UN SINGE EN ÉTÉ : LE PUBLIC AU CENTRE

La ville de Mayenne en Mayenne se voit pourvu d’un festival qui fait durer le plaisir, c’est le moins qu’on puisse dire. Du 10 juin au 31 août, pas moins de 30 artistes musicaux ou arts de rue viennent former l’esprit d’un festival atypique qui mise sur l’émergence, les coups de coeur, le lien avec le territoire, un festival citoyen en somme. Rencontre avec Laure, coordinatrice et programmatrice…

Photo bandeau : The Animen (en concert le 24 juin) – Julien Depreux

 

 

Pourquoi ce nom « Un singe en été » ?
Il s’agit d’un clin d’œil à Un singe en hiver ! L’auteur Antoine Blondin s’est inspiré du Grand Hôtel de Mayenne et de son gérant pour écrire Un singe en hiver adapté ensuite à l’écran par Henri Verneuil.

 

Quelle serait la ligne artistique du festival ?
Arts de rue et musiques actuelles avec une forte mise en avant des compagnies et des groupes émergents. Nos choix se font avant tout au coup de cœur. Nous aimons aussi questionner la place du spectateur, des habitants et du territoire …. Par exemple cette année, la Cie La Hurlante avec Regard en biais fait un appel à la participation d’habitants et sera présente six jours sur le territoire pour travailler avec les participants de la déambulation. Une création va être proposée par un conteur sur la base de témoignage de collectionneurs mayennais, ces témoignages ayant été initialement collectés pour une création sonore… Et nous avons de nombreux partenariats avec des structures culturelles, sociales… du territoire. Vous l’aurez compris, nous aimons bien quand les choses s’entremêlent et se répondent.

 


La Hurlante – Pancho

 

Pourquoi avoir 3 temps distincts (10 juin, 24 et 25 juin + 4 soirées sur l’été) ?
Il y a quelques années, la collectivité nous a confié l’organisation d’une saison de concerts estivale « L’été des 6 jeudis ». Nous avions donc deux temps : les Arts’Borescences, le dernier we de juin et l’été des 6 jeudis. En 2015, pour des raisons budgétaires, nous avons réduit la saison estivale et ce fut l’occasion de communiquer un seul nom réunissant les deux évènements. L’an passé, la médiathèque nous a proposé de nous associer pour l’organisation de siestes musicales. Ça scindait un peu plus les différents temps, mais nous avons été séduits par le format de concerts en journée. Cela fait écho à la précédente réponse, mais là encore, ce projet nous propose de questionner le rapport au public (jouer avec le dedans/ dehors, diffusion en journée, plus en proximité..), et nous permet de proposer des esthétiques musicales moins présentes sur le reste de la saison.

 

Comme pour le festival des 3 Elephants, vous mêlez allègrement musique et arts de rue, pourquoi et selon toi quels sont les points communs de ces deux formes artistiques ?
C’est un sujet de mémoire qui serait bien intéressant à traiter ! À première vue, je dirais un lien à la contre-culture. Les deux disciplines (musiques actuelles et arts de rue) sont nées de l’envie d’interroger leurs disciplines et de proposer d’autres cadres de création et de diffusion. Les deux disciplines ont d’ailleurs eu une reconnaissance tardive de la part du Ministère. Tout dépend bien sûr des groupes et des compagnies, mais je pense que pour beaucoup la question de l’adresse au public est aussi centrale. Ce souhait d’entretenir un lien direct, voire d’interagir avec le public pendant la représentation. En tout cas, ce sont des esthétiques qui m’intéressent et que j’ai envie de croiser. Cela a pu se faire par exemple l’an passé avec le collectif protocole qui a travaillé avec des batteurs amateurs. Je pense qu’il y a pas mal de choses à inventer.

 


Ropoporose – Ben Pi

 

Il y a aussi un fort volet d’action culturelle, comment faites-vous vos choix sur les « bénéficiaires » de ces actions culturelles (lycée, pavillon santé, centre de prévention) et comment choisissiez vous les contenus et ceux qui les portent (les artistes) ?
Nous travaillons chaque année avec de nouveaux partenaires. L’objectif initial est de collaborer sur les projets qui ont un sens pour chacun d’eux en fonction de leurs propres problématiques. Nous nous efforçons à chaque fois de donner une résonance à ces projets lors du festival. Cette année, Les Gordon est venu, il y a quelques mois, proposer une initiation à la MAO à des enfants d’un centre de loisirs et revient pour le festival proposer un ciné-concert lors de l’après-midi jeune public ; les patients des pavillons du centre hospitalier exposeront leurs créations en rapport avec notre thématique annuelle, la cité imaginaire, durant tout le week-end … Nous sommes très proches des enseignants, des soignants, des animateurs sociaux avec qui nous travaillons et cette relation de confiance nous permet de créer des projets parfois audacieux, par exemple « Laissez infusez » sur le volet restauration pour 2017.
Nous développons tout autant notre attrait pour la pratique artistique, que pour le lien qu’un événement, comme celui-ci, permet de créer sur un territoire, l’intégration par le bénévolat. Cet axe est un levier de découverte culturelle très fort et que nous travaillons chaque jour.

 


Les Gordon – Maïwenn Nicolas

 

C’est la 3è édition, comment voyez-vous à terme le développement du festival ?
Le festival a connu des évolutions douces et continues, avec de nouveaux formats (les siestes musicales par exemple), de nouveaux copains de projets…. Le mouvement et les expérimentations font partie de l’ADN du festival. Le contexte actuel, notamment financier, oblige à se questionner sur nos pratiques, c’est l’occasion de s’en saisir.

 

Un mot sur la ville de Mayenne.
Nous avons la chance d’avoir une collectivité qui nous a soutenus depuis début et d’avoir de nombreux partenaires qui sont venus nous rejoindre dans l’aventure. C’est une vraie chance pour nous d’avoir des partenaires motivés. Nombre de projets n’auraient pas pu se faire sans eux.

 

Site Un singe en été

 

Rédactrice en chef de ce site internet, chargée d'info-ressources à Trempo. Passionnée évidemment par la musique, toutes les musiques, mais aussi par la mer et la voile, les chevaux, la cuisine et plein d'autres choses.

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