de la nostalgie, sentiment si « chansonnier », dans cet album où l’on sent les ombres tutélaires d’Alain Souchon ou de JP Nataf, comme des grands frères en ironie du sort. Une lueur d’espoir brille tout de même dans « le Bateau qui prie le vent » quand Rimo, l’artisan sensible et discret, veut faire voler les frontières pour ceux qui cherchent un refuge de notre côté de la mer. Ce n’est que sur les deux derniers titres que l’auditeur est convié à un sourire d’autodérision qui rafraichi l’atmosphère.

Le son est un atout majeur de cet album judicieusement réalisé par Ben Gautier. Rimo est un musicien qui a trouvé les partenaires parfaits pour faire sonner ses mots. Entre le solide et subtil duo rythmique formé par Nathan Dalerac à la batterie et Stéphane Rousseau à la contrebasse et la voix et les guitares de Rimo se glissent toutes sortes d’autres timbres. Un banjo colore finement plusieurs plages, des orgues et pianos filent des sons country, et le duo violon-violoncelle forme un écrin sublime à l’émouvant « Rendez-vous pour un adieu ». Jusqu’au vieux comparse Bruno Rouillé qui vient déposer la plainte de son harmonica sur « Des cris sur les murs ».

Si personne n’ignore la pression que représente la sortie d’un second album, tout le monde pourra saluer ici la confirmation d’un artiste élégant et attachant.

cover rimo

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musicien, passeur et acteur associatif.

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