ROTTERS DAMN, UNE IMAGERIE POÉTIQUE

Rotters Damn, comme bon nombre de groupes, sort un clip peu de temps après avoir sorti un disque. Ce dit-album qui a particulièrement retenu notre attention, se voit donc illustré en images sur le titre We won’t fall de bien belle façon. Bon, un clip ? Pour raconter quoi ? Mettre qui en scène ? Communiquer ? Donner à voir quelque chose de précis ? … autant de questions qu’on peut se poser quand on le découvre ou plutôt quand on le re-(re) (re) regarde… On les a posées à Timothée Gigan Sanchez, chanteur de Rotters Damn… 


Toutes photos (issues du tournage du clip) : DR






Comment s’est imaginé le clip ?
Quand on était en studio, en septembre 2016, on a commencé à parler clip. On a commencé à regarder des vidéos qui nous plaisaient, à cérébraliser toutes les idées qu’on avait en tête, parce qu’on voulait un premier clip scénarisé. Le morceau We Won’t Fall s’est vite imposé, à nos yeux. Et le scénario original est arrivé, vers novembre. C’est Corentin [Giret] (batteur du groupe NDLR) et sa sœur Chloé qui l’ont pensé. Et puis, j’avais rencontré, au festival Les 3 Éléphants, en 2015, Morgane Moal et Jules Marquis. On avait bien sympathisé, fin de soirée aidante… (rires) On est restés en contact. J’ai pensé à eux car leur travail est de grande qualité. Ils ont été tenté, ont repris le scénario et envisagé la réalisation. Ça s’est fait assez naturellement, en fait.

 

 

Qui sont les acteurs ?
Des artistes qu’on connaissait, par Sébastien Gourdier (ingé-son du groupe NDLR). Il faut avouer qu’on a cherché, via annonces. Mais c’était compliqué, autant financièrement que logistiquement. Alors, Lise Moulin et Vincent Ruche, les adultes – qui forment Bretelle & Garance, un duo musique-théâtre -, se sont imposés assez naturellement. Ils viennent de Laval. Et nous plaisaient bien, humainement et professionnellement. C’est leur fille, Juliette, qui a pris le rôle de la petite fille, ça semblait logique et ça l’a vraiment fait, dès le début. Et puis, Vadim Monot-Kuehn, un copain de Juliette. Lui a fait l’effort de venir de Paris, sous la bienveillance de ses parents hyper motivés. Vraiment, ces acteurs, ils sont tombés à pic. Et ont été supers, dès le début.

 

« Il a fallu en faire des recherches, des marches improvisées, des après-midis champêtres obligées… »

 

Où le clip est-il tourné ?
En Mayenne, en son sud. C’était une volonté, de prouver par l’image que ce coin regorge d’endroits magnifiques. Et ça a été toute une histoire. Il nous fallait une forêt, un bois, mais la grande majorité est privée. Et les propriétaires ferment souvent leur porte quand on évoque la musique. Il a fallu en faire des recherches, des marches improvisées, des après-midis champêtres obligées, dans tout le département.
Puis, je suis tombé sur Daniel Bellanger. Lui possède une bois, à Loigné-sur-Mayenne, à deux kilomètres de notre lieu de répétition. C’était fou d’avoir fait tant de kilomètres pour trouver la solution au point de départ. Bref, c’est dans ce bois qu’a été tournée la plupart des plans. Lui nous a ouvert grand les bras.

 

 

Le château-d’eau, au milieu d’un champ, c’est à Marigné-Peuton, au château des De Bréon. Pareil : de chouettes personnes qui ont laissé quatorze individus peu identifiés entrer dans leur domaine, en toute confiance. Enfin, il y a eu Ballots, pour les scènes de la cabane au milieu d’un jeune bois. Le lieu appartient aux parents d’une amie, le site idéal ! De fait, j’ai vraiment galéré pour trouver les lieux adéquats, dans le sud-Mayenne qui est le nôtre mais, au final, ça m’a permis de rencontrer des gens à l’écoute, prêts à accorder leur soutien. C’est rassurant de se dire qu’il en existe encore !

 

« La musique, elle émane déjà de nous. Pas besoin de coller nos tronches en plus, y a déjà la scène pour ça »

 

Pourquoi n’apparaissez-vous jamais à l’écran ?
Volonté du groupe. On avait déjà fait un clip live (Fight & Prayers, 2014), avec les copains de La Lune Record. On avait aussi deux autres captations live (Kora Boy, 2013 et 2015). On va avoir une autre vidéo, cet été, avec Laval Tropical. Là, on voulait quelque chose de scénarisé. Une vraie histoire, ouverte, qui donne à voir, à penser, à s’évader. Pour nous, il fallait qu’elle soit contée par d’autres que nous. La musique, elle émane déjà de nous. Pas besoin de coller nos tronches en plus, y a déjà la scène pour ça… Puis, c’est quand même un grand kif de voir des acteurs jouer sur notre musique. Un grand kif de voir une histoire se jouer dessus. Un vrai plaisir.

 

 

« Qu’est-ce que vous avez compris ? La vraie question, elle est là, et c’est ça qui est beau »

 

Qu’est ce que vous avez voulu raconter ?
Qu’est-ce que vous avez compris ? La vraie question, elle est là, et c’est ça qui est beau.
Mais s’il faut vraiment y répondre, ce qu’on a voulu raconter, en gros, c’est qu’on est plus forts à deux, à plusieurs, que seul. « Nous ne tomberons pas », dit la chanson. Le « Nous » est important, ici.
Pour le reste, on a laissé grand place à l’imagination de Morgane et Jules pour inventer un scénario, une interprétation, qui pose une histoire sans l’imposer. Chacun se fera son idée. Et c’est ça qui est cool !

 

Quelle image peut-il (le clip) selon toi vous donner ?
Techniquement, on voulait un « vrai » clip, pro, bien réalisé, chiadé. Il l’est. Il peut aussi montrer qu’on a avancés, vraiment, autant musicalement, artistiquement que structurellement. On a su se donner la possibilité de disposer d’un vrai support vidéo digne de ce nom. On a su s’entourer des bonnes personnes, au moment T, à l’écoute et impliquées. Il peut donner l’image d’un groupe qui sait où il va.

 

 

Que raconterait un 2è clip possible pour vous ?
Oh, pleins de choses. Mais digérons celui-là, portons-le, qu’il vive sa vie sur les ondes virtuelles. L’autre attendra. Ou pas.

 

« On vient d’un Pays, comme disent les anciens, rural, boisé et naturel (…) Quoi de mieux que le côté nature, pour ça »

 

Throw me off the bridge avait un peu ce côté nature dans leur clip aussi, est-ce que c’est un peu la marque de fabrique des groupes plutôt rock/pop/folk de Laval ?
Que voulez-vous ? On est Mayennais, aussi. On vient d’un Pays, comme disent les anciens, rural, boisé et naturel. Puis, notre musique peut porter à l’évasion. Quoi de mieux que le côté nature, pour ça ? En plus, Throw Me, c’est un copain. Alors, qu’on soit comparés, on accepte volontiers. De là à dire que c’est une marque de fabrique, je ne sais pas. Pour We won’t fall, il le fallait, c’est tout. Manque plus que les copains d’Archimède se baladent en poneys dans un bois, dans leur prochain clip, et on va finir fichés !

Rédactrice en chef de ce site internet, chargée d'info-ressources à Trempo. Passionnée évidemment par la musique, toutes les musiques, mais aussi par la mer et la voile, les chevaux, la cuisine et plein d'autres choses.

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