STRANDED HORSE : OK KORA

Yann Tambour, comme sa musique, voyage. Pas facile de l’attraper pour évoquer sa récente longue escale dans la Cité des Ducs. Alors, pendant un arrêt dans sa Normandie natale, et avant Nantes en coup de vent, puis Madère et l’Italie, quelques mots par téléphone avec l’orfèvre Stranded Horse.

Toutes photos : Stranded Horse – Pascal Amoyel

 

 

Tu as passé quasiment deux mois à Nantes. Tu en as profité pour voir des concerts ?
J’avoue que j’ai été assez casanier mais j’ai assisté par exemple au concert Bryce Dessner au Lieu Unique. Je suis aussi allé voir le Ton Mité, le projet de McCloud Zicmuse qui est un bon ami (et qui signe notamment l’artwork de Luxe, nouvel album de Stranded Horse, ndlr) à La Ribine.

On trouve des traces nantaises tout au long de ton parcours musical, d’Encre à Stranded Horse, d’où vient cet attachement ?
Je viens de La Manche et Nantes est à seulement 2h30 de route. Quand je vivais à la campagne, je pouvais y aller sur un coup de tête pour voir des amis. C’est une ville dans laquelle je passe souvent et depuis longtemps, sans jamais y avoir habité. […] Dès 2002, j’ai joué avec Encre pour les Nuits Obliques du Lieu Unique, et trois chansons enregistrées ce soir là font partie de l’album live Common Chord. […] Et tout récemment, une partie du nouvel album de Stranded Horse, Luxe, a été enregistrée au studio Corner Box à Rocheservière (en Vendée) à 40km de Nantes, dans le studio d’un des ingénieurs du son qui me suit sur la route.

 Est-ce qu’il y a des groupes du coin que tu comptes dans tes références ?
J’ai toujours beaucoup aimé Chevreuil. J’ai aussi beaucoup écouté le dernier Mansfield.TYA, notamment en voiture en tournée, même si je ne les considère pas vraiment comme un groupe nantais.

 

 

Tu joues régulièrement avec Carla Pallone (moitié de Mansfield.TYA), comment est née votre collaboration ?
On a commencé à travailler ensemble en 2011, quand je cherchais un violon pour m’accompagner sur le deuxième album de Stranded Horse. Elle a apporté son coup d’archet très particulier, un jeu subtile, très gracieux qui est reconnaissable entre mille. […] Depuis ce temps, on est devenu amis et on a même été colocataires pendant mon récent passage à Nantes. C’est dans son salon que Thomas Rabillon, vidéaste et ami de Carla, a filmé notre reprise d’Avalanche de Leonard Cohen (titre qui ouvre la dernière playlist tohubohu spécial reprises ici, ndlr).

Aujourd’hui, tu travailles plus largement avec le trio Vacarme (Gaspar Claus au violoncelle, Carla Pallone et Christelle Lassort aux violons). J’ai cru comprendre que tu étais à l’origine de ce trio ?
Vacarme est surtout né d’une mauvaise huître ! Pendant les deux premiers jours d’une résidence de Stranded Horse en 2012, je suis tombé hyper malade parce que que j’avais mangé des huîtres. Ils ont dû prendre le relais et s’autonomiser beaucoup sur les arrangements sans avoir joué tous les trois avant. Ceci a favorisé leur rencontre, et ils ont décidés de devenir un trio autonome après cette résidence.

Tu te produis sur scène en duo avec Boubacar Cissokho à la kora, mais aussi en quintet et en septet. Quelle est la formule choisie pour ton concert au Lieu Unique ?
Ce sera la grande grande formation avec Boubacar, le trio Vacarme, Amaury Ranger aux percussions et Eloïse Decazes qui chante avec moi.C’est assez rare qu’on soit tous rassemblés sur scène, pas plus de deux fois par an. C’est assez utile d’avoir plusieurs possibilités car le duo à ses limites et la grande formule aussi.

 

 

Pourquoi avoir fait le choix des Nantais de Murailles Music comme tourneurs ?
En 2003 ou 2004, j’ai commencé à travailler avec le Nantais Julien Fernandez (du groupe Chevreuil) pour faire tourner Encre. Quand j’ai démarré le projet Stranded Horse, c’est un autre local, Julien Courquin de Murailles Music qui m’a approché, et ça s‘est fait assez naturellement.

Stranded Horse est né de ta rencontre avec la kora. Est-ce que d’autres rencontres musicales peuvent donner lieu à de nouveaux projets ?
En ce moment, je suis assez obsédé par la musique de la Réunion. Il y a des percussions et des cordes incroyables comme le takamba, mais je pense que c’est surtout une atmosphère générale qui me rend curieux. Quelque chose à la fois solennel et nonchalant, qui peut être aussi sombre et dur, et à la croisée de plein de choses.

C’est la couleur que pourrait prendre à l’avenir Stranded Horse ?
C’est possible, mais ça reste encore très embryonnaire. On va travailler à trois avec Boubacar et un percussionniste, on verra où on amène la chose. On va essayer quelque chose de différent, peut-être de plus rythmé. Là où Stranded Horse est pour l’instant une musique occidentale qui rencontre des arrangements africains, on veut maintenant essayer de travailler sur les musiques noires à la source.

 

En concert le vendredi 6 janvier au Lieu Unique (Nantes), 20h30, de 12 à 22€.

 

 

Site STRANDED HORSE

 

 

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