SOY-EZ au Rendez-Vous !

Aujourd’hui commence Soy, un événement musical qui a su asseoir sa renommée au fil des ans. Cette année, la programmation est encore une fois riche en découvertes musicales… l’occasion pour nous de rencontrer Pierre Templé, l’un des programmateurs du festival, et de parler de la création de Soy, de son fonctionnement, de sa programmation…

Vous avez créé Soy il y a 12 ans. Quelles ont été les motivations/envies premières à la création du festival ?
L’asso Yamoy existait depuis 2000, et on avait envie depuis pas mal de temps de créer un événement un peu plus gros. Il se trouve qu’à ce moment là, on nous a proposé de faire jouer les groupes Why? et Matt Elliott, deux groupes/artistes qu’on adorait. Comme on dit, c’est l’occasion qui fait le larron. Alors on s’est lancé et on a organisé un festival sur 2 jours. Au fil des ans, le festival a pris de l’ampleur, on a dès la deuxième année, décidé de créer un parcours dans Nantes.

La notion de parcours est importante ?
Oui, c’est important. On a voulu se cantonner au centre de Nantes, même s’il y a des lieux sympas en périphérie. L’idée c’est que les spectateurs puissent se déplacer à pied, en vélo ou en tram entre chaque concert. En périphérie de Nantes, ça serait impossible. L’envie première c’est de faire découvrir des lieux aux Nantais en adéquation avec les artistes qu’on programme.

Est-ce que du coup, vous captez un autre public que celui de Yamoy ?
Disons que tous les concerts organisés en après-midi ou au moment de l’apéro (par exemple à la Maison de l’Erdre ou au Passage Ste Croix), sont gratuits. A la Maison de l’Erdre notamment, c’est assez drôle car il y a souvent beaucoup de familles qui se baladent et qui tombent sur le concert d’un artiste que nous on adore. Mais eux, ne savent pas du tout que le concert est organisé dans le cadre de Soy. Du coup, oui, on ouvre la programmation à d’autres publics. Parallèlement, nous avons obligation de trouver des lieux assez grands et ayant un bar pour les soirs, pour des questions financières et des questions de bruits. Il y a de moins en moins de lieux pouvant accueillir des concerts le soir à Nantes…

Comment fonctionnez-vous en termes de financement justement ? Rencontrez-vous des difficultés ?
Ce qu’il faut savoir c’est que dans tous les cas, le festival reste un pari. On ne peut pas savoir à l’avance si ça va fonctionner. L’année dernière, pas de chance, on a eu cinq annulations et une soirée qui a un peu moins fonctionné que les autres (celle de The Fall). Du coup, on s’est retrouvé avec une perte de 6000 euros. Mais la politique tarifaire du festival avec des concerts gratuits ou accessibles, engendre beaucoup de frais artistiques. Heureusement, la Ville nous aide grâce à une subvention et une convention avec Stereolux. Et les salles nous mettent à disposition gratuitement les lieux. Pour le reste, à savoir 70% du budget, nous sommes en auto-financement grâce à la billetterie et aux recettes du bar.

Comment se passe la programmation de Soy ?
Nous sommes en permanence en veille sur les groupes. Mais on peut dire que le pic du boulot, la grosse recherche va se situer entre janvier et mars. Cette année, nous avons 26 artistes. On essaie d’avoir toujours une tête d’affiche par soir. Mais à chaque fois, c’est conditionné avec les lieux, leurs configurations et leurs nombres. On avance un peu comme dans une partie de Tétris, pour pouvoir avoir la programmation la plus cohérente possible.

Quels sont tes concerts d’anthologie de Soy ?
Je dirais 6 organs of admittance, Yo la Tengo, c’était vraiment super l’année dernière de les accueillir, et Part Chimp que nous avons accueillis plusieurs fois avec Yamoy.

Quels sont ceux que tu attends le plus pour cette année ?

Ought à Stereolux (ce soir !), Younghusband au Lieu Unique jeudi, Peter Walker, un vieux guitariste de 77 ans que tous les grands noms de la folk encensent en ce moment, ça risque d’être vraiment bien. Et puis Colin Stetson au Ferrailleur dimanche (ndlr: un saxophoniste qui joue sans effets en souffle continu).

Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour les prochaines éditions ?
La stabilité financière, qu’on soit moins stressé par ça évidemment. Et puis des lieux, plus de lieux et surtout la création de lieux à Nantes ayant des jauges de 100 à 200 personnes, car ça commence vraiment à devenir compliqué. De moins en moins de bars organisent des concerts à cause des plaintes de riverains. Il faut vraiment que ça change. Et puis question programmation… heureusement il y aura toujours des nouveaux groupes qu’on découvrira d’ici l’année prochaine, d’autres que l’on n’aura jamais fait jouer, c’est aussi ça qui est excitant.

Soy se déroule du 29 octobre au 2 novembre.

affiche soy

Découvrez la programmation complète de Soy

Chloé Nataf, chargée de développement des musiques enregistrées. Spécialisée dans la distribution, commercialisation et le numérique. Passionnée par les changements du numérique sur notre société. Adore les pêches à la ligne, les vinyles, les bondieuseries, le kitsch. A ces heures perdues, le jour elle brode, la nuit elle mixe.

Soyez le premier à commenter