Scopitone: Ciné-Concert « My Childhood » par Station to Station

 A l’origine, STATION TO STATION synthétise la froideur robotique de Kraftwerk, les guitares tendues de Wire et la sournoiserie pop de Gary Numan.

Pour ce ciné-concert, le duo nous dévoilera une facette plus atmosphérique, ouverte sur la contemplation du quotidien inspirée par le film autobiographique de Bill Douglas « My Childhood » datant de 1972. Boîtes à rythme, synthés analogiques et guitares réverbérées accompagnent un univers d’un noir et blanc charbonneux, agrémenté de paysages implacables, dérangé par peu de paroles et éclairé par le seul sourire de sa grand-mère.

On pense à Labradford, Slowdive ou encore aux travaux ambient d’Aphex Twin… Julien, du groupe, nous en dit plus sur ce projet de ciné-concert.

Comment est venu ce projet de ciné-concert ?

Nous avons débuté il y a environ 2 ans le projet « Station to Station ». L’hiver dernier, nous avions fait part au Cinématographe de notre volonté de refaire un ciné-concert sur un moyen métrage d’une durée de 45mn dans l’idéal.

En aviez-vous déjà fait auparavant ?

Jf avait déjà effectué un ciné concert lors de Scopitone 2013 avec son projet précédent, « Pillow Pilots ».

Comment ça se travaille, se répète ? Répétez-vous toujours en synchronisation sur le film ? Vous l’avez-vu combien de fois ? Est-ce un travail difficile ?

D’abord, il faut comprendre le rythme du film pour pouvoir le séquencer et décider de la longueur des morceaux ou évènements auditifs. Dès le début, nous avons travaillé en synchro sur le film en développant, d’abord à partir d’improvisations, des morceaux et séquences. Le film étant plutôt sur un rythme lent et contemplatif, la tâche a été assez simple. Les interventions sonores doivent rester fluides sans prendre le dessus sur les images. Il faut également penser à ne pas lasser l’auditeur et laisser des pauses les quelques dialogue et scènes « clés » du film. Je ne sais pas combien de fois nous avons regardé le film, mais nos répétitions consistent clairement à regarder et jouer en boucle le film dans le noir pour se mettre en conditions.

 Connaissiez-vous le travail de Bill Douglas? (le réalisateur du film)

La trilogie de Bill Douglas (les 3 seuls films qu’il ait réalisés sur sa propre vie) nous étaient inconnus avant que le Cinématographe ne nous le propose.

 

 

 Comment appréhende-t-on une musique qui n’existe pas pour un film ?

 « My Childhood » est quasiment un film muet. Le film est basé sur un mélange de séquences lentes en noir et blanc où des scènes visuelles très explicites remplacent tout dialogue. L’auteur a tourné son film plutôt comme une série de souvenirs qui se lient d’eux-mêmes et ne nécessitent pas d’être expliquées.

Allez-vous être amené à rejouer ce projet?

 Après ce concert, nous allons chercher à rejouer en salles ce projet qui fut très intéressant à créer musicalement.

 Avez-vous d’autres projets pour Station to Station? 

 Nous avions fait une tournée en France et enregistré quelques morceaux il y a plus d’un an. A la base le projet ‘Station to Station’ devait devenir l’alliance de nos 2 groupes respectifs de l’époque : Pillow Pilots pour Jf, Etiquette pour moi-même. Finalement, il s’agit plutôt d’un projet nouveau où la composition à 2 deviendra aussi importante que nos compositions respectives (nous écrivions et chantions tous les 2 nos compositions par le passé sous forme de duos ou trios). Nous allons travailler sur de nouvelles compositions, les enregistrer « maison » et chercher à diffuser notre musique.

 

Le ciné-concert se déroule au Cinématographe, samedi 20 septembre à 19h.

Ecoutez le Bandcamp de Station to Station

Chloé Nataf, chargée de développement des musiques enregistrées. Spécialisée dans la distribution, commercialisation et le numérique. Passionnée par les changements du numérique sur notre société. Adore les pêches à la ligne, les vinyles, les bondieuseries, le kitsch. A ces heures perdues, le jour elle brode, la nuit elle mixe.

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