TEENAGE BED – I BELIEVE I’M SEEING THINGS

Nathan Leproust s’échappe de Woodrow et dévoile une magnifique facette musicale, un sens de la composition porté haut et fort par des interprétations puissantes, à commencer par une voix marquante, profonde, composite et libre. Empruntant au flegme américain que peut incarner par exemple Jason Lytle de Grandaddy, le Nantais sème un certain trouble et pourrait laisser à penser qu’il appartient à la communauté musicale d’Outre-Atlantique. Cette communauté serait à majorité composée de songwriters folk, mais là où le disque est heureux et dépasse le genre précédemment cité, c’est que son auteur vient capitonner son écrin avec des petites fibres lo-fi et parfois électroniques. La guitare, qui nous rappelle celle des débuts (si regrettés) de Dave Freel (guitariste et chanteur de Swell), aiguillonne les morceaux, leur administre des directions pop et folk, jouant sur les tons et les demi-tons. Bien souvent neurasthéniques et empreints de confessions plus ou moins intimes, les chansons de Teenage Bed exposent une sensibilité des plus touchantes, on se complait dans cet univers, dans cette mélancolie belle à entendre, et qui fait un terrible effet, effet si difficile à expliquer, et que finalement, on n’a pas vraiment envie de se l’expliquer. On reste dans le plaisir, et on réécoute, et on réécoute. Un des joyaux de l’année !

 

En concert le 28 septembre à la Scène Michelet (Nantes) avec Happier et Limbo Lake.

 

 

 

Rédactrice en chef de ce site internet, chargée d'info-ressources à Trempo. Passionnée évidemment par la musique, toutes les musiques, mais aussi par la mer et la voile, les chevaux, la cuisine et plein d'autres choses.

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