THE PADDOCKS

“Attention : branleurs!”, titrait Rock & Folk en 2002, pour sa première couverture consacrée aux Libertines… Une douzaine d’années plus tard, un tel titre serait tout aussi légitime au sujet des Paddocks. Un rock de « branleurs », oui, au vu de l’insouciance, de la décontraction, de la simplicité et de l’efficacité insolente affichées par les douze morceaux de ce 1er opus. Bien que formé du mauvais côté de la Manche, le trio angevin (Marc Pradel au chant et à la guitare, Geoffrey Papin à la basse et Jeremy Mondolfo à la batterie) respire la classe rock’n’roll british à plein nez. Pour mettre fin d’emblée à tout suspens, disons simplement que ce groupe, formé il y a à peine un an et demi, vient de commettre un premier album garage-pop quasi… Parfait. « Girl In A Paddock », titre ouvrant le disque, est un tube certifié. Le genre de truc qui ne vous lâche plus dès la seconde écoute (en comptant large !). L’ombre du duo Barat/Doherty plane au dessus de tout cela, bien sûr, mais les Paddocks réussissent d’entrée à leur tenir la dragée haute, tout comme d’ailleurs sur le morceau suivant, « A Apricot And Two Nectarines ». Chant trainant, voix juvénile et légèrement éraillée, guitares tranchantes et mélodie à tomber par terre : tout y est… La suite ? Toute aussi jouissive avec ce « America » faussement nonchalant, au parfum folk, où l’intro d’harmonica sert de prétexte à un refrain 100% foutage de gueule. « God bless America ! », braille le trio, avant de changer de décors sur « Soothing Harmony », romance poisseuse, sorte de « Rock’n’roll Suicide » pour arrière-salle de pub aux parquets poisseux. Oui msieurs dames, c’est encore chez les rosbifs qu’on se sent le mieux : « Yeah Mum ! » et « All Summer Long » évoquent les premiers pas des Vaccines, tandis que « Jumbo Super Cock » flirte du côté des Clashs. Une louche de Blur aussi pour « How Much You Paid ». Simple exercice de style réussi ? Bien mieux que ça. Car derrière tout cela, il y a de vraies compositions, des « fucking songs » foutrement addictives. En queue d’album, le groupe salue Bob Dylan sur « On The Road Again », nouvelle virée folk outre-Atlantique, via la baie de San Francisco, puis Oasis sur « It is Wire », où les premières secondes du chant nous ramènent au Liam Gallagher frondeur de « Rock’n’roll Star ». « Hello I’m Seven », avant dernier titre de l’album : Les Paddocks ne débandent toujours pas et concluent sur les accents skate-punk de « Summer Holidays » : rythmique kangourou, bruits de rots (de lager, of course my dear !) et pogo effréné. Putain d’album…

The Paddocks seront en concert au Chabada vendredi 13 février à 19h. Toutes les informations ici.

Crédit photo: Benoît Aubert

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